L’Alpe, un surprenant voyage

C’est d’abord son odeur qui m’enivre. Ce parfum d’encre fraîche me transporte en un voyage aux creux de mes nuits littéraires. La seconde émotion, c’est le toucher qui me la procure lorsque j’effleure son papier à la fois fin et épais, doux et fort. Mais ce qui m’émerveille à chaque fois, c’est la photo de couverture. En préambule du sommaire, elle est toujours là où on ne l’attend pas, surprenante. La revue l’Alpe, c’est un véritable livre. Elle en a l’odeur, la matière, la taille et en la parcourant, elle nous emmène ailleurs, comme un roman d’aventure qui parle d’amour. En fait, je pense plutôt à un feuilleton avec de nombreux épisodes, comme ceux qu’écrivait jadis Roger Frison Roche. Et je crois que je suis devenu addict. C’est grave docteur ?

Alors, je vous raconte. L’épisode sur les vaches par exemple. Oser avouer que l’on est tombé amoureux des vaches, ce n’est pas banal ? Oser ce sourire sur la Une, c’est unique. Cet opus est une véritable ode à ce mammifère. En feuilletant ces pages, il se meut en un chant d’amour pour ce tendre ruminant.

Pour son 50ème, l’Alpe a fait très fort. Cet épisode consacré aux métiers de la montagne, fait une hypothèse audacieuse. En analysant l’évolution de ces emplois, il constate qu’ils sont en constante évolution, ce qui n’est pas un scoop, et qu’ils deviennent précaires et éphémères. Alors, il se pose cette question. Ne devrait-on pas prendre ces professions en exemple ? Elles préfigurent l’évolution de notre société, précaire et éphémère.

Avouez que la une du N°51 est alléchante aussi. Ce paysage enneigé, froid, bleu comme l’hiver et cette fenêtre éclairée, chaude comme un feu de bois. Comment ne pas répondre à cette invitation et entrer dans cette revue ? Surtout qu’en prenant les mots du poète Gilles Vigneault à la lettre, elle nous emmène dans une série d’enquêtes à rebondissement sur les massifs, en cette blanche saison. J’y ai même trouvé des histoires à faire frémir et parfois rire, l’auditoire pendant nos longues soirées d’hiver…

Et que dire de ce portrait de moine à la Une ? C’est une vraie délivrance…et une grande découverte. Oser s’avouer que l’on a rêvé un jour d’aller faire un pèlerinage dans un monastère de Chartreuse, si ça n’est pas de l’audace, ça y ressemble ! Oser se demander comment il est possible de vivre à l’écart de ce monde de brutes et enfin pourquoi « fuir, trouver un repaire, une paix plus ou moins précaire, a toujours semblé plus facile en montagne » ? Vous aurez toutes les réponses dans ces pages mais seront-elles les vôtres ? En tout cas, elles ne sont pas banales ? Surtout lorsque vous pourrez vous mettre dans la peau d’un moine. Il a vécu onze ans une vie de Chartreux et il raconte. Unique.

Vous avez dit respect ? Je confirme car j’aime être surpris. Pas vous ?

Claude Muller

Le bateau ivre

Miss white and the drunken piano, ce sont trois surdoués de la musique. Tous trois jouent, chantent et émettent des sons extraordinaires. Surtout quand leurs voix se prennent pour des percus et leurs instruments permutent au rythme de leurs envies. Chacun en maitrise plusieurs, cela va du sax à la guitare électrique, de la batterie à la basse…mais des fois lorsqu’elle devient folle elle se prend pour un violon…uniquement quand les bretelles du clown jouent de la contrebasse. Quant à Miss white ? Elle joue de son piano en virtuose et de sa voix en chanteuse de jazz, c’est trop ?

Alors, je vais essayer de vous raconter leur musique avec des mots ? Elle est faite de tous les sons, de toutes les influences, blues, hip hop et top, mais elle est unique car elle réveille en nous l’envie de jouir du plaisir de vivre.

Miss white and the drunken piano, ce sont trois surdoués du spectacle, trois comédiens qui manient avec bonheur un humour caustique qui leur va bien. Ils improvisent des sketchs avec l’ami bonheur et nous entrainent dans leur monde fabuleux, jusqu’à la lie du spectacle. Et là, au milieu de la nuit, tous dansent et claquent des doigts au rythme d’un piano en fête …

Miss white est resplendissante dans sa robe blanche. Elle exprime ses sentiments de ses yeux félins, de sa voix heureuse, danse sur des mots imaginaires, chante avec une douceur étoilée. Elle nous envoute avec sa musique débridée et son piano ivre de bonheur.

Lorsque vous les rencontrerez sur votre route, n’hésitez pas, plongez avec eux dans les délices d’un spectacle de rêve…

Claude Muller