Rencontres Brel, un dernier tango avec Dany Brillant au tempo. Que du bonheur.

Il a tout juste ce crooner des scènes. Il possède une voix à faire chavirer les cœurs, il chaloupe au rythme des tropiques, il chante la salsa avec son orchestre de braise, il embrasse toutes filles de la salle, il invite les plus belles à se produire sur scène, il reprend tous ses refrains avec les spectateurs, il explose le thermomètre des aficionados en dansant le mambo. C’est un grand pro. Et pourtant, il y a un « truc » qui gêne. Un « je ne sais quoi » qui grince… Peut être que cet hidalgo des scènes joue un rôle, qu’il a imaginé ce scénario pour retrouver Suzette.
Alors, tout son spectacle, ce n’est que du cinéma ?
En tout cas, c’est beau, jugez plutôt.
Claude Muller

Une soirée entre filles, aux Rencontres Brel

Irma sur la scène mythique des Rencontres Brel – Photos Claude Muller

Lorsqu’Irma monte sur scène, elle apprend qu’elle joue à guichet fermé devant 2800 spectateurs. Un record pour les Rencontres Brel. Le chapiteau plein à craquer, palpite à son rythme.
Elle paraît belle et sereine avec sa guitare en bandoulière. Lorsqu’elle lance sa voix de rêve, le public l’adopte immédiatement. Il tombe sous son charme dès son premier accord. Il faut dire qu’elle a tout plaire cette artiste au goût éclectique. Ses airs qui oscillent entre folk et song, son aura qui séduit dès le premier regard, son talent qui impressionne entre guitare et piano, sa présence qui frôle la grâce.
Un seul regret, elle chante en anglais. Fâcheux pour un festival de la chanson française. Mais on lui pardonne, tant elle est adorable. Le chapiteau vibre à l’unisson.

Zaz sur la scène des Rencontres Brel - Photos Claude Muller

Et voilà Zaz qui sort de sa boite comme un ressort. Pendant tout son spectacle elle va séduire le public chartrousin à l’énergie. Elle saute, virevolte, chante, danse, crie, vole et nous mange de sa voix cassée. Elle change de rythme comme de fête, elle surprend avec ses sons issus de son imagination, elle se lance à l’instinct dans un périple utopique. Elle improvise comme au premier spectacle, comme au premier voyage… Comme si elle voulait nous dire : « Je suis comme ça, entière, fragile, belle et vivante ». Elle lance ses refrains comme une bouteille à la mer et finit par emprunter à Brel sa déclaration. « Oh mon amour, mon tendre, mon merveilleux amour, je t’aimerai encore jusqu’à la fin des jours. »

Puis, elle reprend le fil ténu de son spectacle…jusqu’à ce moment magique, inouï…inimaginable. A la fin d’un set, son guitariste place trois petites notes de Brel. La salle, comme si elle n’attendait que ce signal, entame à l’unisson « Ne me quitte pas ». Zaz surprise se lance à corps perdu tel un chef d’orchestre improvisé. Elle le fait à merveille et le public la suit dans un bonheur fou. Il roule avec elle dans les octaves et monte sous sa baguette à l’unisson des frissons. Qu’il est bon de participer à ce moment rare. Lorsqu’une salle entre en communion avec une artiste, le public est comme électrisé, tant les vibrations fusent. Alors, les chartrousins en profitent pour lui glisser un message. Celui  que Jacques Brel leur avait confié…en secret. « Nous nous sommes tant aimés, le temps d’une chanson ».

Claude Muller


Grand Corps Malade aux Rencontres Brel. Une soirée intime, évidement.

Quelle belle idée d’avoir invité ce musicien des mots à Saint Pierre de Chartreuse, ce festival Brel lui va si bien, il est ici chez lui.

Fabien est monté sur scène avec son slam. bien sûr. Il l’a distillé à sa manière, presque intime. Le public l’a immédiatement adopté, comme un enfant de la vallée, naturellement. Ce passionné des rimes a fait sa déclaration d’amour sur les planches. Impressionnant. Il a choisi ses métaphores, en douce. Pris le train des lettres, en vitesse. S’est caché sur le quai des pensées, en loque. A trouvé la formule insolite pour nous raconter sa rencontre, comme au premier jour. Lui nous narrait Juliette et Roméo, le public entendait son nom, criait, chantait son amour des flots pour ce Grand Corps Malade. Intimement.

Alors, il a osé chanter, presque danser à la naissance de sa progéniture. Il a fondu pour nous parler de son école. Celle misérable de son quartier, celle de ses rêves et bien sûr la meilleure, celle de la vie.

Il nous a chantés ses racines, urbaines. Son amour de la banlieue, total. Elle l’a vu naître, tout simplement. Et des yeux de sa mère, naturellement.

Les spectateurs n’avaient d’yeux que pour lui. Ils le kiffaient, tout bonnement. Alors, ils se sont levés, passionnément. L’ont rappelé, gentiment. L’ont bissé, amoureusement. A la folie, éperdument.

Claude Muller

PS : J’ai oublié de vous dire que Grand Corps Malade est maintenant accompagné sur scène par 4 musiciens de génie, cela paraît si naturel, harmonieusement.

Graeme Allwright aux Rencontres Brel

Graeme Allwright a 20 ans. C’est toujours le pacifiste qui laisse le vent décider seul de son chemin quand il chante « Blowing in the wind ». C’est lui qui a réécrit la Marseillaise, « ce chant belliqueux et fasciste ». Il aimerait que les enfants apprennent sa version plutôt que celle glorifiant la guerre qui « abreuve nos sillons d’un sang impur ».

Graeme Allwright a 20 ans lorsqu’il chante l’amour et « danse moi dans les yeux » de son complice de toujours, Leornard Cohen.

Graeme Allwright a 20 ans, il ne veut pas « laisser passer sa chance », alors il met les voiles. Il est libre et heureux. Le public des Rencontres Brel aussi. Il le dit en fredonnant ses chansons « comme un vrai gamin ». La salle aménagée dans l’ancienne grange à foin des Chartreux, joue le jeu. Ses poutres respirent dans la chaleur humaine. Les émotions circulent avec ce vent venu du Folk. Les spectateurs sont sous le charme de l’artiste à la voix enjouée. Ses musiciens malgaches, les virtuoses Erick Manana et Dina Rakotomanga l’accompagnent dans ce beau voyage.

Graeme Allwright a 20 ans. Il part à la Réunion retrouver « sa petite fleur fanée ». La salle le suit et reprend le doux refrain de cet hymne à la joie de ses îles préférées.

Graeme Allwright a 20 ans. Il sait que « demain sera bien », alors il prend sa guitare en bandoulière et va pied nu, « il faut que je m’en aille », les cheveux dans le vent. « Il s’envole comme un oiseau dans un pays de rêves »… pour retrouver « Suzanne ». Le public exulte. Tout le monde chante. C’est l’osmose. Les succès de toujours reviennent, comme des cadeaux ensoleillés. En retour, la salle lui offre une standing ovation.

Graeme Allwright a toujours 20 ans, dans notre cœur.


Claude Muller

La magie des Rencontres Brel

A l’heure où Emzel Café  joue les premières notes des 24émes Rencontres Brel, les ruisseaux et torrents de Chartreuse brillent de tous leurs éclats tant ils semblent heureux de l’aventure, chaque année renouvelée. Car il est vrai qu’elle est belle la réunion de cette montagne aux envies festives et ces chanteurs aux notes vertigineuses.

Arash Sarkechik, Dimitri Ferreira et Benoît Haezebrouck du groupe Emzel Café sur la scène des Rencontres Brel Photos Claude Muller

Visiblement, les trois artistes d’Emzel Café sont heureux de poser leurs musiques sur cette scène chargée d’émotions. Le public semble conquis par leurs sons débordants d’humours et d’énergies. C’est qu’ils en ont fait du chemin pour venir jusqu’ici, sont passés par la rue, ont chanté sur toutes les rives, ont gratté leurs cordes sur toutes les routes et mouillé leurs chemises sur toutes les planches. Mais qu’il est beau le voyage en Chartreuse et la rencontre avec le public de Brel.

Les Montain Men sont chez eux à Saint Pierre de Chartreuse, c’est l’émotion. Leur blues se fait authentique. Mats en a la voix plus chaude que cassée. Iano ose des sons jamais tentés. Leurs instruments, ceux du blues, guitare et harmonica se répondent à merveille pour offrir à leur public le suc de leurs tripes. On en est à ce moment d’extase avec la salle, lorsqu’ils se lancent dans un « Chez ces gens là, Monsieur » d’anthologie. Jacques Brel ne savait pas qu’il était bluesman. Mats et Iano le lui ont dit en sourdine sous ce chapiteau. Et ils ont renchéri avec un « Georgia, in my mind »  tout droit issu des cimes du plaisir. @bientôt, sur d’autres scènes, (on parle de l’Olympia…) au sommet de votre art, celui du partage.
Les Têtes raides ont une longue histoire avec ces Rencontres là. L’orsqu’ls étaient venu sur cette scène, il y a 10 ans, ils avaient fait salle comble, c’était une première. En 2011, ils ont renouvelé l’exploit en jouant à guichets fermés. 2700 spectateurs. Le chapiteau n’en pouvait plus de tant de chaleur et bouillait de leurs énergies créatives. Il faut vous dire qu’entre temps Les Têtes Raides sont devenus une superbe machine, bien huilée. Du grand spectacle, très pro, très rock, très doux, très raide. Mais l’émotion est intacte, la poésie aussi. Le public encore plus fan et le plaisir encore plus fort…avec Emma. Et lorsque le chanteur Christian Olivier se lance seul dans « Les Vieux », c’est Jacques Brel qui jaillit dans le cœur des spectateurs. Le public est touché mais ne coule pas, tant il est magnétisé par ce groupe. Il l’attire comme un charme. L’osmose est parfaite. C’est énorme. C’est soir de fête. Comment revenir sur terre après ce voyage planétaire ? C’est la magie de ces Rencontres, là.
Claude Muller

Les Rencontres Brel, un festival authentique

Vous connaissez les Rencontres Brel ? Si je vous dis que c’est un écofestival à la montagne, ça aide ? Toujours pas ? Alors, je vous raconte.

Cet espace de liberté se veut « éco » car il respecte son magnifique environnement taillé au cœur d’une moyenne montagne aussi verdoyante qu’accueillante. Au programme, récupération et tri de ses déchets, toilettes sèches, covoiturage et forte incitation auprès des spectateurs à respecter ce site, leur site.

C’est un festival, un vrai ! Mais qu’est ce qui fait la différence ? L’ambiance évidement et l’équipe des organisateurs. En Chartreuse, ce sont 250 bénévoles qui reviennent chaque année pour créer une grande fête teintée aux couleurs de la musique et de la chanson française. Ils s’investissent dans leur festival tout au long de l’année pour créer et partager avec les spectateurs et les festivaliers ce lieu de vie, comme une bulle de bonheur.

Dent de Crolles

Et la montagne, elle joue quel rôle ? D’abord, ce n’est pas n’importe quelle montagne,c’est le massif de la Chartreuse, cet havre de paix et de sérénité. Ce n’est pas un hasard si Jacques Brel en avait fait son jardin secret. Ensuite, la Chartreuse a décidé de prendre en main son développement. Ce festival en est une vitrine inspirée.

Hugues Aufray en 2010

 

Les chanteurs et chanteuses qui se produisent à Saint Pierre de Chartreuse sont bien souvent en tournée. Mais, donnent-ils ici leur spectacle comme ils le jouent ailleurs ?

 

 

Fabien, alias Grand Corps Malade - zl-photography

Pour le savoir et percer le secret du succès de cet écofestival à la montagne, j’ai posé la question à Grand Corps Malade. Pour Fabien, Jacques Brel est un poète. C’est aussi un modèle d’énergie et de sincérité. Je suis entièrement d’accord avec lui pour dire que la vraie place des chansons est sur scène. Comme lui, tout ce que j’écris, c’est dans le but de le partager avec le public.

 

IRMA – photo Luc Valigny

Pour Irma, c’est encore plus simple. Elle écoute Jaques Brel depuis toute petite. Une habitude que j’ai prise de ma mère. (D’ailleurs elle chantait en roulant les « r » comme lui!) Je suis fan de ses textes graves et pleins d’ironie à la fois. Lorsque j’écoute des chansons comme, Ces gens la, Au suivant, Ne me quitte pas…j’ai l’impression que chaque mot, chaque respiration est juste à sa place. J’admire cette virtuosité avec laquelle il manie la langue, il peut en faire ce qu’il veut. Et pour couronner le tout, Les mélodies sont souvent imparables.

 

La scène vous donne autant d’émotions qu’à lui ?

Les sensations que procure la scène sont incroyables. J’aime vraiment la vivre comme un moment de partage et d’honnêteté avec son public. Ce qui me plait par-dessus tout c’est cet espèce d’échange d’énergie, d’adrénaline qu’il y a sans arrêt entre la scène et le public.


 


La programmation 2011 des Rencontres BREL

Mardi 19/07

EMZEL CAFE
MOUNTAIN MEN
TÊTES RAIDES
GRAEME ALLWRIGHT

Mercredi 20/07

DIDIER SUPER
UNCOMMON MEN
FROM MARS
STUPEFLIP
GRAEME ALLWRIGHT

Jeudi 21/07

NOUVEL R
GRAND CORPS MALADE

Vendredi 22/07

IRMA
ZAZ

Samedi 23 /07

Tempo Forte
DANY BRILLANT « Salsa Tour »

Dimanche 24/07

Festival de rue