En direct d’Afghanistan (3)

Autoportrait Pierre Larry

Pour son 3ème post, (1) (2)  Pierre Larry nous écrit depuis Kaboul. Mais, il nous envoie des impressions d’une tristesse déroutante. D’abord, il a été malade mais là rien d’alarmant. Médecin du Monde l’a pris en charge et l’a placé sous antibiotique. Ensuite, il a vu des choses terribles, du genre de celles que l’on n’oublie jamais. Il nous les raconte avec ses mots tous emprunts de respect. Son titre « DRUG USERS »

En ce moment, je couvre les activités de Médecin du Monde.
Il n’y a pas de mots assez forts pour décrire ce que je vois.
Depuis 4 jours, je pars aux alentours de 7h avec les travailleurs sociaux à la rencontre des drogues ou plus exactement des usagers de la drogue. A Kaboul, c’est un fléau qui prend une ampleur terrible.

Moslem chasse le dragon avec de l’héroïne. Photographies Jacky Naegelen _Reuters pour Medecin du Monde

Pour des raisons politiques et surtout financières, le nombre de drogués s’accroît dangereusement. 15 000  héroïnomanes en 2009, plus de 130 000 aujourd’hui. Tout le monde le sait, de Paris à Kaboul en passant par Londres et New York. Mais pour tous, ce trafic est très lucratif…il représente des milliards de dollars. Du drogué à l’homme d’affaires, du dealer aux membres du gouvernement, tous en « croquent ».
L’Afghanistan est le premier producteur d’opium au monde mais de plus en plus en plus, le pavot est transformé en héroïne pour être consommé à Kaboul même.

Matiollah : "Quand on a un travail on ne pense pas tout le temps à fumer". Photographies Jacky Naegelen _ Reuter pour Medecin du Monde

Médecin du Monde lutte sur tous les fronts pour essayer de colmater les brèches. Les volontaires distribuent des seringues afin de limiter la propagation des maladies transmissibles et les médecins apportent les premiers soins sur place. Mais, c’est une goutte d’eau dans l’océan.

Médecin du Monde a aussi un centre de santé au centre de Kaboul. Chacun peut venir y prendre une douche, manger un repas chaud, parler avec un psychologue, se faire soigner et suivre un programme de réhabilitation. 

Saïd Aziz se rend au centre depuis 2 mois. Photographies Jacky Naegelen_Reuters pour Medecin du Monde

Afin de réduire efficacement la consommation d’héroïne, Médecin du Monde voudrait monter un centre d’apport de méthadone. Cette ONG essaye de mettre en place ce programme depuis plus d’un an, mais il rencontre de très très nombreux obstacles…

La drogue, ici, c’est une tragédie.
Je n’ai jamais vu de choses aussi horribles. J’en ai pleuré de désespoir.

Les centaines de drogués vivent dans des conditions d’insalubrité terrible. Ils se piquent devant nous, ils sont squelettiques. On dirait qu’ils vont mourir ici et maintenant.  J’ai vu un enfant de 11 ans. Avec son père, ils se piquaient tous les deux. Ils nous regardaient avec une infinie tristesse.
Hier, dans un squat de plus de 150 personnes. Inimaginable, un homme de 45 ans est mort devant moi d’une overdose. Pour un gramme ce matin, il s’est envolé, là, immobile, les yeux grands ouverts.
A cette heure sans lumière, dans la lisière du temps, face aux verrous de l’Afghanistan, aux âmes errantes, aux nuits obscures, s’achève la vie de drogués impurs.


Dans l’Agenda Montagne 2012, l’important, c’est l’image

Je ne sais pas pourquoi l’éditeur Glénat distribue déjà cet agenda dans les bacs des libraires, mais ce que je sais c’est qu’en le feuilletant, j’ai hâte d’être en 2012. C’est un hymne à la beauté dit Claude Gardian dans son édito, pourquoi pas ! Mais c’est surtout une formidable incitation au voyage vers tous les sommets mythiques de notre planète, ceux que l’on a déjà vu, ceux que l’on verra grâce à ce petit bouquin et ceux qu’il nous faudra découvrir… C’est un petit livre tout simple, des photos et un éphéméride, mais il est tout naturellement beau. Il n’en faut pas plus pour me faire rêver et m’emporter vers tous ces pays imaginaires. D’accord, il y a bien ses pages pratiques au début, météo, secours, parcs, presse spécialisée, sites Internet et un répertoire des refuges et des guides, au cas où tout à coup une folle envie de grimper me prendrait, mais là n’est pas l’essentiel dans ce coup de cœur. « L’important, c’est la rose. » dit le poète dans son refrain. Pour moi, l’important, c’est l’image, mais rassurer vous, je ne vous la chanterai pas, je vous la glisserai simplement tous les jours de 2012 dans votre poche. A chaque rendez-vous, vous pourrez rêver à ses montagnes mythiques… Et promis jurer, je serai sage comme…une image.

Claude Muller

En direct d’Afghanistan (2)

Autoportrait de Pierre Larry

Pour sa deuxième chronique, Pierre Larry nous raconte son périple et ses impressions en direct depuis la vallée du Panshir. Ce jeune globetrotteur voulait absolument aller à la rencontre de l’ex-commandant Massoud sur sa terre d’insolence, dans cette vallée mythique. Cette chronique, elle vient de là, elle vient du cœur.

C’est un matin serein au centre de la longue plaine du Panshir.

Vallée du Pandjchir – Photo Wikipedia/U.S.Army

Un matin où dès 7 heures, il fait chaud.

Un matin comme des milliers d’autres depuis des siècles, depuis l’aube du temps, sûrement.

Un matin d’éveil presque sensuel. Dans ces villages de campagne en fleur, le ton monocorde de la prière de l’aube s’échappe de mosquées invisibles, le chahut rieur des enfants

Vallée du Pandjchir – Photo Wikipedia /Didier Vanden-Berghe

se disperse dans les cours de terre battue, l’odeur réconfortante des premiers pains du jour se dilue dans l’aube tiède, les cris des chèvres et des moutons croisent le tintement léger des clochettes de maigres vaches, dans leur enclos.

C’est un de ces matins de paix au milieu de la guerre dans une zone libérée de l’Afghanistan.
Un matin d’août 2011, dans le Panshir, avec son ciel pur comme une éternité.

Ici nous sommes loin du halètement sourd, inquiétant, inéluctable et cadencé des hélicoptères de combat.
Nous sommes loin des tirs ouverts où tout le monde meurt un jour.
Nous sommes loin du sol qui tremble sous les coups des bombes, une à une, lentes et terribles.


Laissez-vous surprendre

Échappez-vous car c’est à une balade dans le parc des sculptures de la Fondation Gianadda à Martigny que je vous invite maintenant. Profitez d’une éclaircie et laissez-vous surprendre, comme j’ai pu l’être, par ces œuvres d’artistes connus et reconnus (César, Miro, Brancus, Alexander Calder, Auguste Rodin, Henry Moore, Max Ernst…). Leurs sculptures sont posées là, sur cette pelouse, dans cette clairière, au milieu d’un petit bois, en contrebas, au bord de l’étang, comme par enchantement pour vous séduire et vous étonner. Laissez-vous aller…rêver…
Claude Muller


Voyage à la Fondation Gianadda à la rencontre de la lumière et de la couleur

Par une belle pirouette de l’histoire, le temps capricieux de cet été dirige les vacanciers vers la lumière des tableaux de Claude Monet (1840-1926). La Fondation Gianadda à Martigny ne désemplit pas.

Bois d'oliviers au jardin Moreno à Bordighera

Chacun peut admirer la maîtrise de cet artiste Impressionnisme. Il peint la nature dans ses couleurs et ses formes les plus éphémères. Les 70 œuvres exposées (jusqu’au 20 novembre 2011) mettent en valeur les principaux thèmes de ses recherches picturales. Cet artiste prolifique revenait souvent dans les mêmes lieux pour capter différentes lumières. C’est ainsi que l’on peut parler de ses séries à Argenteuil, Vétheuil ou en Hollande, de ses jardins en fleurs, des ombres de la Cathédrale de Rouen, des eaux de la Tamise à Londres et bien sûr de ses célèbres Nymphéas.

Londres, le parlement. Reflets sur la Tamise

Chaque visiteur peut se rendre compte facilement  de son travail et s’étonner  librement de ses coups de pinceaux « impressionnistes », car rien ne remplacera jamais l’observation minutieuse des originaux. Cette balade picturale offre aussi une promenade dans ses espaces de prédilection. Les bords de la Seine, les Côtes normandes, la Bretagne, l’Italie…

Cette exposition, ce cadeau, constitue un véritable hymne à la lumière et à la couleur.

Le pas suivant vous conduit dans le parc des sculptures de la Fondation Gianadda à Martigny.
Claude Muller