Alpes – L’Art et la Matière, une révélation

Ce livre, c’est d’abord un magnifique cadeau. Du bel ouvrage, comme disent les connaisseurs. Lorsque vous le prendrez en main, ce que je vous souhaite, il vous impressionnera par le soin apporté à sa réalisation.

Tout concourt à cette impression de perfection, son format, son papier, sa mise en page et surtout ses photos. Magnifique, est le premier mot qui vous viendra. En tout cas, cela a été le mien.

Et puis, je l’ai feuilleté et je me suis dit, quelle belle leçon de géographie, chaque page est une surprise, une émotion ! Je n’ai jamais vu les Alpes comme cela, c’est un livre d’histoire, une sensation ! Ses auteurs nous montrent que les Alpes sont d’abord une œuvre d’Art, une révélation ! « Ses images expriment la force implacable des éléments, l’esthétique de la matière, de la roche, de la glace, de l’eau », nous raconte Glénat son éditeur, avec raison !

« La Terre est une artiste », nous dit Bernhard Edmaier dans un livre resté fameux.
Cet auteur est géologue et photographe.

 
Angelika Jung-Hüttl
, son autre auteure, est journaliste scientifique. Elle prétend que  les images publiées dans ce livre racontent la vérité de la matière. Je crois qu’elle a raison. C’est en le feuilletant que vous comprendrez toute l’histoire et la géographie des Alpes. Vous verrez aussi que la puissance de création de la nature a fait de ce massif une véritable œuvre d’Art. C’est ce qui rend cet ouvrage fascinant.

Claude Muller

 

La nuit tombée, un voyage vers le cœur

Il est des livres qui vous marquent, vous ne savez pas pourquoi, mais c’est comme cela. La nuit tombée d’Antoine Choplin publié par La fosse aux ours, est de ceux là. Je l’ai lu à sa sortie, je suis allé à la librairie le Square rencontrer son auteur. Et puis…et puis…plus rien… J’ai laissé ce livre se faire enfouir sous la tonne de papier qui traîne sur mon bureau. Comme s’il me faisait peur… Mais, lorsqu’il est ressorti, il s’est imposé à moi. Alors, docile, je l’ai relu…depuis il ne me quitte plus.

Allez, je vous raconte…un peu : c’est l’histoire de Gouri, un homme sur une moto. Il traîne une remorque. Il retourne vers son pays dans un but précis. Le souci est que sa ville d’origine est située dans la zone interdite, autour de Tchernobyl. Alors, il traverse la magnifique campagne ukrainienne, ses forêts, ses lacs, ses routes, ses villages, ses ponts…pour retrouver son monde perdu. Au milieu de toute cette désespérance, il retrouve des amis. Ils survivent ensemble quelques heures. Ils évoquent leur mémoire à jamais disparue. Ce livre, c’est d’abord une histoire d’amitié.


A la librairie, Antoine Choplin nous avait dit les circonstances de ce livre. Il l’a écrit comme un défi, suite à un voyage là bas. Surtout, il nous a dit comment seule une fiction pouvait raconter ce cauchemar vécu compteur Geiger à la main.

C’est en me rappelant tout cela que j’ai compris pourquoi j’avais voulu oublier ce roman. J’ai fait comme nous tous. Nous voudrions tous oublier Tchernobyl et sa zone interdite pour des siècles et des siècles.
Et c’est là que j’ai compris pourquoi ce voyage à moto restera encré en moi pour des siècles et des siècles. C’est un voyage vers le cœur.

Claude Muller