Les 15 ans de l’Alpe

Pour fêter ses 15 ans, l’Alpe se fait modeste. Pourtant, j’en connais beaucoup qui aimerait pouvoir afficher de tels résultats. Jugez plutôt, pendant 15 ans, cette revue a mis un point d’honneur à « être » d’une qualité irréprochable.

Sa présentation est l’une des plus soignées que je connaisse. C’est un plaisir à chaque fois renouvelé que d’ouvrir un numéro de l’Alpe. C’est d’abord son odeur si particulière d’encre fraîche qui m’envahit. Ensuite, je n’ai pas honte de vous avouer, je caresse toujours longuement son papier du bout des doigts avant de l’ouvrir. Il est à la fois doux, rugueux ce qui lui donne un caractère solide et sérieux. Enfin, lorsque je peux enfin le feuilleter, je le fais toujours avec un plaisir non dissimilé. Et au premier regard, c’est toujours son iconographie « luxuriante » qui me frappe. Je suis toujours comblé, je trouve à chaque page une image forte pour accrocher mon regard.

En 15 ans, cette revue haut de gamme est devenue une « véritable encyclopédie vivante ». Elle a publié près de 900 articles de fond, autant de pages d’actualités et de chroniques, ce qui représente plus de 6500 pages… Rien que ces données imposent le respect, mais en plus derrière la réalité de ces chiffres, se cache le fond des articles et dossiers. Ce numéro anniversaire est un exemple vivant de ce que l’Alpe nous apporte chaque trimestre.

L’Alpe N°62 traite du bois, dans tous les états. A travers ce sujet, il montre tout son savoir faire, raconter, analyser et informer. Les premiers dossiers montrent comment bois et montagne ont presque toujours été indissociables. !
Dans ce numéro, ce qui m’a passionné, c’est l’histoire des navigateurs des montagnes qui écumaient les cours d’eau des Alpes sur des radeaux. On sait que les romains utilisaient déjà les rivières pour descendre les arbres des montagnes vers les villes et les ports. Leurs bois servaient à la construction de maisons ou de bateaux. Puis, des siècles durant ces drôles de navigateurs ont sillonné nos fleuves sur leur drôles de machines. Denis Furestier, l’auteur de ce dossier très documenté, nous raconte comment « les richesses forestières des pays de montagne furent longtemps source d’une économie florissante. »
Cet article nous apprend la vie des fleuves, mais en creux il trace aussi le portrait de nos vallées alpines au cours du temps. Il nous rappelle que les moyens de communication modernes, route, chemin de fer, autoroute, ne se sont imposés qu’au milieu du siècle dernier. Les paysages s’en sont trouvés comme complètement bouleversé. Quand vous lirez cet article, vous serez comme moi frappé par la riche iconographie qui l’illustre. Les images nous en disent sûrement plus sur l’évolution des paysages alpins que tous ses discourts.

Je voudrais laisser Pascal Kober, son rédacteur en chef conclure ce papier avec ses mots. Ils sonnent si juste : « La vocation de L’Alpe, c’est de…dessiner, au fil du temps, une carte de l’océan des savoirs sur les Alpes ».

Claude Muller

Au milieu des choses, une exposition de Charlene Chemin, Charlotte Livine et Carine Munoz au Coin Culture, à Lumbin (38).

Une exposition d’Art contemporain dans une ferme ? Pourquoi pas ? Quatre copines des Beaux Arts ont relevé le défi comme un pari : Peut-on relier le monde agricole et le mode culturel ? Une semaine durant, Charlene Chemin, Charlotte Livine et Carine Munoz ont investit une grange de la Ferme de la Magnanerie.

Elles se sont imposer une seule règle, mais qu’elle contrainte ! Ces 3 artistes ne doivent utiliser que des objets trouvés sur place, dans la ferme. Camille, la fille de Catherine et Jean Fabre aime sa ferme et veut lui insuffler de la vie. Oh, c’est pas qu’elle en manque. Ici, on cultive depuis la nuit des temps des céréales.
Nous sommes dans la plaine fertile du Grésivaudan. La ferme accueille aussi de nombreux chevaux. Mais, la pression démographique est grande. En créant ce Coin Culture, Camille espère insérer la ferme de la Magnanerie dans la cité. Elle veut marier ses deux passions, l’Art et la nature dans ce beau projet.

Pari gagné
Même avant son inauguration, l’exposition « Au milieu de choses » a déjà rempli son contrat. Elle a suscité l’intérêt de la population alentour, recueillie l’estime des fermiers et provoqué une grande curiosité chez de nombreux habitants de la vallée.

 

A chacun sa Joconde
Reste à chacun la joie d’observer et d’apprécier leur travail. Pour ma part, j’avoue que la Joconde accrochée sur un mur de grange m’a assez plu. Je me suis même demandé si elle n’était pas plus à sa place ici que sur les murs d’un musée ? Le jeu de regard que nous offre cette visiteuse nipponne, le berceau d’une vieille charrue en guise de balançoire, les lignes au sol telles les limites d’un terrain de jeu, les carcasses métalliques de sièges défoncés pour simuler un escalator…


Tout cela m’a paru très ludique. « Quand on vous dit que l’Art contemporain peut vous faire rire au milieu des choses », nous racontent ses quatre copines avec leur exposition. C’est pour moi le signe qu’elles ont gagné leur pari.

Claude Muller

2013BA3, mon Amour – Un roman de Gérard Muller

 

Pour un coup d’essai…. Le roman 2013BA3, mon Amour a tout d’un grand. Quand Gérard Muller se lance dans la science fiction, il le fait passionnément. Quand il nous annonce qu’une astéroïde va s’écraser sur notre tête, on le croit volontiers, tant ce roman est documenté. On sent qu’il est tombé dans l’espace quand il était petit. Alors, on se laisse prendre dans cette aventure à tiroir et rebondissements multiples ou tout se mêle avec bonheur…la politique, la géostratégie, l’amour (bien sûr!), l’espace et nous…(évidement !) De plus, pour ce thriller, l’auteur a adopté une écriture fluide. Elle épouse les événements, ceux qu’elle subit et ceux qu’elle provoque. Alors, on prend plaisir à découvrir les aventures de Jean, ingénieur au CNES. Il nous emporte dans les coulisses du pouvoir, politique, mais surtout scientifique… et parfois amoureux. Grâce à de nombreux petits détails, qui n’en sont pas toujours, on s’imagine facilement sur cette terre qui va flamber… Que ferons-nous quand cela arrivera ? Mystère et boule de gomme, je vous met au défi de répondre sérieusement à cette question… Gérard nous donne bien quelques pistes… mais saurons-nous les suivre… Au fait, des astéroïdes sont-elles déjà tombées sur terre ?

Pour répondre à cette question essentielle pour l’humanité, le mieux est de demander…à qui de droit….

Aujourd’hui, connaît-on tous ces gros « cailloux » qui nous menacent  ?

Gérard Muller : il y a plus d’un million d’astéroïdes de diamètre supérieure à 30 mètres dont seulement 9000 sont connus ! En fait, notre connaissance dépend de leur taille, plus ils sont gros, plus ils sont faciles à détecter.

A quand la prochaine rencontre ?

Gérard Muller : Les prochaines collisions de grands astéroïdes sont prévues en 2036 (Apophis d’un diamètre de 300 m) et en 2048 (astéroïde 2007VK184 de 130 m de diamètre). Apophis a une probabilité d’impact faible alors que celle de 2007VK184 n’est pas négligeable.

Comment s’en protéger ?

Gérard Muller : Deux types de méthodes. La « médecine » douce tout d’abord. On intervient sur sa trajectoire en le poussant un peu, en le déviant par attraction gravitationnelle avec un autre corps ou en lui changeant sa couleur par un revêtement (ce qui va changer sa température et donc l’impact du rayonnement solaire sur son orbite). Pour être efficace, il faut agir lorsque l’astéroïde est loin de la terre, c’est-à-dire quelques années avant sa chute sur notre planète. Mais, dans mon livre, on utilise une méthode plus brutale…

Le scénario de ce roman peut-il se révéler exact ?

Gérard Muller : En tout cas, il est tout à fait plausible. Ce serait vraisemblablement celui que l’humanité choisirait si elle était confronté au même problème. Ce scénario a été établi à partir de documents CNES. Cet organisme de recherche participe activement au dénombrement des astéroïdes. Il a un programme de tentative de modification de leur trajectoire, sur Apophis notamment.

Faut-il avoir peur ?

Gérard Muller : Non pour l’humanité, car aujourd’hui nous connaissons 80 % des astéroïdes susceptibles de la détruire. Demain, nous les connaîtront tous. Leur probabilité d’impact étant très faible, je fait le pari que nous aurons le temps de modifier leurs orbites, avant…

Mais, un « petit » astéroïde de 30 à 50 mètres peut tomber à tout moment sur terre. Le 15 février dernier, celui qui a chuté sur Tcheliabinsk en Russie, a fait un millier de blessés. Son diamètre était de 15 mètres.

Rassuré ? Pas vraiment, mais le livre de Gérard Muller est tellement plus riche que finalement, ce n’est pas le problème…

Claude Muller