Grenoblicimes, vue d’en haut par DiVertiCimes

 

La nuit, vu des cimes, Grenoble et sa vallée ressemblent à une coulée de lave en fusion. Fort de cette magnifique métaphore, le collectif de photographes DiVertiCimes s’élève sur les hauteurs de Belledonne, Chartreuse, Vercors ou Dévoluy pour affûter leurs regards au fil des crêtes.
Avec leurs parapluies de toutes les couleurs, ces six photographes nous offrent la splendeur de la nature en partage.
Leurs images mettent en valeur des espaces imaginaires d’une beauté rare.
Pour trouver la bonne lumière, ils se lèvent tôt ou même bivouaquent et finissent par s’endormir sous les étoiles. Mais quelle récompense quand le ciel s’ouvre sur une nuée de braise, quand le bouquetin se lève, quand les vautours se pâment ou quand la lune les charme…
Là haut, les six comparses tirent leur force du collectif pour se mettre en scène, accrochés à la montagne ou suspendus dans le vide. Leurs images souvent spectaculaires donnent la mesure de leur engagement au service de la nature.
Et c’est là que, tout à coup, au loin, apparaît un skieur dans le cadre, juste pour donner une dimension à l’image. Le clocher d’un village perce la mer de nuage. Un alpage peint ses couleurs. Un arbre se noue. Une cascade s’égaie. Un marcheur se perd. Un troupeau s’ébroue. Un ciel s’illumine. Et c’est dans ces moments-là que la réalité devient abstraction et que l’image devient œuvre d’art.
Avoir les pieds sur terre et la tête dans les nuages, voilà la force de ces six photographes. Et c’est ainsi que chacun d’eux découvre son voyage intérieur et que son imagination s’éclaire pour devenir lumière.
On pense au marcheur invétéré que fut Jean Jacques Rousseau ou au conteur magnifique que fut Stendhal pour décrire leurs périples en quête de beauté sur leurs sentiers imaginaires.

Claude Muller

L’État du Ciel, par Pierre Péju

Avec ce livre, Pierre Péju nous peint un roman tout en nuance. Elles vont du bleu des îles grecques, au blanc de la neige savoyarde en passant par le vert des forêts alpines. L’auteur donne à chaque personnage, chaque décor, chaque voyage, chaque épisode, une image possédant sa propre couleur, si bien que toutes deviennent des acteurs de cette aventure de la vie. Cette œuvre est éclatante de lumière !

Ne comptez pas sur moi pour vous raconter l’intrigue qui fait de cet État du Ciel un roman palpitant. Mais en parcourant ses lignes, vous comprendrez vite que son auteur espère vous sensibiliser à la musique de ses mots. Quand l’action se tend, les mots prennent la mesure de l’événement, quand il faut évoquer des sentiments, les mots se mettent à chanter et quand l’ambiance se fait morose, les mots se font mélodieux… Ce livre est composé comme une symphonie…en trois actes : la rencontre, la solitude et le voyage. Chaque mouvement possède son propre rythme. Il s’enrichit au fil des phrases d’une palette sonore toujours singulière et bien sûr d’une syntaxe harmonieuse. Ce qui fait de ce roman une œuvre symphonique à part entière.

Toute la trame de cet ouvrage tourne autour de la rencontre avec la peinture. Elle est au début assez fortuite, car elle reste figurative. Mais, au fil des pages et des intrigues, la toile devient presque abstraite. Pour tendre inexorablement vers l’Art Brut. Puis, quand la situation devient inextricable, le tableau finit dans le néant.. mais c’est pour mieux renaître de ses cendres, tel un Phénix volant dans le Ciel.

Ce livre est écrit comme un conte, il nous raconte des histoires à la fois réelles et imaginaires. Toutes nous livrent la recette du bonheur, au milieu des malheurs de la vie. La possibilité d’un miracle n’est jamais bien loin. On pense immédiatement aux légendes, car cette fable nous propose une vision du monde assez « extra ordinaire », en usant de mots simples emplis des rêves de notre enfance.
Vous l’aurez compris, quand je compare ce roman à une œuvre d’art, c’est pour partager ma découverte. Je pense que son créateur est un artiste, un artiste des mots.
Claude Muller