La magie de « Musique dans le Grésivaudan »

La saison des festivals commence à merveille. C’est le Quatuor Arod qui l’annonce à la ronde. En lançant leurs formidables énergies dans les rangs des passionnés de musique de chambre, ces quatre jeunes virtuoses nous ont ouvert à l’écho des sens.
Nous sommes tous entrés en vibration avec la complicité de Haydn, Mendelssohn et Schubert. Harmonie, plaisir de jouer ensemble, joie du partage, c’est à l’unisson de nos émotions qu’ils nous transportent.

Leurs gestes, leurs regards, leurs sourires, leurs fougues nous entraînent hors du temps. Tous les mélomanes vibrent au son de ces partages. La transformation a lieu sous nos yeux. Les spectateurs sont tous entièrement subjugués. Ils vivent un voyage imaginaire au rythme de la musique. Ce sont quatre cordes, quatre histoires, quatre instruments, quatre sentiments, quatre aventures musicales bouleversantes.
Vive l’été.
Claude Muller

Un été de rêve

Avec l’été vient le temps des festivals et des rencontres. Nous allons enfin avoir le loisir de flâner le long des notes de musique à la recherche du bonheur, de fureter entre les lignes pour découvrir un auteur égaré sur une plage, d’échanger des idées au bord des chemins de balade ou de nous bercer au soleil des cimes… L’été, c’est toujours le temps de la rencontre. Avec ce blog, je m’efforce tout au long de l’année de vous faire partager mes découvertes graphiques (Le Trésor de Chartreuse, une BD imaginaire), artistiques (Secrets d’artiste de Marie-Paule Roc, littéraires (« Reconnaissance » de Pierre Péju, Gérard Muller fait couler « Du sang sur les spatules« , La guerre oublié des Alpini de Gérard Guerrier, Naufrage au Mont-Blanc par Yves Ballu), ou scientifiques (Convergence, de Francis Balestra, Un café sciences autour des bactéries, amies et/ou ennemies ?). En été, la musique prend le tempo de mes émotions, alors je vous le partage en espérant vous rencontrer au détour d’une note ou d’un chemin.

Pour commencer, je vous suggère un moment empli de poésie. Musique dans le Grésivaudan, un festival précieux,  propose chaque année de marier la musique de chambre avec le patrimoine. Cet été, ce festival vous a concocté un programme riche en émotions avec des œuvres de Schubert, Beethoven ou encore Brahms. Les plus prometteurs des interprètes se donnent rendez vous chaque été dans cette vallée pour enchanter vos soirées. Que du bonheur…
Avec Grésiblues, vous voyagerez, gratuitement, du 2 au 7 juillet, entre villages et notes pour découvrir que le blues peut prendre de multiples formes pour vous séduire. De la balade au rock, le blues est plus que jamais d’actualité dans le Grésivaudan. De Barraux à Crolles la note bleue enchantera vos nuits d’été.
Il vous faudra monter aux Adrets pour voir du théâtre pentu et des paroles avalancheuses au Festival de l’Arpenteur. Un beau nom pour passer un beau moment riche de réflexion autour de la culture, sous toutes ses formes. En assistant à ces spectacles incongrus, drôles, fantasques, originaux, décalés, mais toujours de belle qualité vous serez émerveillé. Comme un bon repas constitue toujours un beau temps d’échange et qu’en montagne on sait bien vivre, ce festival original se termine toujours par un banquet pantagruélique… Bon appétit.

Saviez-vous que les Rencontres Brel ont décidé de s’appeler désormais : Le Grand Son. C’est pour mieux vous séduire, dirait le loup ! Je vous suggère d’aller cet été vous balader à Saint Pierre de Chartreuse pour confirmer l’adage. La programmation de ce festival à la montagne vous propose de belles surprises. Il y en a pour tous les goûts et de toutes les couleurs, nous ont promis tous les bénévoles (plus de 300 !) qui se démènent pour vous enchanter durant toute cette semaine. Mais surtout, ce festival, qui fêtera cette année ses trente ans, vous réserve de belles surprises. N’est pas le plus important ?

 

En fin d’été, juste avant de reprendre le collier, le festival Berlioz vous a concocté un hold-up digne des plus grandes fêtes de l’été. Ne soyez pas choqué car Hector Berlioz en serait vexé, lui qui n’a cessé au fil de ses notes et de ses concerts de chercher à sortir des chemins battus du conformisme ambiant. Il est même allé chercher la gloire chez les British, c’est vous dire ! C’est ce que le festival Berlioz va vous raconter cette année. Et Bruno Messina (son directeur artistique) de faire un vœux : organiser le « concert Shakespearien » que ce compositeur un peu fou n’avait jamais pu réaliser. Vous en aurez sûrement la surprise… et bien d’autres en cet été de rêve.

Claude Muller

Naufrage au Mont-Blanc par Yves Ballu

Yves Ballu est un historien, un journaliste, un écrivain, un conteur, un collectionneur et surtout un passionné d’alpinisme. Il lui a fallu rassembler toutes ces qualités et bien d’autres pour écrire « Naufrage au Mont-Blanc – l’affaire de Vincendon et Henry ». Dans sa nouvelle version, complétée et illustrée, (publiée par les Éditions Pulsen, collection Guérin), cette œuvre devient majeure. Elle se pose comme un repère entre les pionniers de la conquête des sommets des Alpes et l’histoire de l’alpinisme moderne. Mais ce livre, c’est d’abord un merveilleux et imposant recueil. On mesure d’emblée son importance à son poids et sa forme carrée. Puis, on l’adopte grâce à la couleur rouge carmin de son éditeur. On le sent, car il diffuse l’odeur enivrante de l’encre, signe qu’il est bien né. En le feuilletant, on comprend tout de suite que cet ouvrage va être essentiel. Il nous raconte ce marqueur de l’histoire de l’alpinisme autant en textes qu’en photos, dessins, croquis ou autres images qui nous permettent de revivre ce naufrage avec tous ses protagonistes. On mesure immédiatement que toutes les phrases de son auteur sont mises au service de cette extraordinaire et tragique aventure humaine. Tout est fait pour nous replonger dans ce naufrage au sens premier du terme. On sent au choix des mots, la passion de cet auteur pour la montagne. Les photos nous confrontent à cette terrible histoire. On participe à cette aventure avec ses héros et ses victimes. On grimpe sur l’éperon de la Brenva avec Vincendon et Henry, on se couche au refuge Vallot avec Walter Bonatti, on vole avec les pilotes de l’hélico de secours, on s’équipe avec Lionel Terray… On côtoie tous les grands noms de l’alpinisme et on gèle à moins 40°. Cet ouvrage va surtout nous questionner sur les risques pris par les alpinistes lors d’ascensions hivernales et le dilemme des guides et sauveteurs pour sortir ces téméraires des morsures du froid, en cas de malheur. Elles peuvent très vite devenir fatales en ces très hautes contrées. Ce sont les réponses de l’histoire de l’alpinisme et de son évolution que nous narre Yves Ballu, c’est un livre passionnant. Il nous confronte à notre propre rapport aux « vertiges » de la montagne.
Claude Muller