La mémoire des glaces au café sciences du Grésivaudan

Mais quelle mouche a piqué les scientifiques ? Quel peut bien être l’intérêt d’aller forer les glaciers du col du Dôme à 4 300 m d’altitude dans le massif du Mont-Blanc et le glacier Illimani en Bolivie ? Pourquoi aller ensuite stocker ces carottes glaciaire en Antarctique ? N’y a t il déjà pas assez de glace là bas ? Le 42ème café sciences du Grésivaudan vous expliquera que le réchauffement climatique fait peser une menace concrète sur nos glaciers. Leur longueur diminue, leur épaisseur faiblit, la zone d’accumulation de neige rétrécit et malgré quelques efforts pour protéger ce patrimoine mondial, source d’activités touristiques, de services hydrologiques, d’énergie hydroélectrique… le sort de beaucoup d’entre eux est scellé. Or les glaciers renferment en leur sein notre mémoire. Dans ces archives uniques au monde sont préservées une partie de l’histoire du climat et de l’humanité. Les voir fondre, c’est voir disparaître cette mémoire à tout jamais. Devant ce danger, les glaciologues ont entrepris l’idée folle de mettre à l’abri certains d’entre eux pour les générations futures. La glace est le seul matériau capable d’emprisonner dans ses couches annuelles une toute petite fraction de l’atmosphère terrestre mais aussi à peu près tout ce qui s’y trouve, accidents et tests nucléaires, activités solaires, températures, gaz à effet de serre, éruptions volcaniques, pollutions industrielles et domestiques, feux de forêt, bactéries… Toute cette mémoire est enregistrée patiemment au fil des ans dans la stratification des couches annuelles de neige. Ce livre construit page par page est aujourd’hui menacé. Le projet « mémoire de la glace » ambitionne de mettre ce patrimoine naturel en lieu sûr pour les décennies et les siècles à venir, et jusqu’à preuve du contraire, l’antarctique est le congélateur le plus sûr du monde. Il sera, après avoir été le révélateur du fonctionnement de notre climat, le gardien de nos turpitudes. C’est le directeur de recherche du CNRS, Joël Savarino qui viendra nous raconter cette magnifique aventure. Et c’est Anne-Catherine Ohlmann, la Directrice de la Fondation de l’Université Grenoble Alpes, qui viendra nous expliquer dans quelles conditions ces scientifiques ont pu mener à bien leur projet. Ils vous donnent rendez vous le mardi 5 décembre 2017 à 18h 30. C’est à la Médiathèque de Crolles que ce café sciences exceptionnel se déroulera.
Claude Muller

Un polar à ski de Gérard Muller

Il faut posséder la fécondité de cet écrivain au long court pour imaginer un scenario aussi rocambolesque. Comme un de ses précédents romans policiers, son nouveau polar, « Sur la trace des skieurs disparus », est étonnant. Il faut bien connaître la haute vallée de la Tarentaise et ses «traditions» pour être capable de situer son action au beau milieu de ses cimes enneigées. Cet ouvrage se dévore comme une descente à ski, en godille évidemment. Il faut évoluer dans un milieu branché pour oser entraîner internet dans cette descente vertigineuse aux multiples rebonds. Cette aventure ne serait pas digne d’apparaître dans votre bibliothèque sans la dose d’érotisme dont Gérard Muller possède l’intime secret. Je vous mets en garde, vous ne devinerez jamais l’énigme de ce polar, il faudra le boire jusqu’à la lie pour vous libérer de l’empreinte démoniaque de ce nectar littéraire. Outre le secret de ses mots subtils, vous découvrirez entre ses lignes un extraordinaire voyage dans les stations mythiques de ce petit coin de paradis. Vous évoluerez sur les pentes les plus abruptes. Vous découvrirez d’immenses espaces vierges de toute trace humaine. Vous surferez sur cette culture aux multiples visages. Vous participerez à la construction de châteaux vertigineux… Mais après tout, n’est ce pas ce que nous espérons d’un livre ? Rêver, en nous emportant dans des espaces inconnus.
Claude Muller