Concerts du chœur ARCANUM

Arcanum MagnificatLe chœur Méli-Meylan a changé de nom. Il se nomme désormais Arcanum, mais il est resté fidèle à son répertoire classique. Pour fêter cette mutation et offrir un moment exceptionnel à son public, il donnera deux grands concerts au printemps. Pour l’occasion, il s’est associé avec le Chœur des Universités de Grenoble, dont ce sera le 70ème anniversaire.
Au programme, des motets de Mendelssohn pour double chœur, des suites de Jean Sébastien Bach et le Magnificat de Bach. Ces œuvres seront interprétées sous la direction de la talentueuse cheffe de chœur Anne Laffilhe, assistée du non moins talentueux orchestre OrChiDée de Guillaume Vautier et de quatre merveilleux solistes.
Le premier de ces concerts prendra une signification toute particulière puisque ce sera la première œuvre donnée depuis bien longtemps en la Basilique du Sacré Cœur de Grenoble. En effet, elle rouvrira ses portes après plus de deux ans de gigantesques travaux. Le Magnificat emplira alors les voûtes de cet édifice orné de magnifiques vitraux créés par ARCABAS.
Le premier de ces concerts aura lieu le vendredi 29 avril à 20h30. Le second se déroulera le dimanche 1er mai à 18h en l’église St Bruno de Voiron.
Claude Muller

A capella

A capellaLe Chœur Arcanum inaugure son nouveau nom par un concert « A capella » dans la grandiose église de Roybon, en Isère. Elle est pleine à craquer pour l’occasion et sonne à merveille dès les premières notes de Lumen, un chant grégorien du Xème siecle.

« La musique est un moyen d’exprimer ses sentiments et ses états d’âme », nous raconte la chef de chœur Anne Laffilhe, en commençant ce concert.

Je rajouterais, qu’il est doux d’entendre un ensemble de quelques 70 chanteurs débuter un concert avec une mélodie pleine d’espoir. J’ai aussi été impressionné en voyant tous ces interprètes donner tant d’énergie et tant d’amour pour partager cette soirée musicale avec ce public d’un soir.

Arcanum 2Pour confirmer cette impression, les chanteurs et chanteuses se lancent dans un « Ecce Homo » d’anthologie. On aurait dit que les spectateurs tremblaient…impressionnés qu’ils étaient par la force du « crucifige eum » scandé par la foule des choristes.

Heureusement des pièces plus sereines lui font suite. Parfois les choristes entourent la salle comme s’ils voulaient envelopper le public de leur musique. Arcanum 5Puis lorsque le chœur se reforme, c’est pour mélanger les pupitres au gré des mélodies. Les voix se répondent alors les unes, les autres, de part et d’autre de la nef, si bien que l’émotion se répand parmi les spectateurs au son de ces chants liturgiques. Le Tantum Ergo de Maurice Duruflé se prête si bien à ce mélange de voix qu’il en devient presque poignant.

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L’ambiance se détend lorsque le chœur nous « ouvre les yeux » avec cette magnifique œuvre de John Rutter, « open thou mine Eyes ». Arcanum 6

Enfin, en ce lieu saint, Arcanum nous propose trois regards différents sur l’Ave Maria. Celui de Guillaume Bouzignac fait « chanter les anges », comme dit Anne Laffilhe, celui de Frantz Liszt fait « vibrer les cœurs » et enfin celui d’Igor Stravinsky conclut ce concert sur une ode joyeuse.
Que du bonheur…

Claude Muller

Une Maison des Arts, comme c’est bizarre !

bandeauart1Ce n’est pas tous les jours que l’on inaugure une Maison des Arts. Je crois même que c’est la première fois ! Alors, il faut saluer celle de Monbonnot-Saint-Martin comme il se doit.

art2Elle est la bienvenue, comme l’a affirmé Hugues, évêque de Grenoble au 11ème siècle aux trois clercs Pierre Guillaume, Jean Lombard et Constantin venus lui proposer d’implanter en ce lieux un monastère.
Elle sera un espace de Culture et d’échanges, comme l’a confirmé aujourd’hui son maire, Pierre Beguery.

art maireCitant André Malraux, « L’art est le plus court chemin de l’homme à l’homme », l’édile a placé ce site entièrement rénové sur un chemin de joie tracé entre le passé et l’avenir de la vallée du Grésivaudan. Beau symbole et belle réalisation.

art4Elle laisse toute sa place à l’imagination. Outre les usages associatifs nécessaires à la vie en communauté, ces bâtiments deviendront rapidement des espaces de création.
Gageons qu’ils évolueront comme des fils indispensables tissés entre tous ses habitants.

art5Je suis sûr que leurs musiques nous éclaireront de ses multiples facettes, comme a su le faire merveilleusement le Trio Wentwo et la soliste Isabelle Devigne lors de cette soirée inaugurale.

art7Que du bonheur, je vous dis, ils étaient à la hauteur de l’événement en nous interprétant avec fougue leurs mélodies joyeuses. Ils ont su faire le lien entre leurs airs de prédilection, le jazz de Duke Ellington, et l’opéra d’Offenbach. C’était enthousiasmant. Il y en avait pour tous les goûts, toutes les couleurs, toutes les saveurs… comme dans la vie… comme à la Maison des Arts.

Claude Muller

Nocturne des étudiants au Musée de Grenoble

Nocturne des étudiants au Musée de GrenobleVoir un musée la nuit, invité par les étudiants, n’est pas si fréquent. Alors, je n’ai pas hésité, je me suis dirigé à grand pas vers le Musée de peinture de Grenoble pour découvrir cette soirée et j’en suis resté comme ébaubis… Mais je n’étais pas au bout de forêt de poils phosphorescentsmes découvertes car ma curiosité fût très vite récompensée en découvrant le menu que les étudiants nous avaient concocté. En arrivant, il m’a fallu traverser une forêt de poils phosphorescents pour entrer dans ce monde ludique composé de musiques vibrantes à la vue et au au son de milliers de ballons.

musee7ADans la première salle, c’est Sainte Lucie qui m’a fait les présentations devant son portrait peint au XIIème. Que du bonheur. J’ai cru halluciner devant son ton frais, drôle et…décalé. Je n’avais jamais vu la peinture sous cet angle. Merci Candice.

Puis, j’ai continué à déambuler de toile en toile, de salle en salle jusqu’à me perdre parmi les nombreux étudiants et les spectacles proposés. Fascinant. Tous marchaient, baguenaudaient, musardaient, erraient… à la recherche de la prochaine surprise, au détour d’un couloir.

 

musee10Amusee9ALes jeunes en formation tournaient en rond ou en carré autour d’une bulle. Ils chantaient et dansaient aux 4 coins d’un tableau de maître placé au cœur d’étranges rectangles facétieux. Ils riaient aux jeux de mots et de couleurs pour s’approprier ces œuvres ainsi brocardées.

Et puis, je me suis laissé porter jusqu’à cette performance. Et là, je suis tombé en émoi devant cette sculpture collective en mouvement. Oser créer cette prouesse au cœur d’un musée m’a impressionné. Et c’est en regardant ce tableau que j’ai compris que l’Art était vivant, évoluant et tout le temps. Merci les étudiants.
musee2AClaude Muller

Le Petit Prince de Thierry Tochon

Le Petit Prince de Thierry TochonLe Petit Prince
Je suis comme vous, j’ai lu le Petit Prince 100 fois et j’ai l’impression de l’avoir déjà vu 1000 fois, soit à la télévision, soit sur scène. Si bien que j’étais curieux de découvrir ce que cette nouvelle version pourrait bien apporter de plus au texte de Saint Exupery. Ce conte nous a déjà tant fait rêver dans notre enfance.

L'Aviateur et le Petit PrinceAujourd’hui, je peux bien vous l’avouer, j’ai été bluffé par l’adaptation de Thierry Tochon. Sa mise en scène, je devrais dire sa création, car il a monté cette pièce comme un réalisateur de films, met en lumière tout un nouvel univers.


Le Petit Prince et ses Rencontres Ce véritable magicien a créé une mise en image et en musique qui m’a bouleversé, puis emporté loin, très loin dans mon imaginaire. Sans vous dévoiler toutes ses inventions, je peux vous révéler que son dispositif scénique est si transparent qu’il vous sera aisé d’embarquer dans son voyage. C’est dans le désert que vous vous perdrez, c’est dans le ciel que vous ferez des rencontres extraordinaires, c’est dans le regard de l’aviateur que vous verrez le Petit Prince et c’est dans la complainte de la rose que vous entendrez battre son cœur.

Thierry TochonDe plus, Thierry Tochon a su mettre tout son savoir de « metteur en scène » au service des valeurs humaines que porte ce long poème. Il est beau, émouvant et respectueux quand il dit qu’il y a un petit garçon en lui qui « se souvient très précisément de la première fois où il a lu le Petit Prince. » Et il est juste quand il ajoute, « je crois qu’il faut raconter encore et encore cette histoire… car elle trouve une résonance dans le monde d’aujourd’hui. Je pense qu’il est intéressant, utile et nécessaire de transmettre les valeurs de solidarité, d’échanges et d’amour que porte ce texte… » Je confirme, sa pièce nous transmet beaucoup d’amour dans les yeux du Petit Prince. Allez la voir avec le cœur.

Guillaume DOUADY  Le businessman, le vaniteux, le géographe, et à la manipulation du Renard - Marie MAZILLE La Rose - Création et interprétation musicale - Claudine SARZIER Le Petit Prince - Victor MAZZILLI L'Aviateur - François FOUREL jeu et manipulation marionnettes
Guillaume DOUADY
Le businessman, le vaniteux, le géographe, et à la manipulation du Renard
Marie MAZILLE La Rose, Création et interprétation musicale
Claudine SARZIER Le Petit Prince
Victor MAZZILLI L’Aviateur
François FOUREL
Le roi, l’ivrogne, l’allumeur de réverbères, et à la manipulation du Serpent

Claude Muller

 

 

Amazirh – Une année berbère

Dès le premier plan, ce documentaire plante son décor. Sur une terre ocre, pentue et caillouteuse, une femme, son enfant sur le dos, suit son mulet le long d’un chemin abrupt. Elle traverse un ruisseau à gué. Une musique joyeuse, violoneuse et un rien lancinante l’accompagne dans son périple. Un plan situe la vallée d’Aït Bou Oulli dans le Haut Atlas Marocain.
Et nous retrouvons Latifa dans sa demeure en clair obscur, assise sur un coussin, posé contre un mur peint à la chaux. Elle nous salue, « Labesse » (bonjour en berbère) et poursuit la tête haute, »tout va bien, j’habite le village d’Agarth. Grâce à dieu, ici on a tout ce qu’on veut…on a tout et on a rien. » Le principal est dit, la dureté et la richesse de ces vallées, la simplicité et beauté de ces paysages, le vertige et la couleur de ces montagnes, la fierté et la générosité de ce peuple berbère. Il habite ce pays depuis des siècles et des siècles.
Ce film poursuit son chemin jusqu’à pénétrer à l’intérieur des vastes maisons de terre pour brosser une série de portraits. Ils nous éclairent chacun à leur tour de leur vision sur cette contrée aux multiples visages. C’est Hassan Aït Benkoum qui nous guide dans les chemins de terre menant vers ces hautes vallées. Ce paysan qui vit au rythme des saisons nous raconte la répartition traditionnelle des responsabilités au sein de cette communauté, tandis que sa cousine quitte quelques instants son métier à tisser pour nous offrir le thé.
Lorsque nous nous rendons chez Hassan Baraouz, l’environnement de ces vallées s’éclaire tout à coup. « Comme partout au Maroc et dans le monde, ici on a le souci de l’eau potable et le souci de l’eau d’irrigation ». La déforestation est aussi un gros problème. Hassan ne voit qu’une issue à toutes ces difficultés, l’éducation. C’est avec le monde associatif qu’il y travaille quotidiennement.
Le film suit ensuite les multiples pistes traditionnelles et culturelles de cette contrée. Avec Bouchara, nous partageons la vie d’une jeune institutrice. Le jeune Ezoubair nous fait entrer de plein fouet dans sa vie familiale, on assiste à son mariage avec Aïcha, une jeune femme de son village. Puis il nous partage ses espoirs en un monde meilleur. Hassan Aït Ben Koum  nous raconte les difficultés de ses fils pour trouver du travail. Puis Hassan Baraouz évoque l’avenir de son peuple. « Il faut que chacun ait une motivation à créer son propre emploi ». Il voit son avenir dans le développement du Tourisme et de l’artisanat. Lors de mon précèdent voyage dans cette vallée, j’avais rapporté ce reportage sur le tourisme solidaire, il reste plus que jamais d’actualité.
Elise et Louis-Marie Blanchard, les réalisateurs de « Amazirh, Une année berbère », laisse Latifa conclure ce documentaire inspiré, « ce pays est apparemment dur, mais il recèle tellement de richesses qu’il en devient doux au premier regard ».

 

Claude Muller

Grenoblicimes, vue d’en haut par DiVertiCimes

 

La nuit, vu des cimes, Grenoble et sa vallée ressemblent à une coulée de lave en fusion. Fort de cette magnifique métaphore, le collectif de photographes DiVertiCimes s’élève sur les hauteurs de Belledonne, Chartreuse, Vercors ou Dévoluy pour affûter leurs regards au fil des crêtes.
Avec leurs parapluies de toutes les couleurs, ces six photographes nous offrent la splendeur de la nature en partage.
Leurs images mettent en valeur des espaces imaginaires d’une beauté rare.
Pour trouver la bonne lumière, ils se lèvent tôt ou même bivouaquent et finissent par s’endormir sous les étoiles. Mais quelle récompense quand le ciel s’ouvre sur une nuée de braise, quand le bouquetin se lève, quand les vautours se pâment ou quand la lune les charme…
Là haut, les six comparses tirent leur force du collectif pour se mettre en scène, accrochés à la montagne ou suspendus dans le vide. Leurs images souvent spectaculaires donnent la mesure de leur engagement au service de la nature.
Et c’est là que, tout à coup, au loin, apparaît un skieur dans le cadre, juste pour donner une dimension à l’image. Le clocher d’un village perce la mer de nuage. Un alpage peint ses couleurs. Un arbre se noue. Une cascade s’égaie. Un marcheur se perd. Un troupeau s’ébroue. Un ciel s’illumine. Et c’est dans ces moments-là que la réalité devient abstraction et que l’image devient œuvre d’art.
Avoir les pieds sur terre et la tête dans les nuages, voilà la force de ces six photographes. Et c’est ainsi que chacun d’eux découvre son voyage intérieur et que son imagination s’éclaire pour devenir lumière.
On pense au marcheur invétéré que fut Jean Jacques Rousseau ou au conteur magnifique que fut Stendhal pour décrire leurs périples en quête de beauté sur leurs sentiers imaginaires.

Claude Muller