« Reconnaissance » de Pierre Péju

IncognitoCet ouvrage m’a tout d’abord conforté dans la certitude que c’est dans les fictions que l’on trouve, non pas la vérité (elle est si ténue !), mais sa vérité. Et c’est ainsi que j’ai compris le nouveau livre de Pierre Péju. Il porte bien son nom : reconnaissance« Reconnaissance ». Il faut prendre ce mot au sens premier, connaître à nouveau. Car oui, avec cette œuvre, nous allons devoir porter un regard neuf sur son auteur. Il nous offre, avec cet ouvrage, un objet non identifié, un OVNI. Il ne s’agit pas d’un roman, pas d’un recueil de nouvelles, pas d’un livre de contes, pas d’une bibliographie, pas d’un récit, pas d’une fiction… ce livre, c’est un peu tout cela à la fois, mais c’est encore plus…plus fort, plus présent, plus intime, plus secret…c’est une œuvre très personnelle, donc inclassable. C’est souvent à cela que l’on reconnaît les grandes œuvres. J’ai lu ce livre comme on déguste une boite de chocolats à Noël. J’en ai goûté ses mots un par un, savouré ses phrases tendrement, effleuré ses paragraphes délicatement, dégusté ses chapitres avec gourmandise, pour finalement aimer ses idées à en perdre la raison…
Pierre PéjuTout part d’une rencontre, une randonnée, un soir, dans un refuge, un mystérieux promeneur lui offre une pierre, le « Cristal du Temps ». A partir de là, des scènes étranges, banales, originales…de sa vie d’enfant, d’écrivain globe-trotter ou de simple promeneur, surgissent en sa mémoire.
Et Pierre nous les raconte, naturellement, comme il sait si bien le faire. Nous le suivons dans ses aventures, les yeux fermés, tant il connaît les mots pour nous les narrer, les partager et finalement nous les faire découvrir. Elles sont si simples et si familières qu’elles nous apparaissent naturelles, comme si elles étaient déjà en nous, comme des rêves, comme de vielles connaissances, comme des « Reconnaissances ».
Je vous offre, à mon tour, une phrase soufflée entre ses pages, comme une « reconnaissance » : « Raconte-moi ! Je rêve de silence et de grands espaces »
Claude Muller

Cristina Iglesias, un voyage dans la nature

Cristina Iglesias

Il est assez paradoxal de se rendre au musée pour aller observer la nature, c’est pourtant l’expérience que je vous invite à faire en allant voir l’exposition, « Sculpter la nature » de Cristina Iglesias, au musée de Grenoble. En flânant sur Pavillon suspendu« Entrelacs », « Passages » et autre « Pavillon suspendu », vous serez surpris par ses installations. Elles vous emporteront en des espaces irréels qui vous permettront d’imaginer la nature telle que vous ne l’avez jamais vue. Son monde est fascinant.

Entre miroirs et « Tempêtes silencieuses », vous ne pourrez que vous découvrir vous même au détour d’un labyrinthe. En tout cas, vous vous retrouverez comme enfoui et entrelacé par son monde féerique et ses liens multiples…

LabyrinthePour peu que vous vous laissiez aller à rêver, vous ne pourrez que vous sentir bien au milieu de ces espaces irréels. L’eau joue un rôle fondamental dans ses œuvres, elle est la naissance de la vie dans ses sculptures et deviendra au fil de votre visite la source de votre plaisir à découvrir son monde.

Ce chemin, son chemin, guidera vos pas entre rêve et réalité. Vous percevrez sûrement beaucoup d’autres signes, inscriptions, hiéroglyphes et autres marques du temps qui coule, au cours de votre visite. Je ne pense pas les avoir tous vu, tellement ils sont nombreux et surtout personnels. Ils parlent au creux de l’oreille de chacun et vous poussent à imaginer votre propre nature, c’est le magnifique exercice auquel cette artiste vous invite.

PassagesCette exposition sera pour vous comme un voyage à la rencontre de vos rêves les plus intimes. André Malraux disait que « l’art est le plus court chemin de l’homme à l’homme ». J’ai maintes fois pu découvrir, au gré de mes visites dans des musées et au fil de mes rencontres, combien la maxime de ce visionnaire s’imposait à tous comme une évidence.
Je pourrai maintenant ajouter, après la visite de cette expo, que les œuvres de Cristina Iglesias sont le plus court chemin entre l’homme et la nature.

Claude Muller

 

Concerts du chœur ARCANUM

Arcanum MagnificatLe chœur Méli-Meylan a changé de nom. Il se nomme désormais Arcanum, mais il est resté fidèle à son répertoire classique. Pour fêter cette mutation et offrir un moment exceptionnel à son public, il donnera deux grands concerts au printemps. Pour l’occasion, il s’est associé avec le Chœur des Universités de Grenoble, dont ce sera le 70ème anniversaire.
Au programme, des motets de Mendelssohn pour double chœur, des suites de Jean Sébastien Bach et le Magnificat de Bach. Ces œuvres seront interprétées sous la direction de la talentueuse cheffe de chœur Anne Laffilhe, assistée du non moins talentueux orchestre OrChiDée de Guillaume Vautier et de quatre merveilleux solistes.
Le premier de ces concerts prendra une signification toute particulière puisque ce sera la première œuvre donnée depuis bien longtemps en la Basilique du Sacré Cœur de Grenoble. En effet, elle rouvrira ses portes après plus de deux ans de gigantesques travaux. Le Magnificat emplira alors les voûtes de cet édifice orné de magnifiques vitraux créés par ARCABAS.
Le premier de ces concerts aura lieu le vendredi 29 avril à 20h30. Le second se déroulera le dimanche 1er mai à 18h en l’église St Bruno de Voiron.
Claude Muller

A capella

A capellaLe Chœur Arcanum inaugure son nouveau nom par un concert « A capella » dans la grandiose église de Roybon, en Isère. Elle est pleine à craquer pour l’occasion et sonne à merveille dès les premières notes de Lumen, un chant grégorien du Xème siecle.

« La musique est un moyen d’exprimer ses sentiments et ses états d’âme », nous raconte la chef de chœur Anne Laffilhe, en commençant ce concert.

Je rajouterais, qu’il est doux d’entendre un ensemble de quelques 70 chanteurs débuter un concert avec une mélodie pleine d’espoir. J’ai aussi été impressionné en voyant tous ces interprètes donner tant d’énergie et tant d’amour pour partager cette soirée musicale avec ce public d’un soir.

Arcanum 2Pour confirmer cette impression, les chanteurs et chanteuses se lancent dans un « Ecce Homo » d’anthologie. On aurait dit que les spectateurs tremblaient…impressionnés qu’ils étaient par la force du « crucifige eum » scandé par la foule des choristes.

Heureusement des pièces plus sereines lui font suite. Parfois les choristes entourent la salle comme s’ils voulaient envelopper le public de leur musique. Arcanum 5Puis lorsque le chœur se reforme, c’est pour mélanger les pupitres au gré des mélodies. Les voix se répondent alors les unes, les autres, de part et d’autre de la nef, si bien que l’émotion se répand parmi les spectateurs au son de ces chants liturgiques. Le Tantum Ergo de Maurice Duruflé se prête si bien à ce mélange de voix qu’il en devient presque poignant.

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L’ambiance se détend lorsque le chœur nous « ouvre les yeux » avec cette magnifique œuvre de John Rutter, « open thou mine Eyes ». Arcanum 6

Enfin, en ce lieu saint, Arcanum nous propose trois regards différents sur l’Ave Maria. Celui de Guillaume Bouzignac fait « chanter les anges », comme dit Anne Laffilhe, celui de Frantz Liszt fait « vibrer les cœurs » et enfin celui d’Igor Stravinsky conclut ce concert sur une ode joyeuse.
Que du bonheur…

Claude Muller

Une Maison des Arts, comme c’est bizarre !

bandeauart1Ce n’est pas tous les jours que l’on inaugure une Maison des Arts. Je crois même que c’est la première fois ! Alors, il faut saluer celle de Monbonnot-Saint-Martin comme il se doit.

art2Elle est la bienvenue, comme l’a affirmé Hugues, évêque de Grenoble au 11ème siècle aux trois clercs Pierre Guillaume, Jean Lombard et Constantin venus lui proposer d’implanter en ce lieux un monastère.
Elle sera un espace de Culture et d’échanges, comme l’a confirmé aujourd’hui son maire, Pierre Beguery.

art maireCitant André Malraux, « L’art est le plus court chemin de l’homme à l’homme », l’édile a placé ce site entièrement rénové sur un chemin de joie tracé entre le passé et l’avenir de la vallée du Grésivaudan. Beau symbole et belle réalisation.

art4Elle laisse toute sa place à l’imagination. Outre les usages associatifs nécessaires à la vie en communauté, ces bâtiments deviendront rapidement des espaces de création.
Gageons qu’ils évolueront comme des fils indispensables tissés entre tous ses habitants.

art5Je suis sûr que leurs musiques nous éclaireront de ses multiples facettes, comme a su le faire merveilleusement le Trio Wentwo et la soliste Isabelle Devigne lors de cette soirée inaugurale.

art7Que du bonheur, je vous dis, ils étaient à la hauteur de l’événement en nous interprétant avec fougue leurs mélodies joyeuses. Ils ont su faire le lien entre leurs airs de prédilection, le jazz de Duke Ellington, et l’opéra d’Offenbach. C’était enthousiasmant. Il y en avait pour tous les goûts, toutes les couleurs, toutes les saveurs… comme dans la vie… comme à la Maison des Arts.

Claude Muller

Nocturne des étudiants au Musée de Grenoble

Nocturne des étudiants au Musée de GrenobleVoir un musée la nuit, invité par les étudiants, n’est pas si fréquent. Alors, je n’ai pas hésité, je me suis dirigé à grand pas vers le Musée de peinture de Grenoble pour découvrir cette soirée et j’en suis resté comme ébaubis… Mais je n’étais pas au bout de forêt de poils phosphorescentsmes découvertes car ma curiosité fût très vite récompensée en découvrant le menu que les étudiants nous avaient concocté. En arrivant, il m’a fallu traverser une forêt de poils phosphorescents pour entrer dans ce monde ludique composé de musiques vibrantes à la vue et au au son de milliers de ballons.

musee7ADans la première salle, c’est Sainte Lucie qui m’a fait les présentations devant son portrait peint au XIIème. Que du bonheur. J’ai cru halluciner devant son ton frais, drôle et…décalé. Je n’avais jamais vu la peinture sous cet angle. Merci Candice.

Puis, j’ai continué à déambuler de toile en toile, de salle en salle jusqu’à me perdre parmi les nombreux étudiants et les spectacles proposés. Fascinant. Tous marchaient, baguenaudaient, musardaient, erraient… à la recherche de la prochaine surprise, au détour d’un couloir.

 

musee10Amusee9ALes jeunes en formation tournaient en rond ou en carré autour d’une bulle. Ils chantaient et dansaient aux 4 coins d’un tableau de maître placé au cœur d’étranges rectangles facétieux. Ils riaient aux jeux de mots et de couleurs pour s’approprier ces œuvres ainsi brocardées.

Et puis, je me suis laissé porter jusqu’à cette performance. Et là, je suis tombé en émoi devant cette sculpture collective en mouvement. Oser créer cette prouesse au cœur d’un musée m’a impressionné. Et c’est en regardant ce tableau que j’ai compris que l’Art était vivant, évoluant et tout le temps. Merci les étudiants.
musee2AClaude Muller

Le Petit Prince de Thierry Tochon

Le Petit Prince de Thierry TochonLe Petit Prince
Je suis comme vous, j’ai lu le Petit Prince 100 fois et j’ai l’impression de l’avoir déjà vu 1000 fois, soit à la télévision, soit sur scène. Si bien que j’étais curieux de découvrir ce que cette nouvelle version pourrait bien apporter de plus au texte de Saint Exupery. Ce conte nous a déjà tant fait rêver dans notre enfance.

L'Aviateur et le Petit PrinceAujourd’hui, je peux bien vous l’avouer, j’ai été bluffé par l’adaptation de Thierry Tochon. Sa mise en scène, je devrais dire sa création, car il a monté cette pièce comme un réalisateur de films, met en lumière tout un nouvel univers.


Le Petit Prince et ses Rencontres Ce véritable magicien a créé une mise en image et en musique qui m’a bouleversé, puis emporté loin, très loin dans mon imaginaire. Sans vous dévoiler toutes ses inventions, je peux vous révéler que son dispositif scénique est si transparent qu’il vous sera aisé d’embarquer dans son voyage. C’est dans le désert que vous vous perdrez, c’est dans le ciel que vous ferez des rencontres extraordinaires, c’est dans le regard de l’aviateur que vous verrez le Petit Prince et c’est dans la complainte de la rose que vous entendrez battre son cœur.

Thierry TochonDe plus, Thierry Tochon a su mettre tout son savoir de « metteur en scène » au service des valeurs humaines que porte ce long poème. Il est beau, émouvant et respectueux quand il dit qu’il y a un petit garçon en lui qui « se souvient très précisément de la première fois où il a lu le Petit Prince. » Et il est juste quand il ajoute, « je crois qu’il faut raconter encore et encore cette histoire… car elle trouve une résonance dans le monde d’aujourd’hui. Je pense qu’il est intéressant, utile et nécessaire de transmettre les valeurs de solidarité, d’échanges et d’amour que porte ce texte… » Je confirme, sa pièce nous transmet beaucoup d’amour dans les yeux du Petit Prince. Allez la voir avec le cœur.

Guillaume DOUADY  Le businessman, le vaniteux, le géographe, et à la manipulation du Renard - Marie MAZILLE La Rose - Création et interprétation musicale - Claudine SARZIER Le Petit Prince - Victor MAZZILLI L'Aviateur - François FOUREL jeu et manipulation marionnettes
Guillaume DOUADY
Le businessman, le vaniteux, le géographe, et à la manipulation du Renard
Marie MAZILLE La Rose, Création et interprétation musicale
Claudine SARZIER Le Petit Prince
Victor MAZZILLI L’Aviateur
François FOUREL
Le roi, l’ivrogne, l’allumeur de réverbères, et à la manipulation du Serpent

Claude Muller