Euphonia 2344 est heureuse

Hector Berlioz croyait tant au pouvoir de la musique qu’il avait imaginé qu’elle dirigerait le monde en l’an…2344. Il avait même donné le joli nom d’Euphonia à sa « société idéale ». Belle et généreuse idée. Il l’avait mise en scène dans un récit d’anticipation paru en 1844 dans La Gazette musicale. Berlioz la décrivait ainsi : « On peut la considérer comme un vaste conservatoire de musique, puisque la pratique de cet art est l’objet unique des travaux de ses habitants… »

Bruno Messina rêvait depuis longtemps de « mettre en musique » cette  nouvelle littéraire et lorsque que le compositeur Michaël Levinas en accepte l’augure, tous deux n’imaginaient pas le succès que cette « pièce musicale » recevrait au cours du Festival Berlioz 2019.

J’avoue qu’au début, elle m’a un peu déroutée. Un opéra chantant a cappella la décadence de la musique Italienne, c’est… Berlozien ! Quand les femmes font des infidélités, c’est le bouquet. Mais, quand les chœurs interviennent pour remettre de l’ordre dans ce capharnaüm, la sérénité revient sur la planète Euphonia et dans la salle.

« Un flot d’harmonie inonde le jardin », les belles cantatrices reviennent, les cloches sonnent à nouveau et l’orchestre reprend goût à la belle musique. C’est alors que le génie du compositeur donne sa pleine mesure…
On se sait plus si c’est Hector Berlioz ou Michaël Levinas qui lui donne vie, mais on sait qu’Euphonia est heureuse et nous aussi.

Claude Muller

L’envol du Festival Berlioz

Mercredi (21/08/2019) au soir, le violoniste Renaud Capuçon nous a complètement sublimés. En ouverture, son interprétation de « Rêverie et Caprice (op.8) » d’Hector Berlioz était lumineuse. Non seulement elle s’accordait à merveille avec l’Orchestre National de Lyon, mais ses solos transcendaient le public comme jamais. Son corps s’élançait pour accompagner les notes de son violon qui voltigeaient dans la salle.

La connivence avec Kristina Poska, la jeune cheffe d’orchestre, était visible. L’illusion était totale. Dans le concerto « L’Arbre des Songes » d’Henri Dutilleux, le miracle s’est à nouveau reproduit pour notre bonheur. Merci au Festival Berlioz de nous avoir offert ces moments-là. Ils sont précieux.

Claude Muller

Berlioz inaugure son Festival

En ce week-end inaugural du Festival Berlioz, le Roi Hector était partout, son cheval de Troie trônait au milieu du parc Allivet de la Côte-Saint-André. En arrivant, on ne voyait que lui. Chacun voulant monter dans ses entrailles pour prendre de la hauteur et peut être le rencontrer… Il faut dire que la fête était belle. Et Berlioz était partout. Tel un enfant, il était sur un manège tournant au son de l’accordéon, montant à cheval, tirant à l’arc, jouant aux dames ou aux échecs, écoutant des saltimbanques, apprenant à sculpter le bois…et dans la soirée, chacun l’a vu rire et danser le rigaudon. La nuit venue, il était bouche bée devant le feu d’artifice tiré en son honneur… Certains murmurent même qu’il a passé la nuit dans les entrailles du Cheval de Troie pour être aux premières loges afin d’assister à tous les concerts de ce Festival

Claude Muller

Hector Berlioz est vivant

Il parait qu’Hector Berlioz serait décédé il y a 150 ans ! Moi je dis qu’il est toujours vivant, la preuve ? Il est de retour sur ses terres, du Haut Meylan, chez son grand père Nicolas Marmion, là où il a vécu ses premiers émois amoureux avec Estelle, à la Cote Saint André, chez lui, là où les musiques de sa jeunesse résonnent encore dans la campagne. Toute son inspiration, elle vient de là, elle vient des fêtes et bals de son enfance.

Et c’est dans cet univers que le génie de ce 150ème festival, va nous plonger. Nous baignerons dans une ambiance champêtre, là où les « deux ailes de son âme, l’amour et la musique, se sont déployées ». Adolescent, une lecture a beaucoup enflammé son imagination naissante. Tel Ulysse et son cheval de Troie, Berlioz, tel un Roi, s’imaginait conquérir le monde… Plus tard, il en composera un opéra en cinq actes. Nous le fêterons en créant une grande fresque lors de la fête d’ouverture du 150ème festival Berlioz, les 17 et 18 août 2019. En prenant d’assaut sa ville natale avec un cheval de Troie en bois, nous pénètrerons dans cette capitale de la Bièvre. Après un défilé, le feu d’artifice et la grande fête populaire d’ouverture, place à la musique.

Pendant les 15 jours de ce festival, les plus grandes baguettes dirigeront les plus grands orchestres et tous rivaliseront d’audace pour rendre hommage à ce génie de la musique qu’est Hector Berlioz. Il est « incomparable, unique, et inouï », nous raconte Bruno Messina, le directeur de ce festival.

Rendez-vous du 17 août au 1er septembre dans près de 80 manifestations à la Côte Saint André, au parc Allivet, à la ferme du Chuzeau, dans le jardin du musée Berlioz, à l’église, sous les voûtes de la Halle Médiévale et au château Louis XI, pour écouter, voir et chanter Berlioz en compagnie de quelques 1600 artistes…
Claude Muller

Un Stabat Mater « Magistral »

Pas moins de 130 Chanteurs (Ensemble Vocal de Meylan, la Chorale Dauphinelle de Saint Ismier) et 60 musiciens (Harmonie d’Eybens-Poisat) ont uni leurs voix et leurs instruments pour faire de ce Stabat Mater un « dessein audacieux ».

Cédric Rossero, le chef d’orchestre, qualifie ce magnifique projet de « Magistral ». Il ajoute que « le Plaisir, la Découverte et la Rencontre » seront aussi au programme de ces deux concerts.

Le public est invité à venir les écouter à la Rampe d’Echirolles (38) le 6 avril 2019 à 17h et à 20h30.

Les spectateurs pourront alors découvrir, pour la première fois en France dans cette configuration, les différents univers du compositeur Karl Jenkins.

Ses créations passent par toutes les époques, toutes les cultures et toutes les harmonies pour créer un « monde croisé », empli de reliefs singuliers.

Voir tout ces ensembles jouer, pour toucher leur public, sera d’abord un véritable spectacle.
Ce sera aussi un échange d’énergies. Les mélodies viendront éclairer les spectateurs de toutes leurs magnifiques « couleurs musicales ».
Mais ce sera surtout une belle découverte pour tous.
Et Cédric Rossero de rajouter : « ce sera avant tout un  voyage d’émotions que je souhaite partager avec le public ».

Claude Muller

Berlioz, un génie tourmenté

Cette année, nous commémorons le 150ème anniversaire de la disparition d’Hector Berlioz. Qui de mieux que Bruno Messina pour organiser cet événement ? Il dirige le festival Berlioz de la Côte Saint André (la ville natale de l’artiste) et connait parfaitement l’œuvre de ce génial compositeur français. Mais, avant toutes ces festivités, il fallait un ouvrage de référence (Berlioz paru aux Editions Actes Sud) afin de raconter les aventures de ce créateur dont l’œuvre est restée méconnue du grand public. Qui de mieux que Bruno Messina pour nous entrainer sur les chemins tortueux empruntés par ce jeune compositeur.
L’auteur de ce livre nous raconte avec humour et joie comment dès l’enfance les fêtes et bals du Dauphiné ont tissé les racines musicales de cet éternel voyageur, comment le jeune Hector voit apparaitre Estelle, sa première étoile, dont il restera amoureux toute sa vie… comment Paris va l’engloutir, comment l’Opéra va le sauver… Comment cet autodidacte est heureux lorsqu’il écrit sa Messe solennelle. Enfin le succès : « être compositeur est tout ce qu’il voulait », nous raconte Bruno Messina avec bonheur.
Alors, Berlioz continue son apprentissage en se pliant maladroitement aux règles du conservatoire mais son goût de l’aventure l’emporte lorsqu’il affirme que « la musique est émancipée, libre. Elle fait ce qu’elle veut. »  Comme son créateur, semble ajouter Bruno Messina. Berlioz espère longtemps le prix de Rome et lorsqu’il le reçoit enfin, l’éternel insatisfait déserte Rome. Il pense à sa muse Estelle et espère trouver l’amour avec Juliette, Ophélie puis Rosaline mais c’est Harriet, la comédienne, qui l’émerveille et c’est pour la conquérir qu’il voit tout ce que Paris compte de talents : Delacroix, Hugo, Musset, Devéria, Vigny, Nerval et même Dumas. Avec eux, Berlioz découvre Hamlet de William Shakespeare et c’est un choc. Ce dramaturge lui inspire de grandes œuvres. Mais comme jamais rien n’est prévisible avec Berlioz, il aime Pauline, Camille et se prend de passion pour Beethoven en pensant que « L’amour et la musique sont indissociables ». Ce compositeur lui montrera le chemin du Romantisme. Et la Symphonie fantastique sera le premier véritable succès de Berlioz. Il écrit : « La musique est l’art d’émouvoir par des sons les êtres sensibles, intelligents, instruits et doués d’imagination ». Bruno Messina continue à nous raconter ainsi, avec des mots simples, des idées à la portée de tous, son Berlioz. Au fil des lignes, le compositeur nous devient familier, tendre et fantastique, comme si, à notre tour, nous tombions amoureux de ce personnage extraordinaire. La fin de vie de ce musicien tourmenté sera plus heureuse, il compose de nombreuses pièces (Les Nuits d’été, La Damnation de Faust…) et voyage dans toute l’Europe où il vogue de succès en succès si bien que sa renommée sera finalement plus importante en Allemagne, en Angleterre ou en Russie qu’en France. Bruno Messina finit son roman par un portrait plein d’espoir : « Berlioz le musicien, l’écrivain, l’artiste, l’amoureux, le rêveur, est tout autant un romantique construit dans une culture classique, qu’un homme de son temps : fasciné par la science, la vitesse et intéressé par les inventions musicales. » Gageons que cette année de concerts et de festivités autour de son œuvre donnera enfin à ce génie français de la composition la consécration qu’il mérite.
Claude Muller

Sacré Berlioz

« Sacré Berlioz ! » Ce sont les mots choisis par son directeur, Bruno Messina, pour décrire la nouvelle édition (2018) de ce fantastique festival.
Ce mélomane rajoute avec enthousiasme : » Berlioz est un romantique qui a mis en musique l’amour et la passion comme nul autre avant lui. Berlioz est un visionnaire qui a participé à inventer les festivals, les concerts spectaculaires et l’orchestre moderne. Berlioz est un journaliste, un voyageur, un écrivain, un Européen avant l’heure. Mais Berlioz est aussi un enfant de La Côte-Saint-André qui adorait les fêtes de son village, la célébration des moissons, les sonneries de cloches et les chants des processions… »
Alors, comme promis ce festival commencera par une fête au village. C’est dans cette « vaste plaine, riche, dorée, verdoyante » à la majesté rêveuse, comme l’écrivait si bien Berlioz que s’ouvriront les réjouissances. Suivront quinze jours de concerts de musique sacrée et de sacrées musiques. Quinze jours d’émotions, de fête et de découvertes pour tous, petits et grands, connaisseurs ou curieux.

Quinze jours de passion et de mise en lumière des mots de Berlioz : « l’amour et la musique sont les deux ailes de l’âme ». Le programme est riche, varié, grandiose, populaire, éclectique, joyeux, exigeant… Il vous surprendra tous. Les paysages de la Bièvre s’éclaireront comme par magie, les grands chefs s’enrichiront au contact du public, les musiciens se sublimeront au sein de cette ambiance festive, si bien que nous nous délecterons tous de tant de partage musical.
Et cerise sur le gâteau, comme la ministre de la culture a chargé Bruno Messina de préparer les célébrations du cent-cinquantième anniversaire de la mort d’Hector Berlioz (8 mars 1869), nous serons aux premières loges pour fêter cette année et surtout l’année prochaine, ce compositeur génial…
Claude Muller