Un Stabat Mater « Magistral »

Pas moins de 130 Chanteurs (Ensemble Vocal de Meylan, la Chorale Dauphinelle de Saint Ismier) et 60 musiciens (Harmonie d’Eybens-Poisat) ont uni leurs voix et leurs instruments pour faire de ce Stabat Mater un « dessein audacieux ».

Cédric Rossero, le chef d’orchestre, qualifie ce magnifique projet de « Magistral ». Il ajoute que « le Plaisir, la Découverte et la Rencontre » seront aussi au programme de ces deux concerts.

Le public est invité à venir les écouter à la Rampe d’Echirolles (38) le 6 avril 2019 à 17h et à 20h30.

Les spectateurs pourront alors découvrir, pour la première fois en France dans cette configuration, les différents univers du compositeur Karl Jenkins.

Ses créations passent par toutes les époques, toutes les cultures et toutes les harmonies pour créer un « monde croisé », empli de reliefs singuliers.

Voir tout ces ensembles jouer, pour toucher leur public, sera d’abord un véritable spectacle.
Ce sera aussi un échange d’énergies. Les mélodies viendront éclairer les spectateurs de toutes leurs magnifiques « couleurs musicales ».
Mais ce sera surtout une belle découverte pour tous.
Et Cédric Rossero de rajouter : « ce sera avant tout un  voyage d’émotions que je souhaite partager avec le public ».

Claude Muller

Berlioz, un génie tourmenté

Cette année, nous commémorons le 150ème anniversaire de la disparition d’Hector Berlioz. Qui de mieux que Bruno Messina pour organiser cet événement ? Il dirige le festival Berlioz de la Côte Saint André (la ville natale de l’artiste) et connait parfaitement l’œuvre de ce génial compositeur français. Mais, avant toutes ces festivités, il fallait un ouvrage de référence (Berlioz paru aux Editions Actes Sud) afin de raconter les aventures de ce créateur dont l’œuvre est restée méconnue du grand public. Qui de mieux que Bruno Messina pour nous entrainer sur les chemins tortueux empruntés par ce jeune compositeur.
L’auteur de ce livre nous raconte avec humour et joie comment dès l’enfance les fêtes et bals du Dauphiné ont tissé les racines musicales de cet éternel voyageur, comment le jeune Hector voit apparaitre Estelle, sa première étoile, dont il restera amoureux toute sa vie… comment Paris va l’engloutir, comment l’Opéra va le sauver… Comment cet autodidacte est heureux lorsqu’il écrit sa Messe solennelle. Enfin le succès : « être compositeur est tout ce qu’il voulait », nous raconte Bruno Messina avec bonheur.
Alors, Berlioz continue son apprentissage en se pliant maladroitement aux règles du conservatoire mais son goût de l’aventure l’emporte lorsqu’il affirme que « la musique est émancipée, libre. Elle fait ce qu’elle veut. »  Comme son créateur, semble ajouter Bruno Messina. Berlioz espère longtemps le prix de Rome et lorsqu’il le reçoit enfin, l’éternel insatisfait déserte Rome. Il pense à sa muse Estelle et espère trouver l’amour avec Juliette, Ophélie puis Rosaline mais c’est Harriet, la comédienne, qui l’émerveille et c’est pour la conquérir qu’il voit tout ce que Paris compte de talents : Delacroix, Hugo, Musset, Devéria, Vigny, Nerval et même Dumas. Avec eux, Berlioz découvre Hamlet de William Shakespeare et c’est un choc. Ce dramaturge lui inspire de grandes œuvres. Mais comme jamais rien n’est prévisible avec Berlioz, il aime Pauline, Camille et se prend de passion pour Beethoven en pensant que « L’amour et la musique sont indissociables ». Ce compositeur lui montrera le chemin du Romantisme. Et la Symphonie fantastique sera le premier véritable succès de Berlioz. Il écrit : « La musique est l’art d’émouvoir par des sons les êtres sensibles, intelligents, instruits et doués d’imagination ». Bruno Messina continue à nous raconter ainsi, avec des mots simples, des idées à la portée de tous, son Berlioz. Au fil des lignes, le compositeur nous devient familier, tendre et fantastique, comme si, à notre tour, nous tombions amoureux de ce personnage extraordinaire. La fin de vie de ce musicien tourmenté sera plus heureuse, il compose de nombreuses pièces (Les Nuits d’été, La Damnation de Faust…) et voyage dans toute l’Europe où il vogue de succès en succès si bien que sa renommée sera finalement plus importante en Allemagne, en Angleterre ou en Russie qu’en France. Bruno Messina finit son roman par un portrait plein d’espoir : « Berlioz le musicien, l’écrivain, l’artiste, l’amoureux, le rêveur, est tout autant un romantique construit dans une culture classique, qu’un homme de son temps : fasciné par la science, la vitesse et intéressé par les inventions musicales. » Gageons que cette année de concerts et de festivités autour de son œuvre donnera enfin à ce génie français de la composition la consécration qu’il mérite.
Claude Muller

Sacré Berlioz

« Sacré Berlioz ! » Ce sont les mots choisis par son directeur, Bruno Messina, pour décrire la nouvelle édition (2018) de ce fantastique festival.
Ce mélomane rajoute avec enthousiasme : » Berlioz est un romantique qui a mis en musique l’amour et la passion comme nul autre avant lui. Berlioz est un visionnaire qui a participé à inventer les festivals, les concerts spectaculaires et l’orchestre moderne. Berlioz est un journaliste, un voyageur, un écrivain, un Européen avant l’heure. Mais Berlioz est aussi un enfant de La Côte-Saint-André qui adorait les fêtes de son village, la célébration des moissons, les sonneries de cloches et les chants des processions… »
Alors, comme promis ce festival commencera par une fête au village. C’est dans cette « vaste plaine, riche, dorée, verdoyante » à la majesté rêveuse, comme l’écrivait si bien Berlioz que s’ouvriront les réjouissances. Suivront quinze jours de concerts de musique sacrée et de sacrées musiques. Quinze jours d’émotions, de fête et de découvertes pour tous, petits et grands, connaisseurs ou curieux.

Quinze jours de passion et de mise en lumière des mots de Berlioz : « l’amour et la musique sont les deux ailes de l’âme ». Le programme est riche, varié, grandiose, populaire, éclectique, joyeux, exigeant… Il vous surprendra tous. Les paysages de la Bièvre s’éclaireront comme par magie, les grands chefs s’enrichiront au contact du public, les musiciens se sublimeront au sein de cette ambiance festive, si bien que nous nous délecterons tous de tant de partage musical.
Et cerise sur le gâteau, comme la ministre de la culture a chargé Bruno Messina de préparer les célébrations du cent-cinquantième anniversaire de la mort d’Hector Berlioz (8 mars 1869), nous serons aux premières loges pour fêter cette année et surtout l’année prochaine, ce compositeur génial…
Claude Muller

Pas un jour sans musique

Pas un jour sans musique, tel est le beau pari lancé par le festival Berlioz en ce 150ème anniversaire de la naissance de son idole. Et pour fêter dignement cet évènement, son directeur, le magicien Bruno Messina avait convié ses aficionados à un concert de Noël. Il en a profité pour lancer l’édition 2018. Elle promet. Comme il pense que son compositeur fétiche était un sacré coquin, elle se nommera donc : « Sacré Berlioz ». Tout un programme avec le fabuleux Requiem joué sur des instruments d’époque, la messe solennelle et surtout la « Damnation de Faust » dirigée par le maestro John Eliot Gardiner, le tout sur la colline magique de…La Côte-Saint-André ! Bruno Messina nous donne ensuite rendez-vous pour une surprise en forme de grande fête populaire chez le poète Paul Claudel, au Château de Brangues
Mais, en attendant ces « heureux évènements », chacun a pu apprécier l’aubade de chants de Noël, jouée sur instruments d’époque par le quintette Nulla Dies Sine Musica. Leurs cuivres savamment entretenus ont donné un air de fanfare populaire à ce concert. Pas de gros sons, mais au contraire, des mélodies douces et presque champêtres avec des airs de J. Wade, C.F.X. Gruber et F. Mendelssohn. C’était beau et romantique à souhait. « Douce nuit » jouée avec des instruments du XIXème devient somptueux. Avec « les anges dans nos campagnes », on se surprend à rêver que l’on est dans un film d’amour… Alors, les musiciens nous racontent l’histoire de leurs instruments. Enfin, ils en jouent, avec élégance et décontraction, ce qui donne à ce concert un air de fête…de Noël. Surtout lorsque « Mon beau sapin » sort des bois pour éblouir cet hiver naissant.
Claude Muller

Happy Berlioz

Berlioz est un homme heureux. Il a rassemblé près de 6000 personnes sur les pelouses du Château de la Pupetière, ce samedi soir. Et quel spectacle ! Un après-midi à découvrir des métiers d’autrefois, à goûter aux joies de la nature, à écouter des concerts intimistes donnés par de jeunes mélomanes anglais. Et pour finir la soirée Hervé Niquet et son orchestre « Le concert Spitituel » nous a offert un spectacle grandiose qui se termine en apothéose. Tandis que le feux d’artifice éclaire de ses plus beaux atouts la scène, le château, l’eau et l’orchestre, Hector Berlioz jubile dans le ciel des Chambaran. Il a rassemblé en son festival plus de personnes que n’importe quel rock star anglaise. Vive le festival Berlioz !

Claude Muller

Berlioz ose tout

Magnifique surprise mardi 22 août 2017 en soirée à la Côte Saint André. Le Festival Berlioz, en transgressant tous les codes et toutes les conventions, nous a plongé dans l’univers « Heroic and Crazy » (héroïque et fou) de l’artiste. Berlioz ose tout, nous aussi. Avec l’Orchestre Aurora, créé et dirigé par le maestro Nicholas Collon, nous sommes partis à la rencontre de la « Sinfonietta », l’œuvre de jeunesse de Benjamin Britten. Dès les premières notes, nous sommes comme déboussolés par l’enthousiasme de cette musique « rafraîchissante ».
Voir un jeune chef si décontracté et si précis diriger ces dix musiciens avec autant de joie sera la première expérience de la soirée. La découverte de cet opus transgressif sera la seconde. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises.
Lorsque Benedict Nelson prend la baguette presque nu, il nous fait le coup de l’épée pour nous interpréter les « Eight Songs for a Mad King » (Huit chansons pour un roi fou) de Peter Maxwell Davies. Et à notre grande surprise ce fou chantant possède une voix forte et grave qui nous prend aux tripes. Si bien que lorsqu’il se couche au milieu de ses musiciens pour déclamer son délire, l’angoisse monte dans la salle. Est-ce un fou ou un génie ? Lorsqu’il dialogue avec ses oiseaux posés sur la flûte, la clarinette, le violon ou le violoncelle, on pense qu’il est fou mais lorsque sa voix résonne dans la salle, on entend un virtuose. Les percussions rythment ce bal funeste avec force. Le roi est fou lorsqu’il brise son violon au sol, le roi est nu lorsqu’il pleure son jouet, le roi est mort lorsque le silence se fait… mais finalement c’est le roi de la musique qui, tel un phénix, renaît de ses cendres.
Au festival Berlioz, on ose tout, même interpréter la Symphonie « Héroïque » de Ludwig van Beethoven avec l’Orchestre Aurora, fort d’une quarantaine de musiciens. Leur originalité est de jouer sans pupitre, debout et par cœur. Et croyez moi ça change tout. Leur chef Nicholas Collon semble ravi de l’aventure. Il prend un immense plaisir à diriger cet ensemble tel un capitaine à la proue de son navire. Les musiciens répondent au moindre souffle de sa baguette, ils sont disponibles à toutes ses sollicitations, prêts à toutes les nuances de couleur, ils échangent entre les notes des regards complices, ils sourient dans la houle, ils rient lors des changements de cap de l’orchestre… ils naviguent avec bonheur sur ce bateau ivre, comme si cette symphonie, tel un voyage poétique, était composée à la gloire des héros des mers. Les spectateurs ne s’y trompent pas, ils se lèvent sur le pont du navire pour leur réserver une belle ovation. Et pour le remercier, les musiciens se déploient au milieu du public pour donner à chacun un nouvel extrait de cette symphonie. Et là encore, ça change tout, comme si Hector Berlioz observait ce spectacle depuis la vigie du château Louis XI.

Claude Muller