L’envol du Festival Berlioz

Mercredi (21/08/2019) au soir, le violoniste Renaud Capuçon nous a complètement sublimés. En ouverture, son interprétation de « Rêverie et Caprice (op.8) » d’Hector Berlioz était lumineuse. Non seulement elle s’accordait à merveille avec l’Orchestre National de Lyon, mais ses solos transcendaient le public comme jamais. Son corps s’élançait pour accompagner les notes de son violon qui voltigeaient dans la salle.

La connivence avec Kristina Poska, la jeune cheffe d’orchestre, était visible. L’illusion était totale. Dans le concerto « L’Arbre des Songes » d’Henri Dutilleux, le miracle s’est à nouveau reproduit pour notre bonheur. Merci au Festival Berlioz de nous avoir offert ces moments-là. Ils sont précieux.

Claude Muller

Berlioz inaugure son Festival

En ce week-end inaugural du Festival Berlioz, le Roi Hector était partout, son cheval de Troie trônait au milieu du parc Allivet de la Côte-Saint-André. En arrivant, on ne voyait que lui. Chacun voulant monter dans ses entrailles pour prendre de la hauteur et peut être le rencontrer… Il faut dire que la fête était belle. Et Berlioz était partout. Tel un enfant, il était sur un manège tournant au son de l’accordéon, montant à cheval, tirant à l’arc, jouant aux dames ou aux échecs, écoutant des saltimbanques, apprenant à sculpter le bois…et dans la soirée, chacun l’a vu rire et danser le rigaudon. La nuit venue, il était bouche bée devant le feu d’artifice tiré en son honneur… Certains murmurent même qu’il a passé la nuit dans les entrailles du Cheval de Troie pour être aux premières loges afin d’assister à tous les concerts de ce Festival

Claude Muller

Hector Berlioz est vivant

Il parait qu’Hector Berlioz serait décédé il y a 150 ans ! Moi je dis qu’il est toujours vivant, la preuve ? Il est de retour sur ses terres, du Haut Meylan, chez son grand père Nicolas Marmion, là où il a vécu ses premiers émois amoureux avec Estelle, à la Cote Saint André, chez lui, là où les musiques de sa jeunesse résonnent encore dans la campagne. Toute son inspiration, elle vient de là, elle vient des fêtes et bals de son enfance.

Et c’est dans cet univers que le génie de ce 150ème festival, va nous plonger. Nous baignerons dans une ambiance champêtre, là où les « deux ailes de son âme, l’amour et la musique, se sont déployées ». Adolescent, une lecture a beaucoup enflammé son imagination naissante. Tel Ulysse et son cheval de Troie, Berlioz, tel un Roi, s’imaginait conquérir le monde… Plus tard, il en composera un opéra en cinq actes. Nous le fêterons en créant une grande fresque lors de la fête d’ouverture du 150ème festival Berlioz, les 17 et 18 août 2019. En prenant d’assaut sa ville natale avec un cheval de Troie en bois, nous pénètrerons dans cette capitale de la Bièvre. Après un défilé, le feu d’artifice et la grande fête populaire d’ouverture, place à la musique.

Pendant les 15 jours de ce festival, les plus grandes baguettes dirigeront les plus grands orchestres et tous rivaliseront d’audace pour rendre hommage à ce génie de la musique qu’est Hector Berlioz. Il est « incomparable, unique, et inouï », nous raconte Bruno Messina, le directeur de ce festival.

Rendez-vous du 17 août au 1er septembre dans près de 80 manifestations à la Côte Saint André, au parc Allivet, à la ferme du Chuzeau, dans le jardin du musée Berlioz, à l’église, sous les voûtes de la Halle Médiévale et au château Louis XI, pour écouter, voir et chanter Berlioz en compagnie de quelques 1600 artistes…
Claude Muller

Festival Berlioz , que la fête commence.

Pour découvrir et comprendre la musique de ce jeune compositeur, le Festival Berlioz nous a emmené 150 ans en arrière à une Grande Fête des Moissons. Elle nous a plongé dans cette ambiance rurale qui a tant inspiré ce jeune rêveur. C’est au pied du Plateau de Chambaran, au cœur de la plaine de la Bièvre qu’il a puisé la sève qui a nourri, sa vie entière, son imagination. Et c’est là, à Saint Pierre de Bressieux que nous avons découvert le village des Georges Antonin dans lequel ces passionnés d’histoire ont reconstitué pour nous l’ambiance de l’époque, avec ses habitants et commerçants costumés, ses saynètes de la vie quotidienne, ses écoliers et ses artisans au travail…
Ils pétrissent et cuisent le pain, mondent et pressent l’huile de noix, forgent leurs outils, tournent le bois… ses sabotiers, ses couturières, ses vanniers, ses peintres, ses paysans… Et puis, tout naturellement, la fanfare des Violons du Rigodon nous a initié aux danses de l’époque. Partager les métiers d’autrefois, danser et chanter des ritournelles du XIXème nous a baigné dans cette atmosphère campagnarde, source de toute la musique d’Hector Berlioz.
Et comme avec lui, tout fini toujours par une fête éphémère, nous avons pu danser au grand bal « contrebandier » avec les « Corsaires Rouges… » et assister à un feu d’artifice extraordinaire, lancé au creux de cette vallée « fantastique ».
Et maintenant, place à la musique avec un programme, concocté par le maestro Bruno Messina, à la hauteur des 150 ans d’Hector Berlioz.
Claude Muller

Sacré Berlioz

« Sacré Berlioz ! » Ce sont les mots choisis par son directeur, Bruno Messina, pour décrire la nouvelle édition (2018) de ce fantastique festival.
Ce mélomane rajoute avec enthousiasme : » Berlioz est un romantique qui a mis en musique l’amour et la passion comme nul autre avant lui. Berlioz est un visionnaire qui a participé à inventer les festivals, les concerts spectaculaires et l’orchestre moderne. Berlioz est un journaliste, un voyageur, un écrivain, un Européen avant l’heure. Mais Berlioz est aussi un enfant de La Côte-Saint-André qui adorait les fêtes de son village, la célébration des moissons, les sonneries de cloches et les chants des processions… »
Alors, comme promis ce festival commencera par une fête au village. C’est dans cette « vaste plaine, riche, dorée, verdoyante » à la majesté rêveuse, comme l’écrivait si bien Berlioz que s’ouvriront les réjouissances. Suivront quinze jours de concerts de musique sacrée et de sacrées musiques. Quinze jours d’émotions, de fête et de découvertes pour tous, petits et grands, connaisseurs ou curieux.

Quinze jours de passion et de mise en lumière des mots de Berlioz : « l’amour et la musique sont les deux ailes de l’âme ». Le programme est riche, varié, grandiose, populaire, éclectique, joyeux, exigeant… Il vous surprendra tous. Les paysages de la Bièvre s’éclaireront comme par magie, les grands chefs s’enrichiront au contact du public, les musiciens se sublimeront au sein de cette ambiance festive, si bien que nous nous délecterons tous de tant de partage musical.
Et cerise sur le gâteau, comme la ministre de la culture a chargé Bruno Messina de préparer les célébrations du cent-cinquantième anniversaire de la mort d’Hector Berlioz (8 mars 1869), nous serons aux premières loges pour fêter cette année et surtout l’année prochaine, ce compositeur génial…
Claude Muller

Pas un jour sans musique

Pas un jour sans musique, tel est le beau pari lancé par le festival Berlioz en ce 150ème anniversaire de la naissance de son idole. Et pour fêter dignement cet évènement, son directeur, le magicien Bruno Messina avait convié ses aficionados à un concert de Noël. Il en a profité pour lancer l’édition 2018. Elle promet. Comme il pense que son compositeur fétiche était un sacré coquin, elle se nommera donc : « Sacré Berlioz ». Tout un programme avec le fabuleux Requiem joué sur des instruments d’époque, la messe solennelle et surtout la « Damnation de Faust » dirigée par le maestro John Eliot Gardiner, le tout sur la colline magique de…La Côte-Saint-André ! Bruno Messina nous donne ensuite rendez-vous pour une surprise en forme de grande fête populaire chez le poète Paul Claudel, au Château de Brangues
Mais, en attendant ces « heureux évènements », chacun a pu apprécier l’aubade de chants de Noël, jouée sur instruments d’époque par le quintette Nulla Dies Sine Musica. Leurs cuivres savamment entretenus ont donné un air de fanfare populaire à ce concert. Pas de gros sons, mais au contraire, des mélodies douces et presque champêtres avec des airs de J. Wade, C.F.X. Gruber et F. Mendelssohn. C’était beau et romantique à souhait. « Douce nuit » jouée avec des instruments du XIXème devient somptueux. Avec « les anges dans nos campagnes », on se surprend à rêver que l’on est dans un film d’amour… Alors, les musiciens nous racontent l’histoire de leurs instruments. Enfin, ils en jouent, avec élégance et décontraction, ce qui donne à ce concert un air de fête…de Noël. Surtout lorsque « Mon beau sapin » sort des bois pour éblouir cet hiver naissant.
Claude Muller

Berlioz en son écrin

Le festival Berlioz ne génère que du bonheur. C’est parfait, ou plutôt « perfect » car cette année son directeur et magicien Bruno Messina a choisi de nous composer un voyage « so british ». Naturellement, il a entraîné avec lui dans ce festival toute la candeur et la fougue de son compositeur romantique fétiche. Et il s’est installé dans le magnifique écrin du château Louis XI à La Côte Saint André pour nous transporter à Londres. Samedi 19 Août 2017, c’est avec Shakespeare que le maestro Francois Xavier Roth nous a emmené en ce beau voyage. Avec le long poème “To be or not to be”, le comédien Daniel Mesguich s’est chargé, avec tout le talent qu’on lui connaît, de nous narrer cette aventure, le chœur Spirito nous a transporté au sein du palais des expositions Londoniens pour nous chanter ce périple avec une immense joie et le Jeune orchestre Européen Hector Berlioz nous a emporté en cette contrée qui nous a tous tant fait rêver.
En 1848, au cours de son séjour anglais Hector Berlioz avait imaginé ce concert Shakespearien, tant son idôle le sublimait : “Son éclair, en m’ouvrant le ciel de l’art avec un fracas sublime, m’en illumina les plus lointaines profondeurs”. Plus d’un siècle et demi plus tard son festival, le festival Berlioz, a réalisé ce concert et de belle manière. Le spectacle fut tour à tour drôle, joyeux, quelquefois acrobatique, toujours surprenant mais surtout très impressionnant. Dans l’écrin de ce château, le son des instruments d’époque était précis, clair et juste. Le rythme se faisait tour à tour calme et limpide et quand il se déchaînait, il nous transportait en d’immenses envolées poétiques. Les musiciens étaient visiblement aux anges pour nous interpréter ces mélodies. Le maestro François Xavier Roth semblait sur un petit nuage tant il vivait “sa” musique de toute son âme. L’émotion que Berlioz avait ressentie, le public la vivait intensément. La joie de participer à un tel concert se lisait sur les visages comme si elle traversait les rangs des spectateurs. Si bien que lorsque le récitant Daniel Mesguich reprenait la parole pour nous emporter vers un autre voyage, le charme opérait immédiatement dans le public. Finalement, je pense que chacun imaginait qu’Hector Berlioz était revenu dans sa ville natale pour rêver avec nous ce concert magique.
Claude Muller