Musique dans le Grésivaudan, un festival précieux

Nous avons peu d’occasion dans notre belle vallée d’écouter un concert de musique dite « classique ». Pourtant, chaque année depuis 26 ans, c’est un véritable bonheur que de retrouver le festival de « Musique dans le Grésivaudan ». Avec ses airs doux et tendres, il marque toujours l’arrivée des beaux jours. Cette année, du 28 juin au 6 juillet et plus que jamais il mérite que l’on s’y arrête car son programme est de belle facture. Jugez-en plutôt ici Voir, écouter un concert de musique de chambre dans une salle de spectacle, une église ou un espace scénique est une expérience que je vous conseille de vivre. Je suis certain que l’émotion sera au rendez-vous et que vous en sortirez ravis. C’est d’abord le spectacle qui vous impressionnera. Observer un artiste jouer du violon, du piano ou de la clarinette est une aventure étonnante tant elle vous procure de plaisir intérieur.
Dès que vous serez entré dans ce spectacle et que vos yeux en seront émerveillés, votre oreille sera à son tour attirée par les mélodies. C’est là que la magie opérera. Votre rêve pourra commencer. Il vous emportera dans des pays imaginaires que vous seul connaissez. Mais, pour vivre ces moments forts de partage, il faut oser suivre ce chemin artistique et vaincre ses a priori sur la musique classique. Osez faire le premier pas, vous en reviendrez transformé.
Ce festival vous en donne l’opportunité, ne la ratez pas, ça serait dommage…
Claude Muller

Une dernière soirée de rêve sous le chapiteau des Rencontres Brel, à l’ombre du Grand Som

Mercadonegro 1Les Rencontres Brel ont eu la bonne idée de poser un plancher devant la scène. Les danseurs ont pu s’en sont donner à cœur joie pour évoluer dans leur art préféré. Il faut dire qu’ils avaient une chance folle, danser sur des airs imaginés, mis en scène et joués par le meilleur groupe de Salsa du monde n’arrive pas tous les jours.
Mercadonegro 2Les musiciens de Mercadonegro osent tout sur scène pour mettre l’ambiance sud américaine qui est leur essence même. Les Chartroussins apprécient. Ils en en redemandent. Alors les deux chanteurs se lancent et donnent toute leur énergie… Ce tempo les fascine, la salle exulte, la joie d’être là, ensemble sous ce chapiteau se lit sur les visages.. Alors chacun se dit « c’est que du bonheur ». Cela doit ressembler à ça un festival réussi ?
Mercadonegro 3Manu Dibango 1Manu Dibango 3C’est avec une immense ovation que le public accueille les musiciens de Manu Dibango sur cette scène mythique. Ils apportent une belle ambiance sous ce chapiteau, le style est plus plus cool, plus raisonné. Les spectateurs mettent un peu de temps à entrer dans leur blues. Mais ces artistes se lancent dans cette musique comme s’ils voulaient gagner un à un chaque spectateur à leur rythme. C’est alors que le timbre du saxophone de l’artiste fait irruption, la magie opère immédiatement. Nous sommes tous bouche bée devant ce monstre sacré. Pas ou peu d’effet de lumière pour ce grand pro, un son clair et précis, du grand art.
Manu Dibango 4
Le voyage à travers l’univers du jazz peut commencer. Manu peut nous emporter là où il veut avec son sax, toute la salle le suit les yeux fermés. Le plaisir est là, sensible, doux, palpable… Une belle émotion traverse le chapiteau pour cette ultime soirée.


Yuri Buenaventura 1Yuri Buenaventura 6Avec Yuri Buenaventura, l’ambiance change à nouveau du tout au tout. C’est un grand orchestre à la mode Sud Américaine qui nous régale de sa salsa. Deux artistes se démènent devant eux pour donner le tempo. Tous rivalisent de virtuosité pour nous enchanter. Yuri Buenaventura, monté sur pile, dirige son groupe avec une maîtrise totale, attentive au moindre détail, Il met en valeur chaque artiste pour le lancer dans un solo à vous couper le souffle.
Yuri Buenaventura 3 Yuri Buenaventura 4Le répertoire est immense, il puise d’abord dans les airs traditionnels de ce continent puis s’élargit à la musique africaine, « celle qui nous apprend la sagesse », nous raconte Yuri. Puis, il nous donne une belle leçon de Salsa, en faisant se lever et danser la salle toute entière. Un beau moment de connivence. On est heureux…
Yuri Buenaventura 2Puis à la fin de ce concert époustouflant, il rend hommage au peuple français, ce pays qui l’accueille désormais, et qui a souffert dans sa chair. Dans son ode à la France, il parle de la force qui nous réunit face à la barbarie et prend exemple sur Jacques Brel pour nous faire partager ce sentiment de respect. Il se lance dans « Ne me quitte pas, comme s’il voulait nous faire passe un message. La salle lui répond que jamais elle n’oubliera le Grand Jacques, sous le Grand Son.
Claude Muller

Dick Annegarn, un troubadour en Chartreuse

Dick Annegarn reveurTel Jacques Brel à ses débuts, Dick Annegarn entonne son aubade en chantant a cappella, comme s’il était dans la rue. Et pourtant, nous sommes ailleurs…dans l’église de Saint Hugues de Chartreuse, la « Chapelle Sixtine » d’Arcabas, mais chut..il ne faut pas lui dire… c’est elle qui accueille son concert.
Dick Annegarn guitaristeCe poète manie humour et auto dérision pour mieux nous séduire avant d’entonner le voyage qu’il nous décrit comme le rêve de Raphaël, pas le chanteur, le peintre… « A chacun sa route, à chacun son tracé, à chacun ses flots… ». Le troubadour Dick Annegarn se révèle musicien de talent, compositeur de génie pour nous distiller ses notes, à travers cet espace sacré, sur sa guitare, son piano ou son bandonéon.

Dick Annegarn bandonéonIl se fait acteur, conteur et amoureux pour nous emporter avec le Grand Jacques sur la grande place de Bruxelles. Il nous partage ses rêves et nous conte des histoires extraordinaires qui nous transportent tantôt en pays Berbère, tantôt en hiver sur un vaisseau échoué, tantôt sur un paquebot au milieu de la montagne… ailleurs, vers nos songes…
public St HuguesClaude Muller

Salut aux Rencontres Brel, bonjour Le Grand Son

Le Grand Son Ce festival cher au cœur de la Chartreuse a choisi son nouveau nom, ce sera Le Grand Son.

Mais, rassurez vous ce grand rendez-vous estival avec la fête autour de la musique conserve son identité, celle de nous faire partager des moments heureux autour de la chanson.

C’est une évolution, pas une révolution. Jacques Brel est toujours là et ce festival garde toutes ses valeurs.

Sa programmation reste éclectique en évoluant au fil du temps vers des musiques actuelles.

La fête reste animée par plus de 300 bénévoles qui se regroupent autour de commissions thématiques. Cet écofestival à la montagne respecte plus que jamais son environnement en cultivant son « jardin »: tri sélectif, gobelets et assiettes récupérables, toilettes sèches sont les exemples visibles de sa démarche public nuitéco-responsable. L’accessibilité à tous restent une priorité. Colonnes vibrantes pour les mal entendants, rampe prioritaire donnant accès à une plate-forme handicapés. Tout est fait pour accompagner tous et toutes vers la rencontre avec le spectacle. Ce festival garde une dimension humaine en accueillant chaque soir 4500 personnes dans son enceinte et pas plus de 3000 deguisementpersonnes sous son chapiteau. Il propose à tous chaque soir 3 espaces scéniques, le chapiteau, l’église de Saint Hugues de Chartreuse et une scène découverte, libre et gratuite. Tout cela sans compter tous les spectacles off et les « after » qui se multiplient dans les salles, bars et commerces du village. Les « endimanchés » prennent le relais en fin de semaine dans les rues de Saint Pierre pour clore ce festival dans la joie et la bonne humeur et partager la fête avec tous les chartrousins. Sans oublier les stages et ateliers participatifs qui repasaccueillent chaque année plus de 100 jeunes. Ils se forment ainsi aux média, aux plantes et aux arts plastiques et deviendront sûrement les organisateurs de demain. Je ne vous ai pas parlé des paysans de Chartreuse qui proposent chaque soir aux festivaliers des repas sains, festifs et inventifs composés avec leur productions locales. Un autre aspect de ce festival prend de l’importance au fil des ans, c’est le village d’entreprises. Avec sa formule d’accueil « spécifique », il reçoit maintenant plus de 30 partenaires dans des conditions chaleureuses. Mais le « Grand Son », producteursoutre la référence aux montagnes locales, ne serait pas mérité sans un travail particulier sur la qualité sonore de ce festival. Chacun sait que le son se perd en de multiples rebonds sous un chapiteau. C’est pour palier à cet inconvénient que handicapdepuis de longues années le festival travaille tout particulièrement cet aspect du spectacle vivant. Aujourd’hui, il respecte un cahier des charges très contraignant imposé par arrêté municipal en adoptant les normes acoustiques suisses. C’est tout vous dire !

Claude Muller

Un triomphe pour le Te Deum de Berlioz dans le Théâtre Antique de Vienne

 Te Deum

Les choristes du Grand Chœur de Spirito et le jeune Orchestre Européen Hector Berlioz sur la scène du Théâtre Antique de Vienne
Les choristes du Grand Chœur de Spirito et le jeune Orchestre Européen Hector Berlioz sur la scène du Théâtre Antique de Vienne

Moments éphémères, instants privilégiés, plaisirs éternels, les quelques 7000 spectateurs du Théâtre Antique de Vienne sont au comble du bonheur. Tous ont le sentiment d’assister à un concert extraordinaire. Il faut dire que choristes, musiciens, chef de chœur et même chef d’orchestre ont tout donné (lire l’interview de Nicole Corti) pour transformer ce projet grandiose (voir la Générale) en un concert inoubliable.
Theatre antiqueorchestre11

Dès les premières notes, la baguette du maestro Francois-Xavier Roth donne le tempo de la soirée, elle sera généreuse.

orchestre 11Les 120 musiciens du Jeune Orchestre Européen Hector Berlioz entament cette œuvre avec enthousiasme. Leurs instruments d’époque sonnent à merveille au sein de cette enceinte féerique.
choeur 11
Quand les 250 chanteurs du Grand Chœur de Spirito se lancent à leur tour, le public prend conscience de l’ampleur de l’événement. Tous vibrent d’émotion à l’unisson. Le Théâtre Antique est comme bouleversé. Chacun sent la musique le saisir.

Ce Te Deum est extraordinaire, il pénètre chaque spectateur au plus profond de son être pour emplir son corps jusque dans son âme.

choeur 31Mais, la soirée ne fait que commencer. Hector Berlioz l’a rêvé avec les voix claires de 400 jeunes choristes. Lorsqu’ils chantent à leur tour, l’air du soir se fige sur Vienne… sensations intenses, plénitudes des sens… l’instant est bouleversant.

chef 11Puis le Te Deum poursuit son chemin d’émotions. Lorsque tous les artistes jouent et chantent ensemble des frissons parcourent la scène et gagnent le public comme par enchantement.

Chacun prend alors conscience qu’il partage ce sentiment d’allégresse avec tous les spectateurs du site. orchestre31C’est la force de cette œuvre, elle est capable d’enthousiasmer une foule entière.

C’est aussi la force de ce concert grandiose, il emporte au ciel tous les spectateurs du Théâtre Antique de Vienne.

C’est l’énergie de cet événement.
public
Chaque année, il transporte tous ses festivaliers vers des espaces insoupçonnés. La musique de Berlioz et en particulier son Te Deum resteront gravés dans leur cœur encore très longtemps.

orchestre finClaude Muller

Le Te Deum dont rêvait Hector Berlioz

Festival BerliozLe 21 août 2015, le festival Berlioz investit le Théâtre antique de Vienne pour un concert grandiose. Au cours de cette soirée, présentée par Frédéric Lodéon, le Jeune Orchestre Européen Hector Berlioz composé de 120 musiciens et placé sous la baguette du maestro Francois-Xavier Roth, les Grands Chœurs d’adultes composés 250 chanteurs,  fruit du partenariat privilégié entre Spirito et l’AIDA et près de 600 petits chanteurs de l’Isère vous interpréteront le monumental Te Deum, tel que le rêvait le célèbre compositeur romantique.
Nicole Corti et Claude Muller
Pour vous présenter cette soirée de gala, j’ai rencontré
la chef de chœur Nicole Corti.
A travers ses réponses, j’espère qu’elle vous transmettra son enthousiasme et qu’ainsi vous viendrez assister à ce fabuleux concert.

Il promet d’être mémorable…

François-Xavier Roth– Vous allez réaliser le rêve de Berlioz en interprétant son fameux Te Deum ?
Je vais vraisemblablement y contribuer, mais je ne serai pas toute seule. Il y aura un immense orchestre, un chef, des chœurs d’enfants, des chœurs d’adultes… et c’est tous ensemble que l’on va interpréter son œuvre. Je ne sais pas si ce sera un rêve, mais ce sera en tout cas une vision, sa vision de l’œuvre.

– Sa vision ?
Quand un compositeur écrit, il a des visions. C’est à dire qu’il voit à la fois le son, l’image et les acteurs jouant son œuvre… je pense que c’était le cas de Berlioz, il voit l’ensemble des acteurs musiciens qui feront converger leurs énergies au service de sa création. Une œuvre, c’est de l’énergie humaine.

Hector Berlioz– Berlioz, tout seul devant son piano, imaginait tout ça ?
Oui, bien sûr, il faut savoir que c’était un excellent orchestrateur. Il associait très bien tous les instruments et écrivait magnifiquement pour les voix. Quand il imaginait deux voix ensemble et que subitement, il faisait arriver le Tutti des voix, cela avait vraiment une force pour lui. C’était un compositeur qui alternait les instants d’immense intimité et des moments spectaculaires, au sens solennel du terme. Il aimait le magistral.
Theatre antique de Vienne– Dans le théâtre antique de Vienne, ce concert va forcement acquérir une dimension monumentale ?
On pourrait dire que ce sera une grande fresque. Le texte du Te Deum est un texte de louange, de glorification d’autant plus puissant qu’il est porté par le plus grand nombre selon la pensée de Berlioz.

– A Vienne, on va glorifier qui ?
Le compositeur, la musique, la foi peut être (c’est l’affaire de chacun…) mais surtout l’enthousiasme, la jubilation. En tout cas, chacun éprouvera un sentiment de l’ordre de la reliance. La musique de Berlioz, c’est une musique qui transporte, qui vous entraîne vers des pensées subtiles. Les mélodies sont très belles car elles parlent à l’esprit des musiciens et à l’âme du public.
Nicole Corti – Ce sera aussi un grand spectacle ?
Pour moi ce sera avant tout un concert, c’est à dire que l’audition aura la primauté sur le visuel. Dans un concert, chacun est porteur d’énergie. Il y aura 250 choristes, donc 250 sources sonores qui seront autant de vecteurs de transmission d’énergie. La façon dont les spectateurs recevront ces énergies comptera aussi beaucoup. Un échange, c’est l’affaire de ceux qui proposent mais aussi de ceux qui écoutent.

Nicole Corti– Le public aura donc aussi un grand rôle ?
L’écoute du public sera essentielle. L’action, on peut la vivre en la faisant, mais on peut aussi la vivre en l’écoutant et en la regardant. Le public sera donc un formidable facteur de développement d’énergie.

– Ce concert ce sera surtout un moment rare ?
Tant de monde autour d’une œuvre, ce sera forcément un moment rare. Ce qui sera très beau aussi sera de voir comment les enfants interviendront. Ils apporteront un espace formidable avec leurs voix spontanées. Le Te Deum est une œuvre attachante parce qu’elle est directe.

Nicole Corti– Ce sera un grand moment ?
Tout sera grandiose à Vienne. Il y aura de l’attrait partout, la grandeur de l’œuvre, la largesse des lieux, la solennité de l’instant et la générosité sonore. Il faut de la générosité pour chanter cette œuvre.

– Pensez-vous que Berlioz sera aussi à Vienne ?
J’espère ! En même temps, je pense aussi qu’il y a un moment où le compositeur doit abandonner son œuvre. Mais, de tout façon, son esprit sera là !

Propos recueillis par Claude Muller

Le bon cru des 28èmes Rencontres Brel

Rencontres Brel 2015Le cru des 28èmes Rencontres Brel est un des meilleurs que je n’ai jamais vu. Il était à la fois varié, beau et original mais surtout, il était généreux. C’est, à mon sens, la première qualité que l’on peut demander à ces Rencontres. Il nous prouvé qu’il était devenu un vrai, un pur et même un grand festival. Je crois que l’on peut même dire que cette année les quelques 300 bénévoles qui œuvrent à sa réussite lui ont donné ses lettres de noblesse… et surtout cet événement a réussi à grandir sans perdre son âme…

Pour fêter cet événement, je vous propose une petite rétro des spectacles 2015…

Vive les Rencontres Brel 2015
http://claudemuller.blog.lemonde.fr/?p=7129

Les Rencontres Brel, c’est aussi…
http://claudemuller.blog.lemonde.fr/?p=7171

Rencontres Brel 2015, une première soirée enflammée http://claudemuller.blog.lemonde.fr/?p=7192

Le meilleur de la contrebasse, pour un voyage sans frontière http://claudemuller.blog.lemonde.fr/?p=7205

Fauve ≠, un tableau en perpétuel mouvement http://claudemuller.blog.lemonde.fr/?p=7213

Barrio Populo, vous connaissez ?
http://claudemuller.blog.lemonde.fr/?p=7265

I.S.L.A, comme…Idéale, Superbe, Légère, Amoureuse… http://claudemuller.blog.lemonde.fr/?p=7256

Le poète a dit la vérité…
http://claudemuller.blog.lemonde.fr/?p=7237

Bénabar, un artiste populaire sous le chapiteau des Rencontres Brel http://claudemuller.blog.lemonde.fr/?p=7285

Cats on Trees donne le ton des Rencontres Brel http://claudemuller.blog.lemonde.fr/?p=7303

Brigitte, sur la scène de Saint Pierre de Chartreuse http://claudemuller.blog.lemonde.fr/?p=7297

Et comme à Saint Pierre de Chartreuse, tout fini par une fête populaire, voici quelques images des Endimanchés …
endimanchésClaude Muller