L’aventure de la Romanche, un patrimoine plein d’énergie en Oisans

La Romanche, cette vallée quelque peu austère est située entre Grenoble et le col du Lautaret. Elle possède, paradoxalement, une histoire extraordinaire grâce aux montagnards qui la peuplent et à l’eau qui court au fond de sa gorge. En empruntant sa route pour nous rendre dans les stations de sport d’hiver, dans le Queyras, la Vallouise ou à Névache, nous ne prenons absolument pas garde à sa richesse « cachée ». Sauf Anne Cayol-Gerin. Cette historienne y pose son baluchon en 2007 et depuis elle ne cesse de la parcourir pour découvrir son patrimoine.

Elle nous le fait partager dans un beau livre (Editions Glénat) plein de malices et de surprises. En sept tableaux, vous y découvrirez comment, tout au long de son histoire et dans une extraordinaire épopée, l’homme a dompté la force motrice de l’eau pour la transformer en énergie.

Le cours de la Romanche est canalisé, forcé, emmagasiné…puis libéré pour donner naissance à de nombreuses productions industrielles. Elles vont de l’hydroélectricité à l’électrométallurgie en passant par l’électrochimie et demain, avec le silicium, vers les nanotechnologies.


Pas un mètre de la force de cette rivière n’est perdu, si bien qu’aujourd’hui ses six centrales et ses cinq barrages vont être remplacés par un extraordinaire aménagement souterrain de dix kilomètres de long.
Tout le monde y gagnera. EDF qui turbinera plus d’énergie, le paysage de cette vallée qui sera embelli et sa population qui sera heureuse car elle reste très attachée à ce territoire de montagne.
Claude Muller

Un café littéraire ou un café histoire ?

Notre prochain café, le 44ème, sera-t-il un café littéraire ou un café histoire ? Ce sera en tout cas un café inédit tant les passionnantes aventures d’Alfred et Henry Fredet dans le Grésivaudan sont largement méconnues du plus grand nombre. Éric Robert vous racontera cette grandiose épopée industrielle. Elle a largement façonné notre vallée, depuis Brignoud, là où ils avaient installé leur papeterie, mais aussi à Froges, Villard-Bonnot, Tencin, Pontcharra, Allevard, La Ferrière, jusqu’à la vallée de la Romanche avec le barrage du Chambon et le plateau des Petites Roches avec ses sanatoriums et son funiculaire… Notre auteur, qui a écrit ce livre à la demande du Grésivaudan, répondra bien sûr à toutes les questions que cette aventure vous inspire…
Claude Muller

Qui étaient Alfred et Henry Fredet ?

Lorsque l’on pose cette question aux habitants de la vallée du Grésivaudan, on n’obtient pas ou peu de réponse. Et pourtant, ce pays doit beaucoup à ces deux personnages. Comme chacun le sait : « c’est en connaissant notre passé que nous pourrons nous dessiner un avenir ».  Fort de cet adage, la communauté de communes Le Grésivaudan a décidé qu’il était urgent de vous raconter les vies et œuvres de ces deux industriels pour que nous soyons collectivement en mesure de nous imaginer un futur. C’est toute l’ambition du livre d’Éric Robert « Alfred et Henry Fredet ». S’il a sous-titré son ouvrage « Une épopée industrielle en Isère 1864-1942 », c’est pour nous situer d’emblée l’enjeu de cette époque. En effet, la fin du 19ème siècle et le début du 20ème marquent les prémices du développement économique de notre vallée. Et ces deux inventeurs joueront un rôle majeur dans cette révolution industrielle. Le père, Alfred Fredet est ingénieur. Il est l’un des premiers à avoir compris la force que l’on pourrait tirer des chutes d’eau descendant de la montagne. Tel Aristide Bergès, il a imaginé et construit, après moultes recherches et aventures, une râperie et une papeterie aux pieds de sa conduite forcée. C’est à Brignoud qu’il a finalement installé ses ateliers. Le succès étant au rendez-vous, il s’est impliqué fortement dans le développement de ce qui n’était au départ qu’un hameau.

Son fils, Henri Fredet prendra sa succession tout en diversifiant ses activités. Lui a compris, à son tour, toute la force que l’on pourrait tirer de l’hydroélectricité. Ainsi, il créera un groupe industriel très diversifié. Il conçoit une centrale électrique sur Le Breda à la Ferrière d’Allevard et construit une ligne à haute tension pour alimenter sa papeterie de Brignoud. On lui doit entre-autres les usines d’électrochimie et d’électrométallurgie de Brignoud. Au fil du temps et des alliances, elles s’appelleront Fredet Kuhlmann, puis Pechiney Ugine Kuhlmann, puis Atochem et enfin ATO. Il créera une centrale électrique à Tencin et un immense Atelier de réparation de wagons, toujours à Brignoud. En quête d’énergie, il se lance dans le projet pharaonique du Barrage du Chambon pour créer une centrale hydroélectrique dans la vallée de la Romanche. A la demande de l’UIMM (Union des Industries Métallurgiques et Minières) pour soigner ses employés atteints de tuberculose, il est à l’initiative de la construction de sanatoriums sur le plateau des Petites Roches. Pour cela, il conçoit le funiculaire de Saint Hilaire du Touvet. Comme son père, il s’implique aussi fortement dans le développement de la vallée. Il construit de nombreux logements, des cités-jardins, des maisons ouvrières, des maisons d’ingénieurs et participe à la création de groupes scolaires et à l’édification de l’église de Brignoud… Mais malheureusement, son empire industriel s’effondrera lors de la crise des années 1930, ce qui explique peut-être que l’on a oublié ces deux personnages.

Brignoud vers 1900

Pour écrire ce livre, Éric Robert a bénéficié des archives complètes des descendants de la famille Fredet. Il a su exploiter à merveille cette riche iconographie pour créer un livre très complet, très beau et surtout très riche. Très agréable à lire, il se présente un peu comme une bande dessinée illustrée. Grâce à cette mise en page astucieuse, on se retrouve facilement dans cette époque marquée par une grande inventivité mais aussi par une grande fragilité due aux guerres et conflits mondiaux. En tout cas, ce livre va permettre à nombre d’habitants de la vallée de mieux comprendre et partager leur histoire commune et peut être aussi de mieux saisir l’évolution du paysage du Grésivaudan.
Claude Muller

Brignoud vers 1950

Un voyage dans l’astronomie sombre : celle des trous noirs et de la matière noire

Gérard Muller continue à explorer toutes les possibilités offertes par le roman policier scientifique. Après « L’âme de la fontaine étourdie », qui a emmené ses lecteurs dans les arcanes de l’âme humaine et de la physique quantique, il propose avec son nouveau roman, « Le soleil noir de Tenerife » (publié aux éditions Lazare et Capucine), un voyage dans le domaine des trous noirs et de la matière noire. Deux phénomènes qui restent très mystérieux pour les astrophysiciens.

Les trous noirs, ces concentrations de matière dont rien ne sort, pas même la lumière, font fantasmer l’humanité depuis qu’Einstein en a découvert le concept. Présents au centre de chaque galaxie, ils peuvent posséder la masse de plusieurs millions de soleils, et attirent toute matière qui aurait l’audace de s’en approcher. Ils présentent en outre d’autres singularités comme une dilatation du temps inimaginable et peuvent même, selon Stephen Hawking, permettre un passage vers d’autres univers.

La matière noire, appelée ainsi car elle est invisible par tous nos détecteurs hertziens, représente plus de six fois la masse visible dans l’univers. Aujourd’hui, personne n’en connaît l’origine ni la composition. Nous en voyons les effets tous les jours dans le cosmos, grâce aux lentilles gravitationnelles et à l’étude de la stabilité des galaxies, mais la communauté scientifique se perd en conjectures sur les particules qui la composent.

Afin de permettre au lecteur d’explorer ces concepts, avec une approche romanesque, Gérard Muller a imaginé le scénario suivant : Fernando, spécialiste du soleil, scrute son astre favori tous les jours à l’aide du grand télescope de Tenerife (observatoire du Teide). Un beau matin, il y aperçoit une tache noire en son centre. Après avoir vérifié le bon fonctionnement de son instrument, il doit se rendre à l’évidence : la tâche est bel et bien présente. S’agit-il d’un astéroïde, d’un satellite, d’un trou noir ou de la matière noire ?

Il a alors l’intuition qu’il pourrait s’agir d’une manifestation de la matière noire. Avec sa stagiaire Monica, il contacte l’observatoire d’Hawaï qui confirme bien la réalité de cette tache. Les Américains ne croient pas du tout à de la matière noire, et toutes les observations semblent bien infirmer cette hypothèse. Toutefois, ils vont tenter de mettre l’équipe canarienne sur de fausses pistes, ce qui renforce l’idée qu’il pourrait s’agir d’un phénomène aussi mystérieux qu’important.

Fernando fait alors venir son amant qui est aussi astrophysicien et, à l’aide d’un soi-disant thésard chinois, ils vont s’évertuer à trouver l’origine de cette tâche. Au bout de quelques semaines, le Chinois donne à ses collègues la solution qui implique des considérations politiques et stratégiques. Il leur propose alors un deal, en échange de leur silence.

L’équipe de Fernando accepte le deal après quelques hésitations, et en réponse, le pseudo-thésard chinois, en fait un des pontes de l’astrophysique de Pékin, leur livre une partie de ses travaux : à savoir que les trous noirs seraient beaucoup plus massifs que prévu et qu’ils renfermeraient en fait la matière noire que tout le monde recherche. Fernando continue à avoir des doutes sur cette hypothèse (qui voudrait que les galaxies s’écroulent sur leur trou noir central), et va émettre l’hypothèse qu’en fait, la matière noire viendrait d’autres univers qui déverseraient leur matière dans les trous noirs (qui seraient des ponts entre les différents univers. Hypothèse Stephen Hawking). Cette hypothèse est-elle vérifiée ? Le lecteur le saura à la fin du livre au style fluide, vivant et facile à lire. Une façon amusante d’entrer dans le monde de l’astrophysique en utilisant les techniques du roman policier.

Claude Muller

Même pas peur ?

Pourquoi faire l’Éloge de la peur ? (Paru aux Éditions Paulsen) Quel paradoxe ? Dans son livre Gérard Guerrier part à la rencontre des sportifs de l’extrême pour leur poser une question toute simple : Avez-vous peur ? La réponse est toujours oui…mais… C’est dans ce « mais » que se trouve la réponse à la question sous-jacente : pourquoi vous lancez-vous tous ces défis, si vous avez peur ? Vous nous dites tous que vous vous préparez consciencieusement, tant moralement que physiquement, à affronter le danger et que vous prenez le minimum de risque.  La solution appartient aux limites de chacun. Vous trouverez toutes leurs réactions dans ce livre, y compris des réponses très personnelles. C’est, je pense, tout l’intérêt de cet ouvrage.
Je crois aussi que j’ai trouvé ma motivation et peut être celle de Gérard Guerrier entre les lignes de ce livre. Quand il fait le parallèle entre l’écriture « extrême » et la pratique du sport « extrême », il parle d’instants de plaisir. Quand le stylo « écrit tout seul » l’intrigue de son roman et quand on grimpe en solitaire une face ardue, c’est le même plaisir. Je revoie la joie des personnages du polar d’Yves Ballu dans Mourir à Chamonix quand ils montent les Drus au rythme d’une musique de Bach. Je n’ai jamais escaladé une montagne, mais j’ai ressenti cette sensation de félicité en racontant une fiction, sortie de mon imagination. Et je sais que ressentir cette émotion intense est très « jouissif ». Elle demande en tout cas beaucoup de « sueur » à taper sur son clavier, avant d’arriver à la ressentir. C’est sûrement ce que recherche aussi l’auteur de ce livre. Lui connait le plaisir d’affronter le danger « extrême » et, en écrivant ses livres, Gérard Guerrier est constamment à la recherche de cette même sensation pour pouvoir la partager…pour notre plus grand plaisir.

Claude Muller

Autour du Mont-Blanc en Images

Carnet d’un peintre autour du Mont-Blanc

Qui n’a pas imaginé randonner autour du Mont Blanc pour le voir sous toutes ses faces ? Marie Paule Roc vous propose de réaliser ce rêve à sa manière, tout en images. Avec elle, vous découvrirez les somptueux paysages de son carnet de bord. Il est constitué de 64 aquarelles peintes tout en finesse.

Je vous avais déjà présenté son travail dans Peinture en Montagne, mais aujourd’hui, c’est un autre voyage auquel elle vous invite. Dans son nouvel album, vous partirez du Brévent pour vous rendre sur les rives du somptueux Lac Blanc. Depuis ce belvédère, vous observerez toute la chaine du Mont Blanc. En réalité, c’est un paysage inoubliable qui s’offrira à vous. Dans ces aquarelles, il devient fantastique. Puis, d’étapes en refuges, vous irez sur la mer de glace, face aux Drus, et là vous succomberez devant ce spectacle mythique.

Au fil des pages, lacs, montagnes, vallées, chalets, fleurs, marmottes… toutes ces images bucoliques vous émerveilleront par leur beauté magique. Vous franchirez les frontières Italiennes et Suisses sans frémir tant vous serez sous le charme de ces dessins mirifiques.  Son pinceau se fait léger quand il rencontre tantôt un épilobe, tantôt un lac de montagne.

Là, c’est une chapelle qui la séduit, elle s’anime, le village s’égaye. Ici le glacier brille et les sommets chantent.

Ils semblent tous se réjouir d’apparaitre sous la plume ensoleillée de cette artiste.

††Claude Muller

Le 43ème Café Littéraire du Grésivaudan : « Berlioz » par Bruno Messina

Bruno Messina est un passionné. Directeur du Festival Berlioz, il est avant tout un musicien. Mais c’est surtout un orateur formidable, admirateur de l’œuvre d’Hector Berlioz. Dans son livre, Berlioz paru aux éditions Actes Sud, il nous brosse le portrait de l’homme, de l’aventurier, du tortueux et du génial compositeur qui nous a légué des opéras, cinq symphonies et de très nombreuses autres musiques de chambre. Cet été, pour les deux semaines du festival, Bruno Messina a programmé les plus grands chefs d’orchestre berlioziens. Fin août, quelques 1600 musiciens se succéderont sur la scène du festival pour nous proposer ces chefs d’œuvre romantiques. Et pour fêter dignement les 150 ans de la mort de ce compositeur, tout commencera par une fête grandiose dans les rues de la Côte Saint André, comme Berlioz en rêvait dans sa jeunesse. Un cheval de Troie de six mètres de haut mènera le cortège de la ville jusqu’au Château Louis XI dans lequel sera joué « Les Troyens », sa dernière grande œuvre. C’est au cours du café littéraire du 28 mai 2019 à 18h 30 à la Médiathèque de Crolles que Bruno Messina nous racontera la vie tumultueuse de Berlioz allant de Paris à Londres et de Moscou à Rome. Voir mon Blog. Mais savez-vous que tout a commencé dans le Grésivaudan à la recherche de sa muse…
Claude Muller

Affiche café