Des stages comme des images, aux Rencontres Brel

Les Rencontres Brel ont l’intelligence de proposer des stages aux acteurs de demain. Ainsi, pendant toute la durée de cet écofestival à la montagne bon nombre d’enfants de la balle peuvent découvrir les joies et les rêves des métiers du spectacle. De leur côté, les touristes, festivaliers, artistes, musiciens, bénévoles et autochtones profitent de leurs spectacles souvent improvisés, des fois colorés et toujours pimentés aux saveurs de leurs imaginations.


Les passants déambulant dans les rues de Saint Pierre de Chartreuse voient quelques fois débarquer une dizaine de jeunes les gratifiant d’une splendide sculpture humaine. Tous les mobiliers urbains, fontaine du village, trottoir, escalier sont ainsi « décorés » par ces acteurs éphémères…
Les promeneurs voient débarquer des jeunes reporters. Micro en main et casque sur les oreilles ils partent à la recherche de sons dans la nature. Gageons que le contenu de leur besace sonore nous émerveillera.
Ce sont les artistes qui sont les premiers interloqués lorsqu’ils voient arriver des intervieweurs en culotte courte. Et ce sont tous les festivaliers, qui en attendant d’entrer dans le chapiteau, peuvent lire dans « l’Express », la prose de ces journalistes en herbe.

Imaginez la surprise de nombreux spectateurs lorsque de jeunes photographes saisissent un instant de leur voyage musical à St Pierre. Ils se voient déjà sur l’expo photos que les artistes en devenir concoctent dans leur studio.

Danser maintenant pour découvrir l’art de la marionnette, c’est la vie du festivalier qui vous l’annonce.

Toutes ces expressions artistiques alimentent de belles performance en fin de festival. Mais pas que…
Je suis prêt à parier que demain, ces jeunes stagiaires monteront à leur tour sur les planches du festival. Et je suis sûr que ce sont eux qui demain prendront les rennes de cet écofestival à la montagne.

Claude Muller

@journaliste et écrivain
http://claudemuller.blog.lemonde.fr/

 

Les mots d’Amour de Jane Birkin aux 26ème Rencontres Brel

A sa grande surprise, comme à la nôtre Jane Birkin a offert un formidable final à ces 26eme Rencontres Brel. Elle était là comme pour faire une date de plus dans sa tournée. Le public était venu presque par hasard. Effectivement, elle entâme son concert comme elle en a l’habitude. Ses extraordinaires musiciens, ceux qu’elle a rencontrés au Japon, distillent les musiques de Serge Gainsbourg avec talent. Elle chante ses romances avec son charisme habituel. « J’ai eu le meilleur de Serge ». Tout se passe à merveille. Puis elle s’aperçoit petit à petit que le courant passe heureusement avec la salle. Alors, elle ose quelques bons mots, elle se lâche un peu. Comme elle l’avait prévu, elle traverse la salle en chantant, monte jusqu’aux gradins du fond du chapiteau, embrasse au passage quelques enfants… puis remonte sur scène.
Je crois que c’est à ce moment là que tout a basculé. Que le public l’a définitivement adoptée et qu’elle est tombée sous son charme. Dès lors plus rien ne se passe comme prévu dans son tour de chant. Les spectateurs entame ses chansons sans l’avertir, tapent des mains dès que le rythme de ses musiques le permet, leurs applaudissement deviennent enthousiastes. Ils manifestent leur ferveur avec bonheur.
Alors Jane tombe amoureuse de ce public et le lui dit à sa manière, en chanson. Elle se fait gentille, douce, presque câline. Elle choisit des mots tendres pour lui parler. La présentation de ses musiciens tourne au délire. Le public réserve une broncha à sa violoncelliste. Elle parle de son pianiste avec chaleur. Elle distille maintenant des mots tendres à son public. Elle le remercie de sa curiosité. « Vous allez sauver le monde ». Quand vient l’heure des rappels, la ferveur est à son comble. Mais elle reste douce, sereine à la manière de Jane et de ces 26ème Rencontres Brel. Elle a des mots d’amour pour les bénévoles qui l’ont reçue dans cette montagne. Chacun se rend compte qu’elle incarne à merveille ce festival. Comme pour le lui prouver, elle se lance dans sa chanson fétiche avec fougue. « La gadoue, la gadoue, la gadoue… » reprise par une salle en délire. Tout le monde est debout, chante, danse, exulte comme si cet instant était éternel.  Mais, il faut savoir finir un spectacle. Alors, elle choisit ce moment pour rendre hommage à Guy Becle-Berland, son président en partance. Elle le fait avec tant de sincérité que les larmes coulent sur de nombreux visages. Je crois bien que le sien aussi. Émotion. Sentiments partagés. Bonheur du spectacle vivant…

Claude Muller

@journaliste et écrivain
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HK & les Saltimbanks aux Rencontres Brel, ça a de la gueule

 

Lorsque HK & les Saltimbanks inventent une version Rap d’Amsterdam de Jacques Brel, ça a de la gueule.
Lorsque HK & les Saltimbanks rendent hommage à Stéphane Hessel en inventant leur version d’Indignez-vous et surtout en l’interprétant avec les sourds de la chorale Chantsignes de Chambéry, ça a de la gueule.

Lorsque HK & les Saltimbanks interprètent leur version d’On ne lâche rien, ça a de la gueule.

Claude Muller

@journaliste et écrivain
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Rencontres Brel – Une soirée généreuse avec Tryo


Sous le nom de Tryo se cachent quatre saltimbanques de talent. Jeudi soir, Mali, Manu, Guizmo et Daniel ont conquis les quelques 2500 spectateurs de cette soirée généreuse, toutes générations confondues. Impressionnant.


Les très jeunes s’étaient massés au premier rang et plus on avançait dans la salle, plus l’âge des spectateurs avançait. Mais tous reprenaient en chœur les refrains de Tryo car leurs petites ritournelles sonnaient à toutes les oreilles :

C’est l’hymne de nos campagnes
De nos rivières, de nos montagnes
De la vie man, du monde animal
Crie-le bien fort, use tes cordes vocales !


Tous tapaient dans leurs mains à la moindre sollicitation des chanteurs. Tous riaient, chantaient, dansaient… et tous les cœurs battaient aux rythmes de leurs rengaines. Le groupe Tryo étant aux anges, car eux aussi chantent ensemble. C’est même leur « marque de fabrique ». Un autre trait qui les caractérise, c’est l’humour. Un humour trempé de dérision sur l’actualité du moment. C’est toujours drôle mais cela donne parfois du grand n’importe quoi surtout quand DSK et Frigide Fardot en prennent plein leurs musettes….



Mais Tryo, c’est aussi un groupe engagé dans des combats du quotidien, à l’image de Ladilafé
Cette chanson elle est pour toi
Pour ceux qui regardent le ciel
Bravant la douleur et le froid
Le compte à rebours éternel

ou avec
Greenwashing

on veut du green, green, green, green, green, green washing
c’est nous les as les pinnochio du marketing


Je crois que cette soirée restera longtemps gravée dans les mémoires des Chartrousins car Tryo a su créer cette ambiance chaleureuse qui sied à nos montagnes. Je pense même que ce festival a été créé pour accueillir des soirées comme celle là :
Généreuses, rassembleuses et rieuses.
J’ai bien cru que Tryo n’arriverait pas à sortir de scène tant le public les demandait et redemandait. Alors, ce concert ne pouvait se clore qu’avec des mots d’amour…

Claude Muller

@journaliste et écrivain
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