Café littéraire du Grésivaudan avec Alain Spalanzani

Un café sciences ? un café littéraire ? ou un café historique ? Ce sera tout cela à la fois, mais aussi un café économique tant le livre  d’Alain Spalanzani est complet. Il nous pose une question essentielle pour notre devenir : est-ce que le célèbre triptyque Grenoblois « Université, Recherche et Industrie » fonctionne toujours ? » Son auteur nous montre qu’avec le temps, il a été supplanté avec bonheur par la notion de fabrique à « startups ». Mais, est-ce la bonne solution ? Pour répondre et essayer de comprendre cette symbiose, l’historien cèdera la place à l’économiste. Dans ce livre, il décrit très précisément tous les leviers qui se mettent en place pour que ces « jeunes pousses à fort potentiel » trouvent le chemin de la croissance économique. Car ce seront elles les entreprises du futur. Vous le comprendrez vite, Alain Spalanzani éclairera notre lanterne sur le chemin suivi par la fée électricité, les nanotechnologies ou Innovallée pour semer la créativité dans l’histoire industrielle du Grésivaudan et de la région de Grenoble.
Claude Muller

Le Grésivaudan et la Région de Grenoble Terres d’innovations. Un livre d’Alain Spalanzani

Nourrissant l’histoire avec sa vision d’économiste, Alain Spalanzani nous raconte, de son regard singulier, les aventures scientifiques et industrielles du Grésivaudan et de la région de Grenoble, Terres d’Innovations (Éditions Claude Muller). En quatre chapitres passionnants et très documentés, il nous montre comment l’innovation a poussé sur ces terres fertiles. A travers des portraits originaux, chacun pourra découvrir tous les liens tissés au fil du temps par les inventeurs, les chercheurs, les entrepreneurs ou les ingénieurs « géniaux ». Nous découvrirons et comprendrons, en lisant ce livre, les traces que ces créateurs ont laissées sur ce territoire.

Nous nous passionnerons tous pour tel personnage ou telle invention issue de ces aventures.  Et tous, vous vous poserez la même question : C’est ça l’ADN grenoblois ?  Est-ce que le célèbre triptyque Université, Recherche et Industrie fonctionne toujours ? Alain Spalanzani nous montre qu’avec le temps, il a été supplanté avec bonheur par la notion de fabrique à « startups ». Elles préfèrent, pour faire tourner le moteur de l’écosystème local, la coopération entre les entreprises, les collectivités locales et les chercheurs. Mais, est-ce la bonne solution ?

Pour répondre et essayer de comprendre cette symbiose, l’historien cède la place à l’économiste. Il décrit très précisément tous les leviers qui se mettent en place pour que ces « jeunes pousses à fort potentiel » trouvent le chemin de la croissance économique. Ce seront elles les entreprises du futur ! Vous l’avez compris, ce livre éclaire notre lanterne sur le chemin suivi par la fée électricité, les nanotechnologies ou Innovallée pour semer la créativité dans l’histoire industrielle du Grésivaudan et de la région de Grenoble.

Claude Muller

Vous trouverez ce livre dans les librairies du Grésivaudan et de Grenoble
Bel Isère à Pontcharra
http://www.belysere.com/

Librairie du Grésivaudan à Crolles
https://www.lalibrairiedugresivaudan.com/

Librairie Tuliquoi à Allevard
www.librairie-tuliquoi-38allevard.fr/

Libraire du Square 2 place Docteur Léon Martin 38000 Grenoble
http://www.librairielesquare.com/

Vous pouvez aussi commander ce livre par mail au prix de 16€ (plus frais de port)
claude-muller38@orange.fr

Résister, un livre de Gérard Guerrier

Bouquiner au coin du feu un des livres de Gérard Guerrier est toujours un véritable plaisir, tellement ils sont bien écrits. « Résister, vie et mort d’un maquis de montagne » paru aux Éditions Guérin-Paulsen, ne déroge pas à cette règle. Ce récit très documenté nous transporte dans la Résistance depuis Nice, le 8 septembre 1943, à la vallée de la Bléone, le 10 juillet 1944. Ne cherchez pas quelques exploits entre ces lignes. L’histoire des pérégrinations, sur les sentiers des Alpes méditerranéennes, de la famille Lippmann, n’est pas extraordinaire, au regard de la société française de l’époque. C’est l’histoire de Juifs, laïcs et républicains, parfaitement intégrés dans la société Niçoise. Ils ont « simplement » rejoint la Résistance pour fuir l’arrivée des Allemands. Au début, c’est une épopée presque romantique. Ils vivent au contact des habitants, ces montagnards du Haut Verdon et de l’Ubaye. Mais quand les Allemands s’attaquent à leurs maquis, l’histoire se complique. Gérard Guerrier nous narre cette aventure avec un double regard, celui de l’historien qui est parti à la recherche de cette mémoire enfouie et celui du poète qui nous emporte avec amour pour suivre les pérégrinations de ses héros dans ces superbes paysages montagnards. En définitive, ce que raconte ce récit est le destin de cette famille. Mais il est devenu presque banal, vu avec nos regards d’aujourd’hui. Leurs aventures, sur ces sentiers escarpés que Gérard Guerrier s’attache à nous raconter très fidèlement, sont à la fois extraordinaires et devenues au fil du temps presque communes. C’est, je crois, ce que cet auteur a voulu nous dire. Ces personnages sont des héros au sens où ils ont accomplis des gestes remarquables. Ils nous ont en quelque sorte « sauvés », en tout cas aidés à nous sortir des griffes des nazis. Mais, ce que cet auteur a voulu nous demander, ce que chacun se pose comme question quand il regarde cette époque : « Qu’aurais-je fais à leur place ? ». Je ne peux que répondre : « J’espère que j’aurais eu le courage de la famille Lippmann, Résister ». Et vous ?
Claude Muller
Lire ma chronique sur son précédent livre Alpini, de roc, de neige et de sang

Les Portes du néant sont grandes ouvertes en Syrie

Les Portes du néant sont grandes ouvertes en Syrie

Il est des images que l’on aurait aimé ne pas voir, il est des histoires que l’on aurait aimé ne pas entendre, il est des livres que l’on aurait aimé ne pas lire…

« Les portes du néant » de Samar Yazbek (paru chez Stock) est de ceux là. Son auteure, journaliste Syrienne, témoigne dans cet ouvrage de l’atrocité de cette guerre civile que l’on voudrait oublier. En exil depuis 2011, elle a ressenti le besoin impérieux d’aller constater, l’urgence de témoigner et la nécessité de raconter.

Samar YazbekAlors, elle est retournée clandestinement trois fois dans son pays pour nous faire partager l’enfer que vivent ses amis au milieu des populations restées là-bas. Ce sont ses voyages, ses rencontres et ses histoires qu’elle nous transmet dans ces lignes pleines de sang et de larmes.

Alors, il faut bien se résoudre à voir, écouter et entendre pour essayer de comprendre l’indicible. Les témoignages de ceux qui subsistent pour défendre leurs terres et leur civilisation sont parlants et surtout Syrie-en-guerrepoignants. Grâce à ce récit journalistique, le lecteur vit le quotidien des enfants qui jouent au milieu des décombres, des femmes qui tremblent pour leurs familles et des combattants qui luttent pour survivre. Il sursaute après l’explosion d’une bombe ou d’un baril de poudre, il trésaille au moindre bruit, il ressent l’odeur de la mort au détour d’un chemin, il fuit en entendant un moteur d’avion, il se cache dans des caves avec toutes ces familles dès le premier hurlement de sirène, il tremble d’effroi devant le regard des mères, il se fige devant la mort, si ordinaire, là bas. Mais, c’est à ce prix, en lisant ces lignes, en écoutant les différents témoignages que Samar Yazbek a alep-syrie-2012patiemment collectés et rapportés au péril de sa vie, que le lecteur commence à comprendre cette guerre sans visage et même sans nom. Certes, il ne comprend pas tout, car la situation est si compliquée et si mouvante qu’il est impossible de la saisir. Mais à la lecture de ce récit, chacun peut se faire une idée de la tragédie que vit cette population. Elle est passée, sans le vouloir, des monstres manifestations pacifiques pour la démocratie, à la formation de l’Armée Syrienne Libre et aujourd’hui, elle observe, avec effroi, l’émergence d’un d’un État Islamique.

Champs d’oliviers à la frontière Syrienne
Champs d’oliviers à la frontière Syrienne

Ce peuple a enduré la folie des hommes, prêts à détruire leur pays pour garder une parcelle de pouvoir. Il a souvent choisi l’exil pour ne plus subir, il a vécu l’enfer…mais il garde l’espoir, un espoir fou que nous le comprenions enfin et que nous lui venions en aide…. Témoigner pour nous faire comprendre, c’est là tout l’objet de ce livre. Il est si bien écrit, les indices qu’il apporte sont si précieux qu’il est indispensable de le lire !

Claude Muller

 

D’une vallée à une autre, le Grésivaudan en 1968. L’exposition arrive enfin à Crolles !

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Pour célébrer son 10ème anniversaire, le centre culturel « Espace Paul Jargot » de Crolles prend le relais du Musée de la Houille blanche en accrochant sur ses murs des images chargées d’histoires de la vallée du Grésivaudan.

1968 ! Bientôt un demi-siècle ! Cette exposition conçue comme un reportage avec une présentation très actuelle nous permet de raviver nos souvenirs pour les plus anciens ou de découvrir pour les autres la vie dans notre vallée à cette époque, avec trois grands volets :

  • crolles2« Aux champs, à l’usine : le travail au quotidien »

     

  • « La vie dans les bourgs : une sociabilité de rue »

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  • « La vallée en mouvement : les signes d’un changement »


1967 
: Paul Jargot a l’idée de demander au directeur de la MJC et à un groupe de jeunes d’illustrer par la photographie « la vocation de développement de la vallée du Grésivaudan ».
crolles4Pas de photographes professionnels, pour Paul Jargot, militant convaincu de l’éducation populaire, toutes les occasions sont bonnes pour faire participer les jeunes à la découverte des réalités sociales, économiques et artistiques. Pour mener à bien un travail de cette ampleur il est fait appel à un conseiller crolles5technique et pédagogique de la jeunesse et des sports. Formation d’un groupe de volontaires à la photographie de reportage, travail avec des géographes, des économistes, des industriels, des agriculteurs, des syndicalistes… Dès l’hiver 1967/1968, cette
crolles6équipe de reporters en herbe est à pied d’œuvre. Elle commence sa moisson de photos dans les usines, sur les chantiers qui préparent les Jeux Olympiques, dans les champs, dans les rues, dans les fêtes. Et mai 68 arrive avec les usines en grève, cela donne des images rares. L’objectif initial est un peu oublié, l’esprit sera à la liberté et à la découverte. Notre groupe de jeunes va vraiment à la rencontre des habitants de la vallée, sans a priori mais avec beaucoup de curiosité, de fraîcheur et d’humanité.

crolles7Au total une moisson de plusieurs milliers de photos. Une exposition à Crolles en 1970 en présente une bonne centaine. Et puis le temps passe, les négatifs ont été perdus, les photos de la première expo oubliées. Heureusement il était nécessaire à la grande époque de l’argentique de faire des « planches contacts » et le classeur de ces planches a pu être retrouvé en décembre 2010.
Scannées et traitées une par une ces photos ont d’abord intéressé le service du patrimoine de Crolles puis la directrice du musée de la houille blanche qui a décidé de travailler à la réalisation de cette crolles8exposition, assistée d’un graphiste et d’un « jeune photographe » de l’époque.

Si au départ l’objectif « artistique » n’était pas prioritaire, la qualité des photos et de leur présentation est bien là. On retrouve l’influence des photographes humanistes comme Doisneau, Ronis ou Cartier-Bresson. Avec un discours très construit.

crolles9Novembre 2014 : l’exposition est inaugurée au musée de la houille blanche en présence de plus de cent personnes, elle va passionner les visiteurs de toute la vallée jusqu’à la fin du mois d’août 2015.

Septembre 2015 : le relais est passé à l’Espace Paul Jargot, 45 ans après la première exposition. Un juste retour des choses pour Crolles et surtout pour Paul Jargot, précurseur dans tellement de domaines !

Claude Muller et Jean-François Comte

Paul Jargot, le précurseur du Grésivaudan

Paul Jargot, le précurseur du Grésivaudancouverture livre Paul Jargot, le précurseur du GrésivaudanUn livre c’est d’abord un voyage, il faut l’écrire, le corriger, l’amender, le vérifier, puis il faut réaliser et choisir des images pour l’illustrer, si bien que lorsqu’il sort des rotatives de l’imprimeur, c’est d’abord une émotion. Il devient aventure en suivant son bonhomme de chemin parmi ses amis sur les rayonnages du libraire. Ensuite, il devient partage lorsqu’un lecteur s’en empare. Mais ce livre là est très particulier, car c’est toute l’histoire d’une vallée qui sort de l’ombre avec lui.

On voit naître la terre

« On voit naître la terre » dit-il dans l’enthousiasme des premiers travaux d’assainissement de la plaine de l’Isère, dans le Grésivaudan. C’est Paul Jargot élu maire de Crolles à 28 ans en 1953 qui parle ainsi. Ce visionnaire raconte la passionnante aventure du Grésivaudan et bien d’autres histoires de sa vallée dans ce livre d’entretiens.

 

Quartier du soleil« C’est pour que les agriculteurs puissent vivre de leur travail » que pendant 16 ans, il va persuader les multiples propriétaires d’accepter le remembrement de la plaine. « C’est pour nos enfants que l’on va créer des emplois », et c’est pour eux qu’il convainc les paysans de réserver des terres à la création d’une zone industrielle. « C’est pour que nos enfants trouvent un toit », c’est avec ces mots qu’il va persuader les Crollois d’accepter des logements sociaux au cœur du village.

 

Avec cet ouvrage, qui se lit comme un roman d’aventure, j’ai voulu transmettre aux générations futures un morceau de l’histoire de leur nouveau territoire, raconté par l’un de ses plus fervents acteurs.

 

SGS ThomsonIl faut aussi que je vous dise que ce précurseur va inventer beaucoup d’autres choses. Il va élaborer le premier schéma d’urbanisme. Il va aussi construire la première Maison des Jeunes et de la Culture en zone rurale, le premier Foyer Régional d’Éducation Permanente, le premier Centre de Formation pour les Élus Locaux et l’un des premiers Syndicats de Développement Intercommunal (SIERPUMG). La liste de ses réalisations est Premiers Etats Generauxlongue, mais ce que je veux surtout retenir, c’est son idée de la démocratie locale. Il imagine et crée cette grande réunion publique annuelle que sont les États Généraux.
« C’est pour vous l’occasion de faire vos critiques sur tout ce que nous avons fait et de nous suggérer tout ce qu’il faudrait faire » disait-il aux Crollois.


Une chantourneComme il se doit, je n’ai mis cet ouvrage en vente que dans les librairies du Grésivaudan et bien sûr à la librairie du Square à Grenoble. Je serai heureux de vous rencontrer le 29 novembre 2014 à la librairie de Crolles et le 6 décembre dans celle de Pontcharra pour une dédicace personnelle.

Claude Muller