Le 43ème Café Littéraire du Grésivaudan : « Berlioz » par Bruno Messina

Bruno Messina est un passionné. Directeur du Festival Berlioz, il est avant tout un musicien. Mais c’est surtout un orateur formidable, admirateur de l’œuvre d’Hector Berlioz. Dans son livre, Berlioz paru aux éditions Actes Sud, il nous brosse le portrait de l’homme, de l’aventurier, du tortueux et du génial compositeur qui nous a légué des opéras, cinq symphonies et de très nombreuses autres musiques de chambre. Cet été, pour les deux semaines du festival, Bruno Messina a programmé les plus grands chefs d’orchestre berlioziens. Fin août, quelques 1600 musiciens se succéderont sur la scène du festival pour nous proposer ces chefs d’œuvre romantiques. Et pour fêter dignement les 150 ans de la mort de ce compositeur, tout commencera par une fête grandiose dans les rues de la Côte Saint André, comme Berlioz en rêvait dans sa jeunesse. Un cheval de Troie de six mètres de haut mènera le cortège de la ville jusqu’au Château Louis XI dans lequel sera joué « Les Troyens », sa dernière grande œuvre. C’est au cours du café littéraire du 28 mai 2019 à 18h 30 à la Médiathèque de Crolles que Bruno Messina nous racontera la vie tumultueuse de Berlioz allant de Paris à Londres et de Moscou à Rome. Voir mon Blog. Mais savez-vous que tout a commencé dans le Grésivaudan à la recherche de sa muse…
Claude Muller

Affiche café

Un Stabat Mater « Magistral »

Pas moins de 130 Chanteurs (Ensemble Vocal de Meylan, la Chorale Dauphinelle de Saint Ismier) et 60 musiciens (Harmonie d’Eybens-Poisat) ont uni leurs voix et leurs instruments pour faire de ce Stabat Mater un « dessein audacieux ».

Cédric Rossero, le chef d’orchestre, qualifie ce magnifique projet de « Magistral ». Il ajoute que « le Plaisir, la Découverte et la Rencontre » seront aussi au programme de ces deux concerts.

Le public est invité à venir les écouter à la Rampe d’Echirolles (38) le 6 avril 2019 à 17h et à 20h30.

Les spectateurs pourront alors découvrir, pour la première fois en France dans cette configuration, les différents univers du compositeur Karl Jenkins.

Ses créations passent par toutes les époques, toutes les cultures et toutes les harmonies pour créer un « monde croisé », empli de reliefs singuliers.

Voir tout ces ensembles jouer, pour toucher leur public, sera d’abord un véritable spectacle.
Ce sera aussi un échange d’énergies. Les mélodies viendront éclairer les spectateurs de toutes leurs magnifiques « couleurs musicales ».
Mais ce sera surtout une belle découverte pour tous.
Et Cédric Rossero de rajouter : « ce sera avant tout un  voyage d’émotions que je souhaite partager avec le public ».

Claude Muller

Berlioz, un génie tourmenté

Cette année, nous commémorons le 150ème anniversaire de la disparition d’Hector Berlioz. Qui de mieux que Bruno Messina pour organiser cet événement ? Il dirige le festival Berlioz de la Côte Saint André (la ville natale de l’artiste) et connait parfaitement l’œuvre de ce génial compositeur français. Mais, avant toutes ces festivités, il fallait un ouvrage de référence (Berlioz paru aux Editions Actes Sud) afin de raconter les aventures de ce créateur dont l’œuvre est restée méconnue du grand public. Qui de mieux que Bruno Messina pour nous entrainer sur les chemins tortueux empruntés par ce jeune compositeur.
L’auteur de ce livre nous raconte avec humour et joie comment dès l’enfance les fêtes et bals du Dauphiné ont tissé les racines musicales de cet éternel voyageur, comment le jeune Hector voit apparaitre Estelle, sa première étoile, dont il restera amoureux toute sa vie… comment Paris va l’engloutir, comment l’Opéra va le sauver… Comment cet autodidacte est heureux lorsqu’il écrit sa Messe solennelle. Enfin le succès : « être compositeur est tout ce qu’il voulait », nous raconte Bruno Messina avec bonheur.
Alors, Berlioz continue son apprentissage en se pliant maladroitement aux règles du conservatoire mais son goût de l’aventure l’emporte lorsqu’il affirme que « la musique est émancipée, libre. Elle fait ce qu’elle veut. »  Comme son créateur, semble ajouter Bruno Messina. Berlioz espère longtemps le prix de Rome et lorsqu’il le reçoit enfin, l’éternel insatisfait déserte Rome. Il pense à sa muse Estelle et espère trouver l’amour avec Juliette, Ophélie puis Rosaline mais c’est Harriet, la comédienne, qui l’émerveille et c’est pour la conquérir qu’il voit tout ce que Paris compte de talents : Delacroix, Hugo, Musset, Devéria, Vigny, Nerval et même Dumas. Avec eux, Berlioz découvre Hamlet de William Shakespeare et c’est un choc. Ce dramaturge lui inspire de grandes œuvres. Mais comme jamais rien n’est prévisible avec Berlioz, il aime Pauline, Camille et se prend de passion pour Beethoven en pensant que « L’amour et la musique sont indissociables ». Ce compositeur lui montrera le chemin du Romantisme. Et la Symphonie fantastique sera le premier véritable succès de Berlioz. Il écrit : « La musique est l’art d’émouvoir par des sons les êtres sensibles, intelligents, instruits et doués d’imagination ». Bruno Messina continue à nous raconter ainsi, avec des mots simples, des idées à la portée de tous, son Berlioz. Au fil des lignes, le compositeur nous devient familier, tendre et fantastique, comme si, à notre tour, nous tombions amoureux de ce personnage extraordinaire. La fin de vie de ce musicien tourmenté sera plus heureuse, il compose de nombreuses pièces (Les Nuits d’été, La Damnation de Faust…) et voyage dans toute l’Europe où il vogue de succès en succès si bien que sa renommée sera finalement plus importante en Allemagne, en Angleterre ou en Russie qu’en France. Bruno Messina finit son roman par un portrait plein d’espoir : « Berlioz le musicien, l’écrivain, l’artiste, l’amoureux, le rêveur, est tout autant un romantique construit dans une culture classique, qu’un homme de son temps : fasciné par la science, la vitesse et intéressé par les inventions musicales. » Gageons que cette année de concerts et de festivités autour de son œuvre donnera enfin à ce génie français de la composition la consécration qu’il mérite.
Claude Muller

Festival Berlioz , que la fête commence.

Pour découvrir et comprendre la musique de ce jeune compositeur, le Festival Berlioz nous a emmené 150 ans en arrière à une Grande Fête des Moissons. Elle nous a plongé dans cette ambiance rurale qui a tant inspiré ce jeune rêveur. C’est au pied du Plateau de Chambaran, au cœur de la plaine de la Bièvre qu’il a puisé la sève qui a nourri, sa vie entière, son imagination. Et c’est là, à Saint Pierre de Bressieux que nous avons découvert le village des Georges Antonin dans lequel ces passionnés d’histoire ont reconstitué pour nous l’ambiance de l’époque, avec ses habitants et commerçants costumés, ses saynètes de la vie quotidienne, ses écoliers et ses artisans au travail…
Ils pétrissent et cuisent le pain, mondent et pressent l’huile de noix, forgent leurs outils, tournent le bois… ses sabotiers, ses couturières, ses vanniers, ses peintres, ses paysans… Et puis, tout naturellement, la fanfare des Violons du Rigodon nous a initié aux danses de l’époque. Partager les métiers d’autrefois, danser et chanter des ritournelles du XIXème nous a baigné dans cette atmosphère campagnarde, source de toute la musique d’Hector Berlioz.
Et comme avec lui, tout fini toujours par une fête éphémère, nous avons pu danser au grand bal « contrebandier » avec les « Corsaires Rouges… » et assister à un feu d’artifice extraordinaire, lancé au creux de cette vallée « fantastique ».
Et maintenant, place à la musique avec un programme, concocté par le maestro Bruno Messina, à la hauteur des 150 ans d’Hector Berlioz.
Claude Muller

Sacré Berlioz

« Sacré Berlioz ! » Ce sont les mots choisis par son directeur, Bruno Messina, pour décrire la nouvelle édition (2018) de ce fantastique festival.
Ce mélomane rajoute avec enthousiasme : » Berlioz est un romantique qui a mis en musique l’amour et la passion comme nul autre avant lui. Berlioz est un visionnaire qui a participé à inventer les festivals, les concerts spectaculaires et l’orchestre moderne. Berlioz est un journaliste, un voyageur, un écrivain, un Européen avant l’heure. Mais Berlioz est aussi un enfant de La Côte-Saint-André qui adorait les fêtes de son village, la célébration des moissons, les sonneries de cloches et les chants des processions… »
Alors, comme promis ce festival commencera par une fête au village. C’est dans cette « vaste plaine, riche, dorée, verdoyante » à la majesté rêveuse, comme l’écrivait si bien Berlioz que s’ouvriront les réjouissances. Suivront quinze jours de concerts de musique sacrée et de sacrées musiques. Quinze jours d’émotions, de fête et de découvertes pour tous, petits et grands, connaisseurs ou curieux.

Quinze jours de passion et de mise en lumière des mots de Berlioz : « l’amour et la musique sont les deux ailes de l’âme ». Le programme est riche, varié, grandiose, populaire, éclectique, joyeux, exigeant… Il vous surprendra tous. Les paysages de la Bièvre s’éclaireront comme par magie, les grands chefs s’enrichiront au contact du public, les musiciens se sublimeront au sein de cette ambiance festive, si bien que nous nous délecterons tous de tant de partage musical.
Et cerise sur le gâteau, comme la ministre de la culture a chargé Bruno Messina de préparer les célébrations du cent-cinquantième anniversaire de la mort d’Hector Berlioz (8 mars 1869), nous serons aux premières loges pour fêter cette année et surtout l’année prochaine, ce compositeur génial…
Claude Muller

Pas un jour sans musique

Pas un jour sans musique, tel est le beau pari lancé par le festival Berlioz en ce 150ème anniversaire de la naissance de son idole. Et pour fêter dignement cet évènement, son directeur, le magicien Bruno Messina avait convié ses aficionados à un concert de Noël. Il en a profité pour lancer l’édition 2018. Elle promet. Comme il pense que son compositeur fétiche était un sacré coquin, elle se nommera donc : « Sacré Berlioz ». Tout un programme avec le fabuleux Requiem joué sur des instruments d’époque, la messe solennelle et surtout la « Damnation de Faust » dirigée par le maestro John Eliot Gardiner, le tout sur la colline magique de…La Côte-Saint-André ! Bruno Messina nous donne ensuite rendez-vous pour une surprise en forme de grande fête populaire chez le poète Paul Claudel, au Château de Brangues
Mais, en attendant ces « heureux évènements », chacun a pu apprécier l’aubade de chants de Noël, jouée sur instruments d’époque par le quintette Nulla Dies Sine Musica. Leurs cuivres savamment entretenus ont donné un air de fanfare populaire à ce concert. Pas de gros sons, mais au contraire, des mélodies douces et presque champêtres avec des airs de J. Wade, C.F.X. Gruber et F. Mendelssohn. C’était beau et romantique à souhait. « Douce nuit » jouée avec des instruments du XIXème devient somptueux. Avec « les anges dans nos campagnes », on se surprend à rêver que l’on est dans un film d’amour… Alors, les musiciens nous racontent l’histoire de leurs instruments. Enfin, ils en jouent, avec élégance et décontraction, ce qui donne à ce concert un air de fête…de Noël. Surtout lorsque « Mon beau sapin » sort des bois pour éblouir cet hiver naissant.
Claude Muller