Happy Berlioz

Berlioz est un homme heureux. Il a rassemblé près de 6000 personnes sur les pelouses du Château de la Pupetière, ce samedi soir. Et quel spectacle ! Un après-midi à découvrir des métiers d’autrefois, à goûter aux joies de la nature, à écouter des concerts intimistes donnés par de jeunes mélomanes anglais. Et pour finir la soirée Hervé Niquet et son orchestre « Le concert Spitituel » nous a offert un spectacle grandiose qui se termine en apothéose. Tandis que le feux d’artifice éclaire de ses plus beaux atouts la scène, le château, l’eau et l’orchestre, Hector Berlioz jubile dans le ciel des Chambaran. Il a rassemblé en son festival plus de personnes que n’importe quel rock star anglaise. Vive le festival Berlioz !

Claude Muller

Berlioz ose tout

Magnifique surprise mardi 22 août 2017 en soirée à la Côte Saint André. Le Festival Berlioz, en transgressant tous les codes et toutes les conventions, nous a plongé dans l’univers « Heroic and Crazy » (héroïque et fou) de l’artiste. Berlioz ose tout, nous aussi. Avec l’Orchestre Aurora, créé et dirigé par le maestro Nicholas Collon, nous sommes partis à la rencontre de la « Sinfonietta », l’œuvre de jeunesse de Benjamin Britten. Dès les premières notes, nous sommes comme déboussolés par l’enthousiasme de cette musique « rafraîchissante ».
Voir un jeune chef si décontracté et si précis diriger ces dix musiciens avec autant de joie sera la première expérience de la soirée. La découverte de cet opus transgressif sera la seconde. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises.
Lorsque Benedict Nelson prend la baguette presque nu, il nous fait le coup de l’épée pour nous interpréter les « Eight Songs for a Mad King » (Huit chansons pour un roi fou) de Peter Maxwell Davies. Et à notre grande surprise ce fou chantant possède une voix forte et grave qui nous prend aux tripes. Si bien que lorsqu’il se couche au milieu de ses musiciens pour déclamer son délire, l’angoisse monte dans la salle. Est-ce un fou ou un génie ? Lorsqu’il dialogue avec ses oiseaux posés sur la flûte, la clarinette, le violon ou le violoncelle, on pense qu’il est fou mais lorsque sa voix résonne dans la salle, on entend un virtuose. Les percussions rythment ce bal funeste avec force. Le roi est fou lorsqu’il brise son violon au sol, le roi est nu lorsqu’il pleure son jouet, le roi est mort lorsque le silence se fait… mais finalement c’est le roi de la musique qui, tel un phénix, renaît de ses cendres.
Au festival Berlioz, on ose tout, même interpréter la Symphonie « Héroïque » de Ludwig van Beethoven avec l’Orchestre Aurora, fort d’une quarantaine de musiciens. Leur originalité est de jouer sans pupitre, debout et par cœur. Et croyez moi ça change tout. Leur chef Nicholas Collon semble ravi de l’aventure. Il prend un immense plaisir à diriger cet ensemble tel un capitaine à la proue de son navire. Les musiciens répondent au moindre souffle de sa baguette, ils sont disponibles à toutes ses sollicitations, prêts à toutes les nuances de couleur, ils échangent entre les notes des regards complices, ils sourient dans la houle, ils rient lors des changements de cap de l’orchestre… ils naviguent avec bonheur sur ce bateau ivre, comme si cette symphonie, tel un voyage poétique, était composée à la gloire des héros des mers. Les spectateurs ne s’y trompent pas, ils se lèvent sur le pont du navire pour leur réserver une belle ovation. Et pour le remercier, les musiciens se déploient au milieu du public pour donner à chacun un nouvel extrait de cette symphonie. Et là encore, ça change tout, comme si Hector Berlioz observait ce spectacle depuis la vigie du château Louis XI.

Claude Muller

Berlioz en son écrin

Le festival Berlioz ne génère que du bonheur. C’est parfait, ou plutôt « perfect » car cette année son directeur et magicien Bruno Messina a choisi de nous composer un voyage « so british ». Naturellement, il a entraîné avec lui dans ce festival toute la candeur et la fougue de son compositeur romantique fétiche. Et il s’est installé dans le magnifique écrin du château Louis XI à La Côte Saint André pour nous transporter à Londres. Samedi 19 Août 2017, c’est avec Shakespeare que le maestro Francois Xavier Roth nous a emmené en ce beau voyage. Avec le long poème “To be or not to be”, le comédien Daniel Mesguich s’est chargé, avec tout le talent qu’on lui connaît, de nous narrer cette aventure, le chœur Spirito nous a transporté au sein du palais des expositions Londoniens pour nous chanter ce périple avec une immense joie et le Jeune orchestre Européen Hector Berlioz nous a emporté en cette contrée qui nous a tous tant fait rêver.
En 1848, au cours de son séjour anglais Hector Berlioz avait imaginé ce concert Shakespearien, tant son idôle le sublimait : “Son éclair, en m’ouvrant le ciel de l’art avec un fracas sublime, m’en illumina les plus lointaines profondeurs”. Plus d’un siècle et demi plus tard son festival, le festival Berlioz, a réalisé ce concert et de belle manière. Le spectacle fut tour à tour drôle, joyeux, quelquefois acrobatique, toujours surprenant mais surtout très impressionnant. Dans l’écrin de ce château, le son des instruments d’époque était précis, clair et juste. Le rythme se faisait tour à tour calme et limpide et quand il se déchaînait, il nous transportait en d’immenses envolées poétiques. Les musiciens étaient visiblement aux anges pour nous interpréter ces mélodies. Le maestro François Xavier Roth semblait sur un petit nuage tant il vivait “sa” musique de toute son âme. L’émotion que Berlioz avait ressentie, le public la vivait intensément. La joie de participer à un tel concert se lisait sur les visages comme si elle traversait les rangs des spectateurs. Si bien que lorsque le récitant Daniel Mesguich reprenait la parole pour nous emporter vers un autre voyage, le charme opérait immédiatement dans le public. Finalement, je pense que chacun imaginait qu’Hector Berlioz était revenu dans sa ville natale pour rêver avec nous ce concert magique.
Claude Muller

Un voyage mémorable en Musique dans le Grésivaudan

Beau succès pour le Trio Wanderer au Fort Barraux. Le Festival Musique dans le Grésivaudan a réussi son pari. Il a rempli cette magnifique salle.
Le public des mélomanes a non seulement répondu présent à cette belle affiche mais aussi de nombreux jeunes sont venus assister à leur premier concert. Tous ont passé une belle soirée car les trois musiciens nous ont régalé de leur virtuosité. Ils ont interprété le « Trio des Esprits » de Ludwig van Beethoven avec une maestria audacieuse. Le violon répondant au piano avec bonheur et le violoncelle réagissant à leurs mélodies avec joie. Les « Lettres mêlées », que le jeune compositeur Thierry Escaich nous a offertes, ont donné une touche colorée à ce trio un peu…austère. Et c’est avec la musique de Johannes Brahms que cet ensemble a pu donner toute la mesure de son talent. Le public les a suivi dans leur délire romantique et c’est toute la salle Vaudan qui a vibré de plaisir…
Claude Muller

La force bleue de l’été avec Grésiblues

Le festival Grésiblues s’est offert une formidable rampe de lancement à Saint Vincent de Mercuze.

Comme si tout ce que le Grésivaudan comptait de branchés rock, blues, folk et country avait décidé de se rassembler sous la bannière de ces concerts, comme si tous avaient besoin de se libérer, comme si ce festival décuplait leurs énergies. La bière coulait à flot, les frites étaient dorées, l’ambiance était joyeuse et Miss America, le premier groupe à monter sur scène a donné le ton de Grésiblues 2017, il sera joyeux, généreux et créatif !

 

Puis, Laura cox band, accompagné de ce public imaginatif, a confirmé que la force bleue déboulait dans la vallée pour envahir notre été…

Claude Muller

La magie de « Musique dans le Grésivaudan »

La saison des festivals commence à merveille. C’est le Quatuor Arod qui l’annonce à la ronde. En lançant leurs formidables énergies dans les rangs des passionnés de musique de chambre, ces quatre jeunes virtuoses nous ont ouvert à l’écho des sens.
Nous sommes tous entrés en vibration avec la complicité de Haydn, Mendelssohn et Schubert. Harmonie, plaisir de jouer ensemble, joie du partage, c’est à l’unisson de nos émotions qu’ils nous transportent.

Leurs gestes, leurs regards, leurs sourires, leurs fougues nous entraînent hors du temps. Tous les mélomanes vibrent au son de ces partages. La transformation a lieu sous nos yeux. Les spectateurs sont tous entièrement subjugués. Ils vivent un voyage imaginaire au rythme de la musique. Ce sont quatre cordes, quatre histoires, quatre instruments, quatre sentiments, quatre aventures musicales bouleversantes.
Vive l’été.
Claude Muller

Un été de rêve

Avec l’été vient le temps des festivals et des rencontres. Nous allons enfin avoir le loisir de flâner le long des notes de musique à la recherche du bonheur, de fureter entre les lignes pour découvrir un auteur égaré sur une plage, d’échanger des idées au bord des chemins de balade ou de nous bercer au soleil des cimes… L’été, c’est toujours le temps de la rencontre. Avec ce blog, je m’efforce tout au long de l’année de vous faire partager mes découvertes graphiques (Le Trésor de Chartreuse, une BD imaginaire), artistiques (Secrets d’artiste de Marie-Paule Roc, littéraires (« Reconnaissance » de Pierre Péju, Gérard Muller fait couler « Du sang sur les spatules« , La guerre oublié des Alpini de Gérard Guerrier, Naufrage au Mont-Blanc par Yves Ballu), ou scientifiques (Convergence, de Francis Balestra, Un café sciences autour des bactéries, amies et/ou ennemies ?). En été, la musique prend le tempo de mes émotions, alors je vous le partage en espérant vous rencontrer au détour d’une note ou d’un chemin.

Pour commencer, je vous suggère un moment empli de poésie. Musique dans le Grésivaudan, un festival précieux,  propose chaque année de marier la musique de chambre avec le patrimoine. Cet été, ce festival vous a concocté un programme riche en émotions avec des œuvres de Schubert, Beethoven ou encore Brahms. Les plus prometteurs des interprètes se donnent rendez vous chaque été dans cette vallée pour enchanter vos soirées. Que du bonheur…
Avec Grésiblues, vous voyagerez, gratuitement, du 2 au 7 juillet, entre villages et notes pour découvrir que le blues peut prendre de multiples formes pour vous séduire. De la balade au rock, le blues est plus que jamais d’actualité dans le Grésivaudan. De Barraux à Crolles la note bleue enchantera vos nuits d’été.
Il vous faudra monter aux Adrets pour voir du théâtre pentu et des paroles avalancheuses au Festival de l’Arpenteur. Un beau nom pour passer un beau moment riche de réflexion autour de la culture, sous toutes ses formes. En assistant à ces spectacles incongrus, drôles, fantasques, originaux, décalés, mais toujours de belle qualité vous serez émerveillé. Comme un bon repas constitue toujours un beau temps d’échange et qu’en montagne on sait bien vivre, ce festival original se termine toujours par un banquet pantagruélique… Bon appétit.

Saviez-vous que les Rencontres Brel ont décidé de s’appeler désormais : Le Grand Son. C’est pour mieux vous séduire, dirait le loup ! Je vous suggère d’aller cet été vous balader à Saint Pierre de Chartreuse pour confirmer l’adage. La programmation de ce festival à la montagne vous propose de belles surprises. Il y en a pour tous les goûts et de toutes les couleurs, nous ont promis tous les bénévoles (plus de 300 !) qui se démènent pour vous enchanter durant toute cette semaine. Mais surtout, ce festival, qui fêtera cette année ses trente ans, vous réserve de belles surprises. N’est pas le plus important ?

 

En fin d’été, juste avant de reprendre le collier, le festival Berlioz vous a concocté un hold-up digne des plus grandes fêtes de l’été. Ne soyez pas choqué car Hector Berlioz en serait vexé, lui qui n’a cessé au fil de ses notes et de ses concerts de chercher à sortir des chemins battus du conformisme ambiant. Il est même allé chercher la gloire chez les British, c’est vous dire ! C’est ce que le festival Berlioz va vous raconter cette année. Et Bruno Messina (son directeur artistique) de faire un vœux : organiser le « concert Shakespearien » que ce compositeur un peu fou n’avait jamais pu réaliser. Vous en aurez sûrement la surprise… et bien d’autres en cet été de rêve.

Claude Muller