Un voyage dans l’astronomie sombre : celle des trous noirs et de la matière noire

Gérard Muller continue à explorer toutes les possibilités offertes par le roman policier scientifique. Après « L’âme de la fontaine étourdie », qui a emmené ses lecteurs dans les arcanes de l’âme humaine et de la physique quantique, il propose avec son nouveau roman, « Le soleil noir de Tenerife » (publié aux éditions Lazare et Capucine), un voyage dans le domaine des trous noirs et de la matière noire. Deux phénomènes qui restent très mystérieux pour les astrophysiciens.

Les trous noirs, ces concentrations de matière dont rien ne sort, pas même la lumière, font fantasmer l’humanité depuis qu’Einstein en a découvert le concept. Présents au centre de chaque galaxie, ils peuvent posséder la masse de plusieurs millions de soleils, et attirent toute matière qui aurait l’audace de s’en approcher. Ils présentent en outre d’autres singularités comme une dilatation du temps inimaginable et peuvent même, selon Stephen Hawking, permettre un passage vers d’autres univers.

La matière noire, appelée ainsi car elle est invisible par tous nos détecteurs hertziens, représente plus de six fois la masse visible dans l’univers. Aujourd’hui, personne n’en connaît l’origine ni la composition. Nous en voyons les effets tous les jours dans le cosmos, grâce aux lentilles gravitationnelles et à l’étude de la stabilité des galaxies, mais la communauté scientifique se perd en conjectures sur les particules qui la composent.

Afin de permettre au lecteur d’explorer ces concepts, avec une approche romanesque, Gérard Muller a imaginé le scénario suivant : Fernando, spécialiste du soleil, scrute son astre favori tous les jours à l’aide du grand télescope de Tenerife (observatoire du Teide). Un beau matin, il y aperçoit une tache noire en son centre. Après avoir vérifié le bon fonctionnement de son instrument, il doit se rendre à l’évidence : la tâche est bel et bien présente. S’agit-il d’un astéroïde, d’un satellite, d’un trou noir ou de la matière noire ?

Il a alors l’intuition qu’il pourrait s’agir d’une manifestation de la matière noire. Avec sa stagiaire Monica, il contacte l’observatoire d’Hawaï qui confirme bien la réalité de cette tache. Les Américains ne croient pas du tout à de la matière noire, et toutes les observations semblent bien infirmer cette hypothèse. Toutefois, ils vont tenter de mettre l’équipe canarienne sur de fausses pistes, ce qui renforce l’idée qu’il pourrait s’agir d’un phénomène aussi mystérieux qu’important.

Fernando fait alors venir son amant qui est aussi astrophysicien et, à l’aide d’un soi-disant thésard chinois, ils vont s’évertuer à trouver l’origine de cette tâche. Au bout de quelques semaines, le Chinois donne à ses collègues la solution qui implique des considérations politiques et stratégiques. Il leur propose alors un deal, en échange de leur silence.

L’équipe de Fernando accepte le deal après quelques hésitations, et en réponse, le pseudo-thésard chinois, en fait un des pontes de l’astrophysique de Pékin, leur livre une partie de ses travaux : à savoir que les trous noirs seraient beaucoup plus massifs que prévu et qu’ils renfermeraient en fait la matière noire que tout le monde recherche. Fernando continue à avoir des doutes sur cette hypothèse (qui voudrait que les galaxies s’écroulent sur leur trou noir central), et va émettre l’hypothèse qu’en fait, la matière noire viendrait d’autres univers qui déverseraient leur matière dans les trous noirs (qui seraient des ponts entre les différents univers. Hypothèse Stephen Hawking). Cette hypothèse est-elle vérifiée ? Le lecteur le saura à la fin du livre au style fluide, vivant et facile à lire. Une façon amusante d’entrer dans le monde de l’astrophysique en utilisant les techniques du roman policier.

Claude Muller

Des robots au milieu des hommes

Les robots envahissent insidieusement notre vie quotidienne. Nous ne cuisinerons bientôt plus, laissant les multi-cuiseurs ménagers le faire à notre place. Nous ne conduirons bientôt plus car nos voitures s’automatisent un peu plus chaque jour. Nous raffolons des caisses automatiques dans nos supermarchés. Pour Noël, le dernier gadget à la mode n’était-il pas une enceinte intelligente prête à commander toutes nos machines, de la cafetière à la télévision en passant par le lave-linge et la chaudière ? Les robots autonomes ne se cantonnent bientôt plus à la réalisation de tâches domestiques, ils deviennent de véritables “compagnons”. Comment allons-nous vivre avec ces objets mobiles et de plus en plus « intelligents » ? Quelle place leur donner dans notre vie ? Sur nos routes ? Dans notre maison ? Ce sont ces questions « urgentes » et bien d’autres que nous poserons à notre invitée, Véronique Aubergé. Pour elle, le risque n’est pas que les robots supplantent l’humain, mais qu’ils le modifient par le simple fait de vivre avec. « Ils s’immiscent dans les relations que nous entretenons les uns avec les autres. Face à lui, nous sommes face à un « autre » qui n’est pas humain, mais auquel on ne peut s’empêcher de prêter des intentions humaines. Si on n’y prend pas garde, il pourrait abîmer les relations entre les hommes. Mais, à l’inverse, il pourrait aussi les reconstruire ». Là est toute la quête de cette chercheuse du CNRS qui travaille au laboratoire d’informatique de Grenoble (LIG). Elle sera l’invitée du 44ème café sciences du Grésivaudan, le mardi 05 février 2019 à 18h 30 au château de la Veyrie à Bernin.

Claude Muller

Titan, des briques du vivant, au café sciences du Grésivaudan

« Le signal est perdu… c’est la fin du vaisseau spatial. » Nous nous souvenons tous de ces mots prononcés par un ingénieur de la NASA le 15  septembre 2017. C’est ainsi qu’avait pris fin l’épopée de la sonde Cassini. Ce jour-là, elle avait été précipitée dans l’atmosphère de Saturne. Partie deux décennies plus tôt, elle était la première à explorer cette planète géante, ses anneaux et son système de satellites, révolutionnant les connaissances des astronomes. Cassini est une coopération entre la NASA, l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Agence spatiale italienne. Ces deux dernières avaient aussi construit la petite sonde Huygens transportée par Cassini. Elle était allée se poser sur Titan, le 14 janvier 2005. C’était le premier engin humain à se poser aussi loin dans le système solaire. Il a notamment permis de révéler l’extraordinaire richesse géologique de Titan. Sous une épaisse enveloppe de brume et à une température de -180°C, sa surface abrite des dunes géantes, des lacs d’hydrocarbures, des montagnes et des rivières. Les paysages de ce monde glacé et organique nous interrogent sur la possibilité d’une vie extra-terrestre car Titan est la seule lune du système solaire a avoir une atmosphère aussi dense. Les scientifiques s’interrogent sur sa nature chimique. Cachent-elle les premières briques du vivant, telles que nous les connaissons sur terre ? Ce sont toutes ces questions et bien d’autres que nous poserons à la chargée de recherche de l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble, Véronique Vuitton. Elle sera l’invitée du 43ème café sciences du Grésivaudan, le mardi 30 janvier 2018 à 18h 30 au château de la Veyrie de Bernin.  Claude Muller

La mémoire des glaces au café sciences du Grésivaudan

Mais quelle mouche a piqué les scientifiques ? Quel peut bien être l’intérêt d’aller forer les glaciers du col du Dôme à 4 300 m d’altitude dans le massif du Mont-Blanc et le glacier Illimani en Bolivie ? Pourquoi aller ensuite stocker ces carottes glaciaire en Antarctique ? N’y a t il déjà pas assez de glace là bas ? Le 42ème café sciences du Grésivaudan vous expliquera que le réchauffement climatique fait peser une menace concrète sur nos glaciers. Leur longueur diminue, leur épaisseur faiblit, la zone d’accumulation de neige rétrécit et malgré quelques efforts pour protéger ce patrimoine mondial, source d’activités touristiques, de services hydrologiques, d’énergie hydroélectrique… le sort de beaucoup d’entre eux est scellé. Or les glaciers renferment en leur sein notre mémoire. Dans ces archives uniques au monde sont préservées une partie de l’histoire du climat et de l’humanité. Les voir fondre, c’est voir disparaître cette mémoire à tout jamais. Devant ce danger, les glaciologues ont entrepris l’idée folle de mettre à l’abri certains d’entre eux pour les générations futures. La glace est le seul matériau capable d’emprisonner dans ses couches annuelles une toute petite fraction de l’atmosphère terrestre mais aussi à peu près tout ce qui s’y trouve, accidents et tests nucléaires, activités solaires, températures, gaz à effet de serre, éruptions volcaniques, pollutions industrielles et domestiques, feux de forêt, bactéries… Toute cette mémoire est enregistrée patiemment au fil des ans dans la stratification des couches annuelles de neige. Ce livre construit page par page est aujourd’hui menacé. Le projet « mémoire de la glace » ambitionne de mettre ce patrimoine naturel en lieu sûr pour les décennies et les siècles à venir, et jusqu’à preuve du contraire, l’antarctique est le congélateur le plus sûr du monde. Il sera, après avoir été le révélateur du fonctionnement de notre climat, le gardien de nos turpitudes. C’est le directeur de recherche du CNRS, Joël Savarino qui viendra nous raconter cette magnifique aventure. Et c’est Anne-Catherine Ohlmann, la Directrice de la Fondation de l’Université Grenoble Alpes, qui viendra nous expliquer dans quelles conditions ces scientifiques ont pu mener à bien leur projet. Ils vous donnent rendez vous le mardi 5 décembre 2017 à 18h 30. C’est à la Médiathèque de Crolles que ce café sciences exceptionnel se déroulera.
Claude Muller

Réparation du Cerveau

En France aujourd’hui, les AVC (Accident Vasculaire Cérébral) représentent la deuxième cause de mortalité et la première cause de handicap. Ils frappent environ 150 000 personnes par an. La majorité de ces accidents neurologiques résultent de l’obstruction d’une artère nourricière du cerveau par un caillot. Le meilleur traitement est une désobstruction en passant par l’artère fémorale. Il nécessite une prise en charge en urgence et une rééducation adaptée. Malgré tout, la majorité des patients conserve souvent des séquelles motrices ou intellectuelles. Depuis les années 2000, un vaste champ de recherche s’est ouvert pour essayer de réparer ces dégâts cérébraux. En injectant des cellules souches directement dans le cerveaux des patients, une équipe américaine a obtenu une amélioration de ces déficits moteurs. Pour Olivier Detante, la thérapie cellulaire pourrait bien devenir une stratégie de choix pour réduire les séquelles des AVC. « Dans les décennies à venir, la médecine régénératrice va amener une révolution dans beaucoup de pathologies chroniques ». C’est ce que ce chercheur en neurosciences nous annoncera au cours de notre prochain rendez-vous le mardi 19 septembre 2017 au Château de la Veyrie à Bernin.
Claude Muller

Un été de rêve

Avec l’été vient le temps des festivals et des rencontres. Nous allons enfin avoir le loisir de flâner le long des notes de musique à la recherche du bonheur, de fureter entre les lignes pour découvrir un auteur égaré sur une plage, d’échanger des idées au bord des chemins de balade ou de nous bercer au soleil des cimes… L’été, c’est toujours le temps de la rencontre. Avec ce blog, je m’efforce tout au long de l’année de vous faire partager mes découvertes graphiques (Le Trésor de Chartreuse, une BD imaginaire), artistiques (Secrets d’artiste de Marie-Paule Roc, littéraires (« Reconnaissance » de Pierre Péju, Gérard Muller fait couler « Du sang sur les spatules« , La guerre oublié des Alpini de Gérard Guerrier, Naufrage au Mont-Blanc par Yves Ballu), ou scientifiques (Convergence, de Francis Balestra, Un café sciences autour des bactéries, amies et/ou ennemies ?). En été, la musique prend le tempo de mes émotions, alors je vous le partage en espérant vous rencontrer au détour d’une note ou d’un chemin.

Pour commencer, je vous suggère un moment empli de poésie. Musique dans le Grésivaudan, un festival précieux,  propose chaque année de marier la musique de chambre avec le patrimoine. Cet été, ce festival vous a concocté un programme riche en émotions avec des œuvres de Schubert, Beethoven ou encore Brahms. Les plus prometteurs des interprètes se donnent rendez vous chaque été dans cette vallée pour enchanter vos soirées. Que du bonheur…
Avec Grésiblues, vous voyagerez, gratuitement, du 2 au 7 juillet, entre villages et notes pour découvrir que le blues peut prendre de multiples formes pour vous séduire. De la balade au rock, le blues est plus que jamais d’actualité dans le Grésivaudan. De Barraux à Crolles la note bleue enchantera vos nuits d’été.
Il vous faudra monter aux Adrets pour voir du théâtre pentu et des paroles avalancheuses au Festival de l’Arpenteur. Un beau nom pour passer un beau moment riche de réflexion autour de la culture, sous toutes ses formes. En assistant à ces spectacles incongrus, drôles, fantasques, originaux, décalés, mais toujours de belle qualité vous serez émerveillé. Comme un bon repas constitue toujours un beau temps d’échange et qu’en montagne on sait bien vivre, ce festival original se termine toujours par un banquet pantagruélique… Bon appétit.

Saviez-vous que les Rencontres Brel ont décidé de s’appeler désormais : Le Grand Son. C’est pour mieux vous séduire, dirait le loup ! Je vous suggère d’aller cet été vous balader à Saint Pierre de Chartreuse pour confirmer l’adage. La programmation de ce festival à la montagne vous propose de belles surprises. Il y en a pour tous les goûts et de toutes les couleurs, nous ont promis tous les bénévoles (plus de 300 !) qui se démènent pour vous enchanter durant toute cette semaine. Mais surtout, ce festival, qui fêtera cette année ses trente ans, vous réserve de belles surprises. N’est pas le plus important ?

 

En fin d’été, juste avant de reprendre le collier, le festival Berlioz vous a concocté un hold-up digne des plus grandes fêtes de l’été. Ne soyez pas choqué car Hector Berlioz en serait vexé, lui qui n’a cessé au fil de ses notes et de ses concerts de chercher à sortir des chemins battus du conformisme ambiant. Il est même allé chercher la gloire chez les British, c’est vous dire ! C’est ce que le festival Berlioz va vous raconter cette année. Et Bruno Messina (son directeur artistique) de faire un vœux : organiser le « concert Shakespearien » que ce compositeur un peu fou n’avait jamais pu réaliser. Vous en aurez sûrement la surprise… et bien d’autres en cet été de rêve.

Claude Muller

Convergence, un livre de Francis Balestra

Francis Balestra est un scientifique et cela se sent. Dans son livre « Convergence », il nous dit « tout ce qu’il faut savoir pour une vie sereine » en s’attaquant au problème de la santé avec toute la rigueur de sa formation. Il nous démontre point par point, scientifiquement, les bienfaits d’une nourriture saine. «  L’idéal est bien sûr la prévention qui doit être surtout basée sur une bonne nutrition, comme le disait Hippocrate, il y a presque 2 500 ans ». Francis Balestra nous propose de devenir « acteur de notre santé » en nous appuyant sur les « informations fiables »  que nous donnent aujourd’hui les connaissances scientifiques nouvelles. Dans notre alimentation, notre eau, notre air, nos cosmétiques, nos médicaments et dans tout ce que consommons, il faut d’abord supprimer la plupart des toxiques chimiques (métaux lourds, pesticides, perturbateurs endocriniens…). Ensuite, il faut s’orienter vers une nourriture « digne de ce nom », nutritive tout simplement, pour permettre une meilleure prévention et limiter grandement le développement des nombreuses maladies chroniques et dégénératives. La nature est bien faite, elle utilise son pouvoir de détoxication. Le corps fonctionne de manière optimale pourvu qu’on le nourrisse correctement. Et Francis Balestra de rajouter que la médecine traditionnelle, celle qui répare et traite seulement les symptômes, reste utile pour un certain nombre de maladies, mais que les médecines environnementales et nutritionnelles sont la solution évidente pour traiter la plupart des problèmes de santé des générations futures. En conclusion, notre scientifique estime que pour imaginer un monde doté d’un avenir serein, il nous faudra comprendre et assimiler le sens de ces valeurs essentielles à la vie sur terre.
Claude Muller